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Thomas Piketty et la lutte des classes climatique

lundi 16 septembre 2019, par Ferghane Azihari

On croyait que la chute du mur de Berlin avait discrédité les idéologies collectivistes. C’était sous-estimer la créativité intellectuelle illimitée des héritiers de Karl Marx. Dans son ouvrage intitulé La Grande Parade, Jean-François Revel avait entrepris d’analyser le révisionnisme des intellectuels socialistes pour retarder la déchéance de leur idéologie. Il est une autre stratégie que ces derniers ont mis en œuvre.

Elle consiste à rechercher de nouveaux alibis pour légitimer leur aigreur contre le capitalisme, la propriété privée, la libre entreprise et le désir d’enrichissement des êtres humains. L’écologie politique est assurément l’une de ces idéologies de substitution. C’est donc en toute logique que notre cher Thomas Piketty s’engouffre à son tour dans la brèche ouverte par ses prédécesseurs qui prétextent les défis environnementaux pour démanteler l’économie de marché.

Sur France Inter, l’économiste a ainsi soutenu que le changement climatique nécessite une vaste politique de réduction des inégalités. Chaque problème en France peut être imputé aux inégalités économiques. Quelqu’un a perdu ses clefs ? Les inégalités ! Vous avez raté votre train ce matin ? Les inégalités ! Le climat ? Les inégalités !

Les inégalités, les inégalités, vous dis-je ! Comme Toinette et ses conseils judicieux adressés à son maître dans Le malade imaginaire de Molière, Thomas Piketty a la solution miracle à tous les maux de l’humanité. Il suffit d’éradiquer le péché originel à l’origine de la corruption du monde : les inégalités.

Bien sûr, n’imaginez pas que « réduire les inégalités » signifie, dans la bouche de Thomas Piketty, permettre aux plus pauvres de rejoindre les standards des plus aisés ! Dans ce cas, Thomas Piketty serait obligé de se satisfaire de la tendance actuelle du capitalisme mondialisé qui connaît à la fois un enrichissement sans précédent de l’humanité et une réduction des inégalités de revenus à l’échelle mondiale… Admettre ce constat risquerait d’affaiblir les ressentiments anti-capitalistes.

Dans l’esprit de notre cher économiste, réduire les inégalités signifie punir les plus aisés par une myriade de taxes. Il s’agit d’appauvrir ce fameux groupe des 10% des êtres humains les plus riches qui seraient à l’origine du malheur de tous les autres. Réduire les inégalités, c’est donc, en novlangue pikettienne, sacrifier une catégorie sociale « privilégiée » sur l’autel des éternelles aigreurs anti-capitalistes.

Mais au fait, qui sont ces 10% les plus riches du monde qu’il conviendrait de dépouiller ? Monsieur Piketty se garde bien de rappeler qu’en France, le travailleur qui gagne tout juste le revenu médian annuel (21 415 euros en 2015 selon l’INSEE) appartient aux 2,17% les plus riches de la planète selon la Global Rich List. Si l’on considère le patrimoine, 76000 euros suffisent à faire partie des 10% les plus riches de la planète.

Le programme de Monsieur Piketty reviendrait donc à escroquer une écrasante majorité du peuple français, même si l’économiste socialiste a tout intérêt à entretenir l’illusion qu’il ne vise qu’une petite minorité de privilégiés. Ainsi peut-il plus facilement galvaniser les ressentiments envieux de la majorité qui ne réalise pas qu’elle fait partie des « favorisés » ciblés par son discours.

Les raisons qui motivent la réduction du train de vie des plus riches sont tout aussi fallacieuses. Cette « décroissance » ciblée permet aux néo-malthusiens d’échapper à l’accusation d’anti-humanisme proférée par ceux qui, à juste titre, s’inquiètent des idéologies interdisant aux miséreux subsistants de bénéficier de la croissance économique qui a fait notre prospérité. Par le subterfuge de la décroissance ciblée, les néo-malthusiens parviennent encore à sauver les apparences.

Toutefois ce discours est là encore mensonger. Nous vivons dans une économie globalisée, interdépendante, et qui se définit par une division du travail internationalisée. Nous vivons donc dans un monde où la prospérité de l’individu lambda dépend également des capacités productives de son voisin éventuellement plus riche que lui.

Lorsqu’un Africain importe des médicaments, des technologies, des biens de consommation ordinaires ou de l’épargne pour entreprendre chez lui, il est aussi susceptible de dépendre des capacités productives des nations industrialisées pour son niveau de vie. Il est dans ces conditions illusoire de faire décroître les pays riches, c’est-à-dire de réduire leurs capacités productives, sans affecter en même temps la prospérité des pays pauvres.

Songeons par exemple à l’augmentation du prix du pétrole lorsque surgit le spectre d’une production perturbée dans les pétromonarchies du Golfe…Qui peut sérieusement prétendre qu’une réduction des capacités productives des plus riches n’affectera pas les plus pauvres ? Personne.

Ceux qui le font ont intérêt à dissimuler cette interdépendance par l’usage du sophisme marxiste traditionnel sur le jeu à somme nul : « Puisque les riches se sont toujours enrichis au détriment des pauvres, appauvrir les premiers n’est qu’une mesure de justice qui n’affectera pas le sort des seconds ». Cette négation délibérée de la convergence des intérêts des pays riches et des pays pauvres dissimule donc que faire décroître les uns, c’est faire décroître tout le monde.

Or la décroissance n’est pas une solution aux problèmes climatiques. Car elle affecterait la résilience des sociétés humaines face aux risques du futur. Mais cela importe peu aux yeux de Thomas Piketty, dont les activités semblent davantage motivées par la poursuite d’un agenda marxiste, indépendamment des désastres humanitaires qui ont ravagé les pays qui l’ont mis en œuvre au XXème siècle.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Thomas-Piketty-et-la-lutte-des-classes-climatique

Vos commentaires

  • Le 17 septembre 2019 à 09:10, par zelectron En réponse à : Ils sont même payés par l'état pour deverser leurs absurdités

    Ces gens là constituent la pourriture intellectuelle de notre société, c'est leur faire trop crédit que d'en parler

  • Le 17 septembre 2019 à 12:40, par max En réponse à : L'hypocrisie décroisante.

    Piketty fait partie de ces personnes aisé qui ne savent pas ce que c'est que vivre dans le besoin et qui sont totalement déconnecté du monde. Comme tous les décroissants partisans d'une forme de collectivisme, ils se voient faire partie de l'élite qui guideras selon eux l'humanité et pas de la plèbe qui trimeras (dans la joie bien-sur) pour leurs fournir le confort qu'ils se seront maintenue. Ça c'est vérifié dans tous les pays devenue socialiste (URSS, Corée du nord, Cuba, Vénézuéla, etc)

  • Le 17 septembre 2019 à 20:07, par Gmo35

    Commence par bien écrire le français, on verra ensuite si ton amertume anti pauvre est justifiée...

  • Le 17 septembre 2019 à 20:11, par Gmo 36

    Et toi, tu gagnes combien par mois pour déverser de telles conneries sur quelqu'un que tu n'as jamais lu, mais qui ose contredire tes pauvres convictions capitalistes qui te permettent d'exploiter le travail des autres..

  • Le 17 septembre 2019 à 20:41, par max

    Encore un anti-capitaliste primaire. Contrairement à ce que vous dites, je n'ai pas d'amertume anti-pauvre. C'est justement leur bien-être (et le mien aussi, je ne fait pas partie des plus riches, largement pas) qui me préoccupe. Piketty ne propose pas d'enrichir les pauvres mais d’appauvrir les riches, ce qui fera une belle jambe aux premiers. Et,si vous pensez que les pays socialistes comme l'URSS, la Corée du Nord, Cuba, ou le Vénézuéla sont des paradis pour les pauvres, c'est que c'est vous qui les méprisez (pas la peine de me répondre que ce n'est pas du vrai socialisme, tous les pays ayant appliqué cette doctrine on terminé comme ça).
    Je sais que je ne te (vu que tu me tutoie) convaincrais pas de quoique ce soit, et que tu continueras de cracher ta haine contre le capitalisme, tout cela bien à l'abri (et bien nourri) dans un pays capitaliste dont les horribles dérives libérales te permettent de t'exprimer librement.

  • Le 17 septembre 2019 à 20:58, par max

    Oui, ce capitalisme qui ose rémunérer les gens pour leur travail. C'est vrai que c'est beaucoup mieux de travailler pour le bien commun (qui sera lui, bien-sur déterminé par un groupe restreint de personne, et non pas par toute la population), avec pour seule rémunération la satisfaction d’œuvrer pour la cause et la ration que l'état voudras bien leur fournir (après un beau tabassage d'impôts et de taxes qui leur éviterons d'avoir à gérer eux mêmes le fruits de leur travail).

  • Le 19 septembre 2019 à 11:12, par orilou88 En réponse à : juste un peu de bon sens

    il serait intéressant de connaître les revenus de M. PIKETTY et son mode de vie. En effet, ce Monsieur semble ignorer que pour partager un gâteau... il faut d'abord le confectionner. L'écologie n'est pas une doctrine politique. Elle n'est pas de gauche... ni de droite. Ce n'est pas une mode mais plutôt un mode de vie RESPECTUEUX DE LA NATURE... et d'AUTRUI. On en est loin si l'on en juge par les faits divers quotidiennement relatés voire justifiés : dans les écoles, agressions de pompiers, d'infirmières etc.C'est peut-être par là qu'on devrait commencer.

  • Le 27 octobre 2019 à 10:08, par Courty Claude En réponse à : “New économie”, à la française.

    Après les innombrables jacqueries et révolutions qu'a connu l'humanité au cours des millénaires, le marxisme a enfanté du communisme, suscité par l’extrême misère d’un prolétariat cristallisé de fraîche date, grossi de millions de serfs vivant un autre temps aux confins de l’Europe. Et c'est ce marxisme qui inspirera à son tour, par réaction ou surenchères, ces autres fléaux qu'ont été notamment le fascisme du Caudillo, celui du Duce et le nazisme, le maoïsme, ... autant de doctrines qui perdurent et prospèrent sous diverses formes en de nombreux endroits de la planète en ne faisant qu'aggraver la condition humaine plutôt que de l'adoucir.

    C'est pourtant ce marxisme, sous couvert d'une compassion dévoyée, qui constitue la référence de la plupart des économistes et autres experts en sciences dites humaines.

    Or, si la misère la plus profonde et la révolte qu’elle peut susciter peuvent avoir légitimé son avènement, il n’en demeure pas moins que le marxisme, de même que ses résultats, sont au plus haut point contestables, par absence d’éthique, incitation à la haine, abus idéologiques, corporatisme, développement d'un obscurantisme laïc n'ayant rien à envier au religieux.

    Mais c'est surtout l'ignorance des dimensions démographique et environnementale inhérentes à tout processus économique et social qui caractérise nos maîtres à penser, “nobélisés” ou non ; probablement par respect du tabou dont sont frappées, chez eux comme ailleurs, toutes questions de population et a fortiori de surpopulation. Car tous les maux de notre société n’ont pas d’autre histoire que celle de la relation économie-démographie. Et s'ils ignorent cela, ils interdisent :
    — la maîtrise des inégalités sociales
    — l'éradication de la pauvreté profonde
    — la réconciliation de l'humanité avec son environnement.

    Mais les économistes français d'être sous les feux de la rampe médiatique, avec le Nobel décerné à Esther Duflo et le dernier pavé de Thomas Piketty.

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