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« Des mensonges pas si nouveaux », d’Anatoliy Golitsyn

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Si vous voulez mieux comprendre ce que veulent Poutine et le dictateur chinois Xi Jinping, lisez cet ouvrage traduit pour la première fois en français alors qu’il a été publié en 1984 (bravo à Jean Robin pour ce travail de traduction et pour la publication!). L’auteur est un ancien officier du KGB réfugié à l’Ouest. Il fait partie des plus importants transfuges de par ses responsabilités au sein de l’appareil répressif soviétique, mais aussi parce qu’il a rédigé ce livre visionnaire. Le lecteur, même celui qui connaît le fonctionnement du totalitarisme communiste, est frappé par l’analyse minutieuse, chirurgicale, de la machine de propagande communiste. On apprend comment on fabrique la désinformation, comment on crée le mensonge afin que les leaders occidentaux puissent le croire, au moins en partie. Le totalitarisme ne peut pas survivre sans la désinformation. Elle est l’un des piliers de ce type de régime, depuis Lénine et Staline, jusqu’à Poutine qui utilise aujourd’hui les mêmes méthodes. D’ailleurs, les dirigeants occidentaux sont tombés dans le piège poutiniste, jusqu’à l’invasion de l’Ukraine.

Bien entendu, le mensonge est encore plus efficace avec l’aide des idiots utiles et/ou des agents soviétiques infiltrés à l’Ouest. On plonge dans l’histoire de la guerre froide vue de l’intérieur. Pacifisme, ouverture, coopération…, des mots utilisés régulièrement par le Kremlin pour duper l’Occident. Quand Moscou lance une campagne pour la réduction du nombre de têtes nucléaires, c’est seulement pour forcer les Américains à faire de même. Moscou fera pourtant exactement le contraire, et ne respectera jamais le traité signé. Lorsque la Yougoslavie et la Roumanie montrent des signes de « rupture » avec le Kremlin, c’est pour mieux renforcer le communisme local, non pas pour s’ouvrir à l’Ouest, à la démocratie et au capitalisme.

Les relations sino-soviétiques occupent une place importante dans le livre. Si les deux pays continuent d’avancer sur la voie de l’impérialisme communiste, et ce, malgré les réformes capitalistes en Chine, les choses sont toutefois complexes. Selon Golitsyn, la rupture entre Moscou et Pékin en 1960 était de la poudre aux yeux pour les Occidentaux, pour leur faire croire à un schisme. Si le schisme était réel, le maoïsme ne pouvait rester dépendant du Kremlin à l’époque, et c’est en même temps grâce à cette brouille que les USA se sont rapprochés de la Chine et l’ont renforcée militairement (notamment en donnant accès à des informations satellitaires, grâce à Kissinger, puis à Brzezinski). Golitsyn a tort et raison à la fois.

De plus, on voit aujourd’hui que la Russie et la République populaire de Chine font semblant de s’entendre à propos de l’Ukraine. Mais en fait, la Chine ne fournit aucune arme à Poutine et commence à réaliser que cette guère nuit à ses affaires (elle a besoin du marché occidental), alors que le pays connaît de graves problèmes internes (crise de l’immobilier, chute des investissements étrangers, confinement drastiques…).

Golitsyn nous explique pourquoi il faut rester extrêmement attentif et ferme face aux dictateurs. Si les dirigeants occidentaux avaient lu son livre, ils auraient anticipé la politique agressive de Poutine qui est, comme l’auteur, un ancien officier du KGB.

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1 commenter

Boisgontier 24 septembre 2022 - 6:38

Il est certain qu’une bonne explication de texte est toujours bonne à prendre mais ceux qui gardent les yeux ouverts, regardent les choses en face et pour ce qu’elles sont, n’ont pas été bernés par Poutine et encore moins depuis qu’il avait officiellement félicité Staline pour ses actions et l’avait réhabilité ! Ça, c’était un signe très fort qui venait s’ajouter à son côté mafieux que peu pouvaient ignorer. Le problème, c’est que les hommes politiques occidentaux sont aussi des magouilleurs qui cherchent oú tirer la ficelle qui va leur rapporter gros et pour cela, ils ferment les yeux sur ce qui est dérangeant. Jusqu’au jour où trop, c’est trop. Mais, alors, c’est trop tard. Le pire étant bien sûr que lorsque des personnes avisées et intègres dénoncent des dérives ou des comportements inacceptables, ils sont vilipendés par ceux-là mêmes qui risqueraient d’en être éclaboussés ou de perdre des avantages en tout genre. Georges Marchais étant l’exemple caricatural type. Mais un JP Sartre en tant qu’intellectuel exerçant une forte influence est encore pire, et la liste est très très longue, malheureusement, de ceux qui font passer leurs phantasmes avant la réalité des choses et la réalité de l’Autre et des autres pour ne chercher à imposer que leur propre vision ou intérêt.

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