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Les républicains ne sont plus les favoris des « midterms »

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Joe Biden a réussi durant l’été un extraordinaire tour de passe-passe. Il a transformé les élections de mi-mandat en référendum sur Donald Trump. Traditionnellement ces élections, qui visent à renouveler un tiers du Sénat, la totalité de la Chambre des représentants, ainsi qu’à choisir 36 gouverneurs et des centaines d’élus locaux, sont exactement le contraire: un référendum périlleux dont un président impopulaire sort affaibli.

Constatant la grande impopularité de Joe Biden à la mi-juillet, avec une cote tombée à 36% de satisfaits contre 59% de mécontents, les républicains se sentaient bien partis pour regagner la majorité dans les deux chambres du Congrès. Début septembre, réveil en sursaut: le président Biden est un peu moins impopulaire (38% de satisfaits), mais surtout les candidats démocrates constatent que leurs propres sondages locaux leur donnent des chances d’empêcher les républicains de reconquérir au moins le Sénat, voire aussi la Chambre.

Le parti de l’éléphant, confiant hier, redoute maintenant de perdre les sénatoriales dans le Wisconsin, en Géorgie et en Pennsylvanie, entre autres. À la Chambre, ils comptaient sur un gain net de cinq sièges qui leur aurait suffi pour être majoritaires. Même cet objectif paraît désormais plus difficile à atteindre. Comment en est-on arrivé là ? Par une série d’erreurs dans le camp républicain, mais aussi grâce à l’opportunisme sans vergogne du vieillissant mais très expérimenté Joe Biden.

Le droit à l’avortement remobilise la gauche

En décidant fin juin que l’avortement n’était pas protégé par la constitution, la Cour suprême a offert au camp démocrate un thème de campagne re-mobilisateur. Les défaites aux « midterms » du parti du président sont largement attribuables à un manque de passion dans ses rangs et à une participation relativement plus faible. Les démocrates ont trouvé grâce à la Cour suprême un sujet pour faire voter des électeurs traumatisés par la pire inflation depuis plus de 40 ans. « Sauver le droit à l’avortement » que des « réactionnaires sexistes républicains veulent éliminer », permet de ne plus parler de la chute du pouvoir d’achat.

Les démocrates ont en outre médiatisé à leur avantage, à partir du 9 juin, les auditions publiques au Congrès sur l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021 par une foule de trumpistes fanatisés dont certains étaient armés. En moyenne 13, 1 millions de téléspectateurs ont regardé tous les jours des démocrates mettre en scène les révélations de la participation indirecte de Donald Trump dans cette incroyable invasion qui aurait pu faire des victimes parmi les élus. Pendant ce temps, on ne parle plus de l’envolée de la criminalité et de la délinquance dans les villes démocrates qui ont bridé leurs forces de police afin de satisfaire les activistes « woke » de Black Lives Matter.

Le FBI instrument de campagne des démocrates

La chute du prix de l’essence à la pompe, résultat de la baisse des cours mondiaux du pétrole, a par ailleurs calmé la colère des automobilistes du début de l’été. L’adoption au Sénat à une voix près d’une loi prévoyant 369 milliards de dollars pour combattre le réchauffement climatique et limiter les hausses de prix des médicaments, a aussi aidé Joe Biden à sauver la face. Le texte n’est que l’ombre de son projet initial de 1800 milliards de dollars. Mais la presse, plus anti-républicaine que jamais, a décidé qu’il représentait une avancée historique.

Depuis le 8 août, la perquisition du FBI dans la résidence de Floride de Donald Trump a relancé la machine électorale démocrate : plus on parlera de Donald Trump, moins on parlera de ce qui rend les démocrates impopulaires. L’instrumentalisation du FBI par l’administration Biden en vue de persécuter l’ex-président est évidente. Le prétexte de la recherche de documents ultra-secrets qu’il aurait pu voler, n’aurait pas été toléré par l’opinion si le travail préparatoire des auditions sur le 6 janvier n’avait sérieusement sapé l’image de Donald Trump.

Trump se pose en victime et vise 2024

Les démocrates ont tendu un piège aux élus républicains en les obligeant à défendre un homme qui n’est pas candidat aux élections de mi-mandat. Ou bien ils accablaient Trump, et risquaient de perdre leurs élections primaires. Ou alors ils le défendaient, au risque de passer pour des populistes complotistes, sorte de caricature que les démocrates parviennent à imposer dans l’opinion.

Pour sa part Donald Trump a tout fait pour encourager cette nouvelle polarisation. Il laisse entendre qu’il sera candidat à la présidentielle dans deux ans et multiplie les levées de fonds à cette fin. Il maintient qu’il a été légitimement élu en 2020, et que les résultats ont été truqués par les démocrates. Son ancien vice-président, Mike Pence, qu’on ne peut soupçonner d’être modéré, a beau démentir cette version de l’histoire, il est inaudible. Donald Trump a réussi à reprendre du pouvoir dans un parti républicain qui ne sait pas comment se débarrasser de lui.

Grâce à l’acharnement des démocrates, y compris celui de procureurs à New York qui fouillent dans la douteuse comptabilité de son empire immobilier, Trump retrouve des arguments pour mobiliser ses partisans. Il a ainsi pesé sur les primaires républicaines et fait gagner plusieurs candidats acquis à sa cause, notamment en Pennsylvanie, en Arizona et en Géorgie. Ces candidats gaffeurs et inexpérimentés sont ceux-là même qui aujourd’hui chutent dans les sondages et risquent de faire perdre aux républicains la chance historique qu’ils avaient de reprendre le Congrès.

a leçon à tirer n’est-elle pas que les républicains doivent s’empresser de préparer un après-Trump ?

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