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Covid : la liberté assiégée

jeudi 4 mars 2021, par Michael von Liechtenstein

Même avant la crise du Covid-19, de nombreux gouvernements avaient des niveaux d’endettement dangereusement élevés. Avec maintenant une nouvelle excuse pour dépenser, le secteur public enfle encore. Une telle stratégie s’avérera insoutenable à long terme, et l’inflation apparaîtra inévitablement. Mais en attendant, les États continuent d’étendre leur influence et leur emprise sur les citoyens.
Une société prospère doit avoir une administration dévouée, un pouvoir juridique fort pour assurer le respect des règles en vigueur et des structures de contrôle efficaces. Elle doit également veiller à ce que les citoyens disposent d’un système de sécurité sociale efficace, mais toujours fondé sur la responsabilité personnelle.

Dans plusieurs pays, les programmes de protection sociale sont devenus trop coûteux et inefficaces. Un ensemble de lois et de règlements a été mis en place sous prétexte de réduire les risques. C’était une excuse de plus pour élargir le secteur public, qui représente aujourd’hui une part malsaine de l’économie dans de nombreux pays, parfois proche de 50 % (beaucoup plus en France). En conséquence, le secteur professionnel chargé de veiller au respect des lois, comme les avocats, les auditeurs et autres contrôleurs, a également connu une croissance excessive, ce qui a nui dans une certaine mesure aux industries de production et de services.

Les niveaux élevés de dépenses publiques créent des dettes insoutenables. En outre, les talents sont attirés de manière disproportionnée vers le secteur public, ce qui entraîne des frais généraux supplémentaires pour l’économie réelle, les entreprises et les employés. Cela offre aux États des possibilités quelque peu fallacieuses d’influencer et de contrôler la société et l’économie, et cela crée un merveilleux terrain de jeu pour un gouvernement et une bureaucratie surdimensionnés.

Ajoutons des règles fiscales byzantines, souvent contradictoires et ambigües, donnant toute latitude aux autorités de prendre des décisions arbitraires. Au final, nous obtenons des systèmes inefficaces et extrêmement coûteux tant pour les gouvernements que pour les contribuables, les entreprises surtout, mais aussi les particuliers.

Érosion de la valeur

Les réglementations fiscales sont devenues un instrument de contrôle pour les gouvernements dont la puissance dépasse probablement celle de certains systèmes autoritaires dans le passé. Mais la fiscalité seule ne suffit pas à justifier toutes les exagérations que l’on peut maintenant observer.

Lorsque la crise de la dette souveraine a éclaté, un nouveau remède a été trouvé. Les taux d’intérêt étaient déjà bas depuis le début des années 2000, afin de limiter le ralentissement du cycle économique et de soulager les gouvernements. Cela détruisaient l’épargne de beaucoup de personnes, notamment des retraités, mais personne ne s’en souciait. Les banques centrales vont maintenant encore plus loin, elles ont commencé à racheter la majeure partie des dettes publiques. Il est choquant de constater que même le Fonds monétaire international a encouragé les pays à dépenser davantage.

Cette ligne de conduite pourrait donner aux gouvernements et aux organisations supranationales un contrôle total sur la société

M. Thomas Piketty et d’autres économistes autoproclamés proposent maintenant que les banques centrales doivent annuler toutes les dettes souveraines, à condition que les pays dépensent un montant équivalent dans les domaines social et écologique. Mais d’où viendra cet argent ? Une chose est sûre : cette ligne de conduite donnerait aux gouvernements et aux organisations supranationales un contrôle total sur la société. Nous pouvons également constater que l’administration de l’État s’est approprié des pouvoirs qui devraient être réservés au Parlement. La crise du Covid-19 a exacerbé ce phénomène. La liberté individuelle, l’autodétermination et la responsabilité personnelle seraient sacrifiées - en bref, ce serait l’avènement d’une société presque entièrement étatisée.

Les économistes, les politiciens et les médias pro-dette oublient ce qu’est l’argent : un moyen d’échange de biens et de services et un mécanisme de stockage de la valeur entre deux transactions. L’argent sain est basé sur la valeur de toutes les transactions sous-jacentes. Si le volume de l’argent dépasse considérablement ce montant sur une longue période, sa valeur intrinsèque s’en trouve érodée.

Même si de nombreux économistes modernes le nient, l’inflation apparaîtra. Nous avons déjà vu, en raison du coût pratiquement inexistant du capital et des taux d’intérêt, une incroyable inflation des actifs, notamment de l’immobilier, des actions, des participations dans des sociétés, de l’art, etc. Cette augmentation artificielle de la valeur explique en grande partie l’inégalité croissante. C’est en fin de compte le prix d’un gouvernement surdimensionné.

Une menace grandissante

Bien que la plupart des ménages à faibles et moyens revenus se soient déjà sentis sous pression avant la pandémie, les prix des biens de consommation n’ont pas encore commencé à augmenter fortement, et cela pour deux raisons. D’abord, l’argent frais est resté dans le système financier (provoquant l’inflation des actifs et l’inégalité croissante sur le papier mentionnées ci-dessus). Ensuite, les entreprises sont devenues plus efficaces et plus productives, offrant des produits de meilleure qualité, et pour certains plus écologiques, au même prix, ce qui constitue une sorte de saine déflation. Mais cette situation risque de ne pas durer.

La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne vont arroser les économies avec encore plus d’argent. L’aide en temps de la Covid est légitime dans une certaine mesure, si elle est fournie rapidement et en quantité suffisante aux petites et moyennes entreprises. Mais, tout comme l’économie verte, la Covid est maintenant utilisée comme excuse pour imprimer de l’argent. On peut douter que ces ressources soient dispensées efficacement - ce serait la première fois dans l’histoire qu’un projet d’investissement gouvernemental à grande échelle réussirait. Des changements sains dans l’économie ne peuvent pas être réalisés en injectant des sommes d’argent disproportionnées. J’espère seulement me tromper.

Une partie de cet argent atteindra les citoyens. Lorsque la demande dépassera l’offre, l’inflation frappera, comme c’est le cas lorsque l’argent que les consommateurs ont à dépenser (la demande) dépasse la capacité réelle d’offre de l’économie. C’est à cela que nous sommes confrontés.

L’inflation semble être à nos portes

Ces derniers temps, la masse monétaire de la zone euro a augmenté de quelque 15 % par an, alors que le PIB avant la crise croissait à un taux inférieur à 2 % - une disparité importante. De moins en moins de personnes sont employées dans la partie productive de l’économie par rapport au secteur public. Il convient également de noter qu’en Europe, le nombre de personnes qui entrent sur le marché du travail n’est pas assez élevé pour compenser le taux de départ à la retraite. Et les PME, qui constituent l’épine dorsale de l’économie, souffrent, parfois même ferment, à cause des blocages liés à la Covid-19. L’inflation semble être au coin de la rue.
Une célèbre stratégie marxiste-léniniste consistait à écraser la bourgeoisie avec l’inflation et les impôts. C’est ce qui se passe actuellement. Il pourrait en résulter une perte de cohésion dans les sociétés libres, et certains signes montrent que cela se produit déjà. Le symptôme le plus clair est la perte progressive de confiance entre les élites politiques au pouvoir et la population en général. Les gouvernements sont de plus en plus liberticides. Le prétendu "politiquement correct" ainsi que les préoccupations excessives concernant le Covid-19 et l’environnement sont utilisés pour restreindre progressivement les droits civils et notamment la propriété et la liberté d’expression.

C’est une situation de rêve pour les néo-marxistes. Les sociétés libres sont en danger.

GIS Online

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