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France : Il faut moins de députés et de sénateurs et plus d’élus chefs d’entreprise !

mardi 29 novembre 2016, par Nicolas Lecaussin

En France, il y a seulement 11 députés chefs d’entreprise. En Allemagne, 91 et au Royaume-Uni, 103 !

François Fillon a raison de proposer la réduction du nombre de députés et sénateurs. Les chiffres sont connus : nous avons 577 députés et 331 sénateurs. Alors que d’autres pays, en comptent beaucoup moins. Aux Etats-Unis, il y a 435 députés et 100 sénateurs pour une population de 325 millions d’habitants contre 66 millions en France. En Allemagne, il y a 630 députés et 69 sénateurs pour une population de 80 millions d’habitants.

En France, nous avons un député pour 114 000 habitants et 1 sénateur pour 200 000 habitants. Aux Etats-Unis, le ratio est de un député pour 747 000 habitants et de un sénateur pour 3.2 million habitants ! En Allemagne, il y a 1 sénateur pour 1.115.000 habitants. Nous avons donc largement de quoi faire baisser le nombre des députés et sénateurs afin de pouvoir nous comparer aux autres pays riches et démocratiques …

FRANCE ALLEMAGNE ETATS-UNIS
Ratio Députés/Habitants 1/114.000 1/127.000 1/747.000
Ratio Sénateurs/Habitants 1/200.000 1/1.115.000 1/3.200.000

Mais ce qu’il faudrait c’est aussi essayer de diversifier les origines socioprofessionnelles de nos députés. En France, les députés sont majoritairement fonctionnaires et même s’ils sont élus, ils ne quittent pas la fonction publique comme c’est le cas dans d’autres pays. Et une infime minorité d’entre eux sont (ou ont été) chefs d’entreprise. Seulement 11 députés sur 577 députés !

En Allemagne, sur 630 députés, 91 sont (ou ont été) chefs d’entreprise. Au Parlement britannique, 103 sur 616 membres. Il n’y a pas photo. Ce n’est pas étonnant que les économies de ces deux pays soient beaucoup plus libres.

FRANCE ALLEMAGNE ROYAUME-UNI
Députés chefs d’entreprise 11 sur 577 91 sur 630 103 sur 616

Réduire le nombre d’élus est une mesure très populaire en France. Mais juste baisser leur nombre ne servira qu’à faire quelques économies. Imposer la démission de la fonction publique et ouvrir l’Assemblée à ceux qui connaissent vraiment le monde de l’entreprise, voici une réforme courageuse.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/France-Il-faut-moins-de-deputes-et-de-senateurs-et-plus-d-elus-chefs-d-entreprise

Messages

  • Le problème est plus grave que cela dans la pratique une majorité d'élus de droite ont des pratique de gauche pour maintenir leurs électeurs !
    C'est une culture très profonde et qui touche avant tout toutes les collectivités locales
    Réduire les Députés, Sénateurs, OUI mais aussi toutes ces couches locales mises en place ces 20 dernières années aussi bien par la gauche que par la droite et là c'est beaucoup plus compliqué.

  • Quant à la présence excessive de très nombreux fonctionnaires au Parlement, on n'insistera jamais assez sur le fait que ce cumul contre-nature sur une même personne de fonctions subordonnées et de mandat souverain comporte au moins deux inconvénients notoires :

    1 - les très grandes facilités que procurent au candidat (vainqueur ou battu !) les règles actuelles de la fonction publique expliquent que les fonctionnaires au Parlement y soient plus nombreux qu'aucune autre catégorie sociale, bien que le secteur public au sens large ne représente au plus qu'un quart de la population active.

    2 - Les fonctionnaires parlementaires se trouvent en plein conflit d'intérêts puisqu'ils cumulent sur leur personne l'état de subordination qu'implique un contrat de travail vis-à-vis de la collectivité publique dont ils relèvent et le pouvoir souverain de faire la loi et de l'imposer à leur employeur, inclus bien sûr la faculté d'améliorer leur statut ou de censurer et d'abroger telle mesure ( cf. notamment le jour de carence) qui leur déplaît.

    Comme il existe une connivence d'intérêt très étroite entre les fonctionnaires non parlementaires , les fonctionnaires parlementaires, les syndicats publics et les organes chargés d'orienter les retraites (Conseil d'Orientation des retraites à large majorité syndicalo-publique), de les suivre (Comité de suivi des retraites, exclusivement composé de fonctionnaires) voire même de les contrôler (les Magistrats de la Cour des comptes sont aussi des fonctionnaires), on comprend tout de suite que cette chaîne de solidarité efficiente se soit jusqu'ici opposée par divers moyens, mais très efficacement à toute volonté de réforme des retraites publiques.

    L'une des premières mesures à prendre pour faire cesser ces abus est que le fonctionnaire qui se présente à une élection nationale soit tenu de renoncer à son état, si possible dés le dépôt de sa candidature, sinon au plus tard lors de son élection. Cela évitera d'ailleurs au plan du principe d'égalité que le fonctionnaire puisse implicitement se prévaloir auprès de l'électeur d'une expérience et d'une influence publiques très supérieures à celle dont peut éventuellement disposer tout candidat privé.

  • Tout à fait d'accord avec votre article. J'avais il y a au moins 10 ans, signé et envoyé à N Sarkozy, mon député de l'époque une petition de support à "l'amendement Mignon". L'échange de correspondance avait été sévere et j'ai compris ce jour là qu'il n'y avait pas pire étatiste que lui.
    J'ai depuis réfléchi aux aspects juridiques et constitutuionnels du problème et si ça vous intéresse, je suis prêt à partager ces réflexions
    Cordialement

  • Pourriez-vous SVP me donner les noms de vos 11 chefs d’entreprise députés ? Car je soupçonne qu'ils sont tous inféodés à l'Etat d'une manière ou d'une autre (patron de filiales grands groupes, de banques, d'entreprises sous-traitantes du CAC 40, de médias subventionnés par l'Etat, etc.). Merci !

  • par exemple
    les diseux v/s les faiseux
    les manufacturiers v/s les marchands (du temple ?)
    les CAC 40 v/s les PME/PMI/ETI
    les héritiers v/s les self made men
    les financiers v/s les savetiers
    il y en a probablement d'autres, mais je crains qu'en tout état de cause un chef d'entreprise qui quitte celle-ci ne soit pas celui qui l'a créée, il s'agit probablement d'un de ces gestionnaires imbus (...), grands serviteurs de l'état qui viennent pantoufler à l'assemblée nationale

  • les chefs d'entreprises (déjà qu'ils ne sont plus si nombreux) ont autre chose à faire que de siéger dans des assemblées plus ou moins ineptes.
    A tout prendre il vaut mieux considérer le contrôle des élus avec beaucoup d'attention pour palier au vide sidéral de la société civile au parlement...

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