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Macron, le mauvais génie de la gauche

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Macron est définitivement démasqué. Il s’est construit à gauche dans l’ombre de Hollande et revient à ses origines. Sans vergogne, il a favorisé l’extrême gauche pour repousser le diable du Rassemblement National.

Le soir des Européennes, Emmanuel Macron a annoncé sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale en disant qu’il avait entendu le message des électeurs et que « La France [avait] besoin d’une majorité claire dans la sérénité et la concorde », mais qu’il ne pouvait se résigner à la progression de l’extrême droite « sur tout le continent ». Il a en fait livré la France au chaos en permettant, par sa politique de désistements, à un nouveau Front populaire d’être en tête. Soit il n’y aura pas de majorité et il sera dans l’incapacité de gouverner pendant au moins les 12 prochains mois pendant lesquels il ne peut plus y avoir de dissolution, soit il y aura une coalition improbable soumise à LFI, ou une autre alliance des socialistes aux LR dont les composantes ne sauront s’entendre longtemps sans se renier. Dans tous les cas, la France en sortira encore plus divisée. Dans tous les cas, c’est une catastrophe dont la droite est aussi en partie responsable en n’ayant pas voulu d’accords de second tour avec le RN. Il n’y aurait pourtant pas eu de honte à y consentir quand Macron et Attal ont de fait appelé à voter LFI et que Edouard Philippe a voté pour un communiste.

La tromperie du front républicain

La droite conservatrice et libérale n’a pas su résister à la pression de la gauche qui a agi à l’égard du RN comme les autorités et la société le faisaient à l’égard des pestiférés au Moyen Age : en les rendant intouchables et en les excluant de toute sociabilité. Et ceux qui pratiquent cette exclusion sont ceux qui prônent l’inclusion, ce sont les universitaires qui imposent le wokisme par la terreur, ce sont les parlementaires antisémites, les économistes qui ont le culot de dire que le programme de LFI est beaucoup moins dangereux pour l’économie que celui du RN, les journalistes qui jasassent en boucle sur les dangers de l’extrême droite qui a pourtant bien affadi son programme, d’ailleurs inconséquent, tous ceux qui défendent un Front  mélenchoniste toujours en attente de la dictature du prolétariat dont on sait où elle conduit …. Ils ont abusé les électeurs.

Etre républicain, c’est d’abord refuser l’arbitraire du pouvoir pour le fonder sur la consultation du peuple, l’égalité des droits et le respect de l’Etat de droit. Et pour le moment, rien n’indique que le RN aurait pu violer ces principes. On lui a reproché de vouloir exclure les binationaux de certaines fonctions régaliennes, mais on peut alors se demander pourquoi la République française exige encore que les fonctionnaires soient français dans les emplois de souveraineté relevant d’un secteur régalien (justice, intérieur, budget, défense, affaires étrangères …), et qu’ils soient français ou européen dans les autres secteurs selon le principe institué par la Révolution française qui voulait que tous les citoyens (mais seulement les citoyens) soient admissibles aux places et emplois publics, « sans autre distinction que celle des vertus et des talents ».

Etre républicain, ce n’est pas vouloir s’arroger le pouvoir comme l’a fait Melenchon ce dimanche 7 juillet au soir alors qu’il est loin d’avoir une majorité.  Il ne suffit pas pour être républicain d’accuser les autres de ne pas l’être.

Un sursaut libéral ?

Certes, le parti LR s’en est plutôt bien sorti en nombre de sièges. Mais il reste un parti modestement représenté à l’Assemblée. Il n’a pas profité de ce bouleversement pour offrir une vision rassembleuse.  Son programme pour ces législatives ressemblait à un petit catalogue de propositions paramétriques sans originalité ni dynamique.

Toute politique suppose bien entendu une liste de propositions programmatiques dont le financement et la réalisation restent d’ailleurs généralement aléatoires. Mais la politique manque aujourd’hui de vison et d’idées, elle ne fait plus envie, elle ne fait pas rêver. Quel peut être l’espoir, dans une baisse de cotisations sociales ou un nombre de places de prison ? La gauche s’est redressée parce qu’elle a soufflé l’espérance même si elle n’a, comme d’habitude, promis que des lendemains qui chantent mais qui se sont toujours avérés être des enfers. D’un autre côté, le succès européen et du premier tour du RN est peut-être qu’il a livré un message d’espoir sur les sujets sensibles de la sécurité, de l’identité, de l’insupportable suffisance de la technocratie… Et malgré les graves insuffisances de son programme, beaucoup d’électeurs ont été tentés par son miroir aux alouettes avant que d’être trompés par une gauche plus haineuse et une macronie plus maligne que lui.

Le parti Les Républicains avait jusqu’en 2017 son public conservateur-libéral que Fillon a revigoré avec lui offrant un dessein, ce qui lui a permis d’obtenir plus de 20% des voix au premier tour de la présidentielle malgré ses avanies. Mais depuis, les LR, qui comptent encore de nombreuses personnalités de qualité, se sont réfugiés dans une opposition sans lumière, creuse, faite de petits coups politiques, de calculs, de manœuvres dont M. Ciotti s’est encore montré un expert peu avisé. S’il veut encore exister, rénover la politique et favoriser la prospérité générale, il faut que sans tarder ce parti conçoive et propose un projet d’ensemble autour de réformes structurelles pour redonner aux Français la maîtrise de leur vie  : de la liberté d’assurance sociale à la liberté scolaire, de l’insertion de capitalisation dans les retraites à la flat tax…. Tout en mettant en œuvre des mesures efficaces pour raisonner l’immigration et exiger des immigrés le respect intransigeant des valeurs républicaines. Alors, il retrouvera peut-être ses chances.

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8 commentaires

RODRIGUEZ 8 juillet 2024 - 8:22

MACRON est le seul coupable de la destruction de la FRANCE , et tous ces idiots qui se plient à ses caprices ! ATTAL et tous ceux qui ont aidé MACRON sont des traîtres , des lâches et les étroits du cerveau sont rentrés dans la combine ! La haine de MACRON sera sans limites !!!!!

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Beauchamps 8 juillet 2024 - 9:15

A quand le prochain 49.3?
A quand la prochaine motion de censure ?
A quand le prochain impôt ( pour les 44% de foyers fiscaux qui en paient ?)

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Jacques Baudouin 8 juillet 2024 - 9:36

Découvrir aujourd’hui que macron est de gauche, c’est oublier toute sa politique depuis 2017 !
Est-ce qu’un Président de droite ou du centre aurait déclaré le « Quoi qu’il en coûte ».
En fait macron est surtout un incompétent !

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Bruno GERMAIN 8 juillet 2024 - 9:44

Analyse impeccable.
Alors, maintenant le foutoir gauchiste avec Mélenchon son clown adoré.
Quant à Macron, le traitre, ça n’est que son narcissisme, se regardant chaque matin dans son miroir en se disant à l’inverse de Talleyrant : « Quand je me regarde, que je suis beau, quand je me compare, que je suis un con. »
Rappel de Talleyrant : « Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console ».

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ORILOU 8 juillet 2024 - 9:53

Après le concert des médiaspronostiquant une victoire écrasante du Rassemblement National et la disparition des Républicains, nous avons assisté aux cocoricos des « on a gagné »… sauf que…après avoir longtemps gouverné la France les deux partis traditionnels que sont les Socialistes et les Républicains se retrouvent avec chacun 67 sièges !
Dommage pour le parti socialiste qui avait l’occasion de commencer sa reconstruction. Les Républicains ont eu raison de garder leur liberté. Si seulement la guerre des chefs pouvaient enfin s’arrêter ! Continuant sa lente progression, le Rassemblement National (un seul CHEF, MARINE et sa famille) se rapproche des 150 sièges. S’il ne fait plus peur, il n’est toujours pas jugé capable de diriger notre pays MAIS il sait faire la liste des préoccupations des Français.
La réforme des retraites aurait été acceptée si elle avait été équitable. Par exemple, prise en compte les carrières longues, fin des régimes spéciaux, etc. Nombreux sont celles et ceux qui disent « tu as ton nombre d’années de cotisation, tu pars en retraite ». Logique non ?
Augmentation du pouvoir d’achat non pas par des blocages de prix et autres gadgets qui ne servent à rien mais par celle DES SALAIRES (pas seulement du SMIC) par la réduction des charges (par exemple CSG censée être provisoire mais qui dure, voire augmente).
Enfin, réduction de l’endettement de la France, du train de vie de l’état, du nombre de fonctionnaires : en quoi le statut de fonctionnaire pour des agents communaux, des aiguilleurs du ciel, des enseignants, etc. améliore-t-il le SERVICE PUBLIC ? Que dire de la SNCF et ses grèves récurrentes ? Quid des fraudes sociales, à elle seule, l’affaire des cartes VITAL qui perdure est scandaleuse. Les Français en ont assez des discours, des envolées lyrique, de nos gouvernements ! S’occuper de problèmes de société pendant que l’industrie disparaît, les prix augmentent et la France importe la plus grosse partie de ce qu’elle consomme ! Les Français veulent du concret !

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Photini 8 juillet 2024 - 10:21

Ah, ah, ah, je rigole. Les politologues, on n’en maque pas en France mais je ne sais pas ce que c’est qu’un politologue, nous ont fait peur avec un RN ayant plus de 300 élus! Tout ça pour ça! J’avais écrit, ici, que se serait un big bang si le RN, avec un scrutin à deux tours, avait la majorité absolue. J’avais donné 200-220 élus… et il n’en aurait que 143. Les « politologues » sont-ils aussi bêtes, ignorants les mathématiques, ou bien l’ont-ils fait délibérément pour faire peur et orienter le vote des Français? Cela dit, ils sont crétins car, s’ils voulaient se débarrasser définitivement du RN, il fallait au contraire pousser pour que le RN ait la majorité absolue et qu’il se crame au pouvoir où il n’aurait rien pu faire, sauf à démontrer sa faiblesse. Ils lui ont enlevé une épine du pied, en l’écartant du pouvoir, et Bardella a dû pousser un soupir de soulagement. Cela va lui donner deux ans pour se préparer pour 2027. Il doit dire merci à tous ces gens-là qui, d’une certaine façon, l’ont protégé!
Je sais ce qu’est un journaliste, un médecin, un avocat, un plombier mais je ne sais pas ce qu’est un politologue à part que, d’après son étymologie, se serait une personne qui parle de politique. Ce qui veut dire que je suis, nous sommes tous, des politologues.

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Razoski 8 juillet 2024 - 10:36

La gauche va rapidement se trouver en conflit pour élire un premier ministre. Encore un pugilat en perspective pour obtenir un pouvoir tellement relatif.
Aucun n’a un vrai programme pour reconstruire notre pays criblé de dettes, une balance commerciale déficitaire.
On va bientôt entendre la demande d’effacement de la dette arlésienne tellement connue lorsqu’aucune contrainte n’est acceptable.
Que ce soient les deux extrêmes, la démagogie n’a été aussi victorieuse.
Son lendemain n’en sera que plus triste.
Aucun n’avance une programme pour réfléchir à l’avenir des jeunes, de nos anciens et enfin d’arrêter les clivages.

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Nicolas de Maistre 8 juillet 2024 - 1:50

Merci pour votre analyse que je trouve sensée, lucide et courageuse. Et ce d’autant plus que cette excommunication du RN (qui est une rente électorale en fait) est reprise de l’extrême gauche jusqu’aux LR, avec lâcheté : je pense aux anciens ténors de Droite ou du Centre Droit comme Villepin, Bertrand, … (trahison de leurs électeurs). Merci de la dénoncer en même temps que le danger que constitue la France Insoumise, contre laquelle un front républicain serait au moins autant justifié. Mais vous avez encore raison : c’est surtout la droite LR qu’on attendait ces dernières années, et elle n’a pas été au rendez-vous.

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