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« Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

mardi 21 septembre 2021, par Aymeric Belaud

FIGAROVOX/TRIBUNE - Comme chaque année, les premières récoltes des vendanges 2021 ont lieu en septembre. Si la viticulture reste un secteur dynamique de l’agriculture française, Aymeric Belaud alerte sur le déclin de l’élevage et des autres cultures qui croulent sous les normes.

Les mois de septembre et d’octobre annoncent pour les viticulteurs le début des vendanges. Cette année a été particulièrement marquée par la grande vague de gel en avril et les maladies. La récolte s’en ressentira. Le ministère de l’Agriculture a annoncé que la récolte française de vin serait probablement en baisse de 24 % à 30 % en 2021, soit un faible niveau de rendement, inédit depuis une quarantaine d’années. Malgré tout, la viticulture s’en sort plutôt bien : elle tire même les exportations françaises vers le haut, en particulier grâce au cognac et au champagne. En revanche, le reste de l’agriculture (élevages et cultures) est en difficulté depuis plusieurs années.

Rappelons ici un chiffre désormais bien connu, datant de 2015 mais toujours d’actualité : un tiers des agriculteurs gagnent moins de 350 € par mois, avec des conséquences dramatiques. Selon l’étude Agrican de novembre 2020, si d’une manière générale les professionnels de l’agriculture sont en bonne santé, le risque de suicide est très élevé (+14 % chez les hommes et +46 % chez les femmes par rapport à la population française). Une des causes de ce mal-être paysan est l’excès de normes.

Les normes pullulent sur tout, partout. Il arrive même que l’agriculteur, dans son champ ou dans ses locaux, soit en infraction sans le savoir. La maxime « nul ne peut ignorer la loi » n’a jamais été aussi fausse que pour nos agriculteurs. Ces normes sont d’abord européennes : 80 à 90% des réglementations proviennent de Bruxelles[1]. Comme si cela ne suffisait pas, notre État tient à ajouter les siennes, provoquant un enchevêtrement et une complexité sans bornes quand il s’agit de les appliquer. Résultat, les agriculteurs, en 2016, passaient tous en moyenne 9 heures par semaine à remplir des formulaires pour 57 heures de travail hebdomadaire et 12% d’entre eux étaient même occupés plus de 15 heures par semaine par des papiers administratifs. Malgré les diverses lois de simplification, ils le sont toujours autant, voire plus. La simplification administrative n’a fait que transformer le formulaire papier en site internet, parfois surchargé et défaillant le dimanche, jour de la paperasse pour bon nombre d’exploitants agricoles.

Ces normes ont un coût démentiel pour nos agriculteurs. J’aime citer l’exemple d’un couple d’amis, ex-éleveurs laitiers. Avec une ferme de 80 vaches, ils ont arrêté leur activité. L’exploitation, en déficit de 30.000 € par an les quatre dernières années, devait se mettre aux normes demandées par l’État en 2011, pour un coût de 200.000 € ! Il était impossible de continuer dans ces conditions. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Comment des jeunes pourraient-ils trouver l’envie, l’énergie et les moyens de s’installer ?

L’agriculture française est en proie à un déclin massif et continu des vocations et donc, de fait, du nombre de fermes. En 1982, la France comptait environ 1,6 million d’exploitations agricoles. Au 1er janvier 2019, le chiffre officiel était de 448.500, avec une baisse moyenne comprise entre 1.5 et 2% par an. En quasi 40 ans, c’est plus d’un million de fermes qui ont disparu. Et le mouvement s’accélère depuis le début de ce siècle. Dans la région Pays-de-la-Loire, le nombre d’exploitations agricoles a baissé de 36% en dix ans. Dans le département de la Mayenne, il n’y a qu’une centaine de jeunes qui s’installent chaque année, pour 300 exploitations à reprendre, soit seulement 1/3 des fermes qui restent actives après la retraite d’un agriculteur[2]…

La situation est bien connue des responsables politiques de notre pays. Un rapport d’information sénatorial du 29 juin 2016 alertait sur le fait que les agriculteurs sont au bord de la surdose normative, que l’excès de normes devient un problème majeur qui les rend vulnérables. Il pénalise aussi la compétitivité des exploitations agricoles françaises. Le rapport reconnaît sans ambiguïté dès son avant-propos que l’un des facteurs de cette crise agricole est l’avalanche de normes et la surabondance de réglementations. Le remède qu’il préconise est tout aussi clair : il faut simplifier, alléger, c’est une priorité, elle est urgente.

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Vos commentaires

  • Le 22 septembre à 04:09, par Pierre Maire En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    l’agriculture dite "bio" consomme plus de produits phytos car ils ont une efficacité de courte durée et il faut en mettre plus souvent :
    pyrèthre, spinosad, azadirachtine, cuivre, souffre, etc.
    pas dit que les abeilles adorent...

  • Le 22 septembre à 06:09, par VIGNELLO En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    En 2000 l’agriculture Française était au niveau de" l’Allemande, voyez 20 ans plus tard et comprenez que le ministère Allemand est efficace avec 600 employés tandis que notre ministère a besoin de 40 000 fonctionnaires pour tuer la France, fonctionnaires qui ne dépendent pas de l’inutile MSA, un comble de gaspillage

  • Le 22 septembre à 06:41, par Marcel En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Merci de mettre l’accent sur cette surabondance de réglementation.
    Pour ma part il me semble devoir aller au-delà et reconnaitre que pour l’essentiel la fragilité de l’agriculture repose sur le laminage progressif des fonds propres et à un niveau d’endettement dramatique.
    L’heure semble venue de regarder lucidement ce qu’est devenu le capital qui a été investi dans des structures mutualistes qui ne le revalorisent pas et le rémunèrent symboliquement. Au fil des ans il a été laminé par l’inflation. Mais les services qu’elles apportent sont rendus, le plus souvent, au niveau de marché.
    La sauvegarde du pouvoir d’achat des parts de capital au sein des structures mutualistes, et sa juste rémunération est sans doute un élément de solution à ne pas négliger au moment où l’inflation va faire son retour officiel.

  • Le 22 septembre à 09:34, par Obeguyx En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Il y a plus de 30 ans que l’agriculture est overdosée de normes. Premier tueur mis en place : les SAFER. Les fermiers ont cru que c’était la panacée. Il y a eu le remembrement aussi. Grand miracle de la dépossession du privé. Les fermiers sont rapidement devenus de gros propriétaires terriens en achetant des parcelles à vils prix (contrôlé par les SAFER) et ne s’en plaignaient pas. Maintenant ils se font tondre par la Haute Administration et les politiques. Qu’attendaient-ils donc ? Lorsqu’il y avait 5 ou 6 millions d’agriculteurs les politiques s’écrasaient (il n’ont en général aucun courage). Les rapports de force sont dans le nombre. On comprend pourquoi, aujourd’hui, l’agriculteur n’intéresse plus et qu’on se tourne vers l’immigration en capacité de voter.
    La forêt va subir le remembrement, c’est en cours. Nous allons vivre le même miracle que pour l’agriculture. Pourtant, là, les forestiers ne sont plus nombreux, déjà bien laminés par les réglementations idiotes (même les hommes de terrains de l’ONF en conviennent). Comprenne qui pourra.

  • Le 22 septembre à 12:20, par PICOT En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    En France 40000 fonctionnaires, en Allemagne 600. Tout est dit. Ici seule compte l’action publique. La création de normes et de règlements est là pour justifier l’existence de tout ce petit monde qui vit sur le dos de ceux qui produisent des richesses, rien d’autre. Cela ne durera pas éternellement puisque les 3/4 de nos grattes papiers en surnombre ou accros à la souris, c’est la même chose, sont payés par l’impôt. Moins de producteurs de richesse, moins de rentrées fiscales et donc adieu les fonctionnaires trop nombreux. Retour brutal à la réalité. Demandons des conseil à feue l’URSS.

  • Le 22 septembre à 14:36, par Guyot En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Article réaliste mais le titre est malvenu car nous ne sommes plus, depuis longtemps, au bord (c’est à dire pas encore dedans), mais en plein dedans et depuis des années !

  • Le 22 septembre à 15:00, par guy LALUC En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Certes, les normes finissent par exaspérer. Cependant, la plupart des agriculteurs ne sont que des sous-traitants qui ne peuvent imposer leurs tarifs. Et, de plus,leurs coopératives sont des fabriques d’agriculteurs endettés !
    Bien sûr, les producteurs ont aussi des responsabilités dans leurs difficultés ...

  • Le 22 septembre à 15:41, par Laurent En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Il n’y a peut-être pas que les agriculteurs qui sont au bord d’une overdose de normes de contraintes diverses y compris administratives et des taxes. Essayez simplement de faire une carte grise !!! c’est devenu comme le contrôle technique une arnaque de la pire espèce et tout est à l’avenant. Hier, de passage sur un site industriel j’ai entendu une conversation qui veut en dire long "il faut réduire le rendement pour réduire les frais d’énergie et les taxes" En arriver à ce stade là donne envi de distribuer quelques "grosses claques" à toutes nos gouvernances locales et nationales. La situation devient critique en France dans une certaine indifférence d’ailleurs qui elle aussi fait peur.
    Les bof des services, de l’informatique et du numérique persuadés que le monde va tomber à leurs pieds au lieu de se rendre compte du désastre qu’ils produisent.

  • Le 22 septembre à 18:45, par Aymeric Belaud En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Bonjour,

    Tous les Français subissent une masse de normes et de réglementations.

    L’article se concentre ici sur l’agriculture, et ne parle donc que d’agriculture.

    Cordialement

  • Le 22 septembre à 18:46, par Aymeric Belaud En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Bonjour,

    Le titre a été choisi par Le Figaro. Le titre original était : L’Etat étouffe l’agriculture française.

    Bien à vous

  • Le 22 septembre à 18:50, par Aymeric Belaud En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Bonjour,

    En effet l’agriculture est une des professions les plus administrées de France.

    Nous vous conseillons de lire notre étude sur le sujet :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Etudes-et-Monographies/Liberer-les-agriculteurs-du-joug-administratif#:~:text=L’IREF%20propose%20de%20privatiser%20les%20chambres%20d’agriculture%20et,une%20corporation%20par%20le%20contribuable.

  • Le 23 septembre à 05:46, par Arthur Gardine En réponse à : « Les agriculteurs français sont au bord d’une overdose de normes »

    Le nombre d’agriculteurs baisse. Mais les fonctionnaires de tutelle sont toujours aussi nombreux et donc ils se créent beaucoup d’activités par paperasseries pour justifier qu’ils doivent rester en place. C’est aussi simple que ça !

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