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par Lucas Léger

Exploitation du gaz de schiste en France : entre 42 et 62.000 emplois pourraient être créés

A partir de rapports officiels, l’IREF parvient à la conclusion que l’exploitation du gaz de schiste qu’enferme le sous-sol français pourrait créer entre 42 et 62.000 emplois chez nous.


Plus de 600.000 emplois aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis et au Canada, là où elle a commencé, l’exploitation des gaz de schiste, n’a pas seulement un impact sur les prix, c’est aussi l’emploi dans le secteur industriel qui est reparti à la hausse. Ce secteur n’a pas vraiment connu la crise, bien au contraire. Un organisme spécialisé dans la prédiction économique, IHS Global Insight , rapporte que le développement des gaz de schiste aux Etats Unis a contribué à la création en 2010 de 600 000 emplois directs, indirects et induits. La filière pourrait même créer quelques 270 000 emplois supplémentaires d’ici à 2015.

Toutefois la filière subirait un coup d’arrêt si les investissements déclinaient, car l’intensité capitalistique de ce secteur est considérable. Toujours selon IHS Global Insight, 33 milliards de dollars ont été investis en 2010. Et ces investissements sont sans aucun doute à l’origine des nombreux emplois déjà créés. D’autre part, le salaire moyen par heure dans ce secteur est supérieur à celui de nombreux autres secteurs, la différence pouvant aller jusqu’à 10 $/heure. Cet argent est, en dernière analyse, source de revenus pour l’administration fiscale américaine au niveau fédéral, mais surtout au niveau local.

Au total, les gaz de schiste aux Etats Unis ce sont donc beaucoup d’emplois, d’investissements, un nouveau dynamisme industriel pour la filière du gaz et des salariés en moyenne mieux payés.

62.000 emplois en France

En France, à l’heure où les files d’attentes au Pôle Emploi s’allongent, l’impact sur l’emploi pourrait être très important.

Certes, il existe des différences avec les Etats-Unis. La densité étant plus forte en Europe, il y est plus difficile de multiplier les forages sans risque pour les populations. Ensuite, les modes d’acheminement, surtout en ce qui concerne l’eau, se font par camion aux Etats Unis, où les infrastructures routières sont bien adaptées. Donc l’impact sur l’emploi indirect, sans être négligeable, ne sera pas aussi important qu’aux Etats Unis.

On peut cependant établir un lien entre gaz de schiste et emploi en s’inspirant des travaux de l’Institute of Directors (IoD) en Grande Bretagne. En effet la situation du Royaume Uni étant comparable à la nôtre, on peut utiliser le même mode de calcul qui consiste à établir un rapport entre volumes extraits et emplois.

Le potentiel de production de la filière gaz de schiste en France est estimé à travers les rapports récemment publiés du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Ces Conseils estiment que l’exploitation pourrait atteindre 5.000 milliards de mètres cubes, soit 10 % des réserves repérées. Avec une production de 20 milliards de mètres cubes par an, la France disposerait de 17,2 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), soit 12 % de notre production d’énergie (168 TEP). Comme le secteur de l’énergie emploie actuellement 500.000 personnes (chiffre confirmé par Delphine Batho à la Commission des Affaires Economiques à l’Assemblée Nationale), on peut estimer à environ 62 000 le nombre de création d’emplois pour ce secteur. Ajoutons que cette estimation ne prend pas en compte les emplois que génèrerait l’exploitation de l’huile de schiste, mais dont le volume serait 3 à 4 fois inférieurs à ceux du gaz.

Emplois et investissements

On peut également calculer l’impact sur l’emploi d’une autre façon, en rapportant le capital investi dans la filière aux Etats Unis au nombre d’emplois créés. Évidemment, ce chiffre ne peut-être qu’approximatif puisque le stade de développement est élevé Outre-Atlantique, et embryonnaire en Europe. Cependant il donne une tendance et indique l’emploi potentiel en France dans ce secteur.

Aux Etats-Unis, en 2010, 33 milliards de dollars d’investissement ont abouti à la création de 600 000 emplois. Avant l’interdiction d’explorer en juillet 2011, le groupe Total voulait investir 2,3 milliards de dollars dans la filière des gaz de schiste en France. Observons au passage que ces milliards sont finalement partis alimenter le développement fulgurant du secteur aux Etats Unis. Mais une simple règle de trois, avec les limitations statistiques qu’elle implique, suggère que cet investissement aurait entrainé près de 42 000 emplois directs et indirects.

Cette estimation confirme la précédente, fondée sur les volumes extraits.

Ce dont on est sûr, c’est que le travail dans les gaz de schiste sera à très haute valeur ajoutée. Et quand bien même cet impact serait insignifiant en termes d’emplois, les sommes colossales que sont prêtes à investir certaines entreprises dynamisera sans aucun doute un secteur industriel en fort déclin. Par ailleurs, on ne connaîtra le réel impact sur le marché du travail qu’une fois que l’on aura commencé à forer. Et si le ministère du Redressement productif a pour objectif de relancer notre tissu industriel, peut-être alors devrait-il s’intéresser de plus près à la question des gaz de schiste. Une autre pomme de discorde entre écologistes et industrialistes !

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Messages (9)

Fracturations du sous sol

le 5 octobre 2012, 14:35

Bonjour.

Je fus un grand dans le forage du sous sol, un master comme furent mes oncles ou mon père a son époque, la generation des gens de terrain.

La fracturation est une méthode comme son nom l’indique d’éclatement des couches inferieure pour la création de fissures, ce qui donne comme résultat que ce qui ce trouve a l’intérieur de ces zones liquide ou gaz puisse glisser dans une certaine direction.

Il faut que l’étude géologique soit faite par de très sérieux personnages car ce qui est malheureusement détruit dans le sol, n’a pas la faculté de réparation dans un lap de temps qui a notre échelle est celui de la puce en comparaison de la taille d’un homme.

Le mal va être que la puissance qui faut employer suscite un coup énorme, il est facile de faire deux zone ou puits injecteur et le second récupérateur , la fonction de l’investissement va être tellement important que la distance entre deux puits va devenir plus importante donc génératrice de plus de production gaz et de devises, la pressions en application sur ces couches risque de devenir exponentielle et difficilement maitrisable car qui peut dire dans quelle direction va partir le Frac s’il rencontre une zone faible !!!

Il ne faut pas confier de telle technique à une compagnies sans expériences, actuellement les Usa ont le monopole pour cette technique.

Je me souviens d’une phrase 10 ou 20 ans en arrière au sujet des rigs de forage et du cartel de certaines compagnies, si vous nous voulez vous aller payer.

I you want !!!

Jean Louis

# gaz de shiste

6 octobre 2012, 10:06

les fragmentations se font sous la nappe phréatique, ce qui réduit quasi à néant la crainte de pollution. Toutes les activités humaines comportent des risques (faut-il interdire les automobiles ? et les mines de tous genres). Laissons parler les Experts indépendants avant de renoncer à cette richesse naturelle, que nos voisins ne se priveront pas, eux, d’engranger ?

Gaz de schiste

le 5 octobre 2012, 15:20

Tous ces emplois sans compter les emplois créés dans la médecine pour soigner les maladies engendrées par cette recherche/exploitation, les emplois de fossoyeurs qui suivront, et toutes les économies sur les retraites qui n’auront plus à être versées.

Michel V.

Est-on prêt à tout pour créer des emplois ?

le 5 octobre 2012, 18:58

La réponse est dans la question. La croissance à tout prix est une ineptie qui conduit à la destruction des ressources. Non pas que je sois écolo mais il y a des limites...

Bernard de Vargas

# GAZ DE SCHISTE

6 octobre 2012, 09:14

La finalité de l’exploitation de ces gisements ne se limite pas à la création d’emploi.

Retournons à l’école et appliquons HONNETEMENT cette démarche : thèse,anti-thèse & synthèse.

Il me semble que cette démarche basique & surtout complexe applicable à de nombreux sujets est nécessaire pour sortir de l’obscurantisme généré par l’ignorance.

L’application systématique du"dans le doute abstiens-toi"ne nous aurait pas pousser à maitriser le feu.

CARLIN Gérard

gaz de schiste

le 6 octobre 2012, 08:27

Bonjour,

Je constate une nouvelle fois que iref

serait prête à inciter vers un investissement dans cette activité sans tenir compte de toutes les conséquences à venir et surtout pour

nos enfants et petits enfants comme

vous le déclarez très souvent. Les conséquences sont connues ; c’est une

pollution nouvelle avec tous les gros

chambardements liés à cette activité.

En effet, pour de l’argent, vous êtes

capable du pire ; nous avons connu cela

par le passé mais avons la mémoire

courte.

Il n’y a pas que le fric sur cette

planète.

gaz de schiste

le 7 octobre 2012, 16:22

Va-t-on un jour en sortir de cette frénésie d’épuiser les ressources naturelles à tout prix ?!

Y compris celui de polluer durablement notre sous-sol et tout ce qu’il contient dont l’eau, car c’est plus que hasardeux de croire qu’on peut éviter cela avec les gaz de schiste !

Les rivières sont déjà presque anéanties par les nitrates et les phosphates et même le pyralène ! Et comment pourra-t-on éviter sérieusement le contact des polluants avec les nappes phréatiques ? L’atmosphère est saturée de gaz carbonique qui serait encore émis par les carburants issus du gaz de schiste !

Et les soutiens aux gaz de schistes voudraient nous faire croire que cette exploitation va se faire sans risque ! On croît rêver !

L’avenir appartient entièrement aux énergies réellement renouvelables (et donc non polluantes), même s’il est difficile de les promouvoir compte tenu de leur faible niveau de puissance pour l’instant. Les maisons de l’avenir ne consommeront plus rien en énergie et les véhicules électriques intelligents stopperont net les émission de gaz carbonique et autres polluants ...

Alors, accélérons les recherches pour aller plus loin !

Roulette russe

le 7 octobre 2012, 16:47

"Par ailleurs, on ne connaîtra le réel impact sur le marché du travail qu’une fois que l’on aura commencé à forer."

Malheureusement, on pourrait aussi ajouter qu’on ne connaîtra le réel impact sur les nappes phréatiques qu’une fois qu’on aura commencé à forer...

Et c’est beaucoup plus ennuyeux !

coté noir

le 9 octobre 2012, 14:32

Bonjour

Même si la création de ces emplois est vrais le bilan écologique est si mauvais

que la différence est nul.

emplois - frais de dépolution = 0

Plus possible de boire de l’eau du robinet comme au USA et risque de cancer

majeur avec un polution durable de l’ordre de 20 ans, de plus ces emplois

seront temporaires et réservé à des spécialistes que l’on ne trouve pas en France

Droit de réponse

le 9 octobre 2012, 15:28

Bonjour,

Merci à tous pour vos commentaires. Il semble que le débat, plus passionné que raisonné, sur les gaz de schiste, soit encore d’actualité. Quelques remarques générales afin de replacer le débat dans le contexte, ici, l’emploi.

1/ Les gaz de schiste ne sont peut-être pas la panacée écologique (et ceci reste encore à prouver vu l’ampleur du débat qui a lieu aux Etats Unis), mais la question mérite d’être traitée sous tous ses aspects. À l’IREF, nous avons étudié quelques uns des arguments économiques, nous laissons le débat écologique aux experts de ce domaine. Et se cacher derrière le principe de précaution de façon aussi péremptoire que le fait notre Président ne fait que bloquer le débat.

2/ Cet article, comme vous l’avez remarqué, ne traite absolument pas des questions environnementales. C’est un parti pris de l’IREF. Si vous souhaiter vous renseigner sur les risques environnementaux, nous pouvons vous conseiller quelques lectures, qui vont au-delà de l’analyse partielle d’un metteur en scène américain qui s’est soudainement épris de cette cause.

3/ L’IREF ne se fait pas le chantre de l’exploitation des gaz de schiste en France. Nous souhaitons simplement faire avancer la cause de l’exploration, condition primordiale pour connaître le volume exacte de nos ressources et à quel coût nous pouvons les extraire, tout en minimisant les risques pour l’environnement.

4/ Enfin, un fait qu’il est facile de vérifier, pour les plus curieux. Depuis 5 ans – début de l’exploitation des gaz et huile de schiste aux Etats Unis – les émissions de dioxyde de carbone sont revenues à leur niveau de 1998 aux Etats Unis. Il est donc faux de dire que l’exploitation de ce gaz est corrélée à l’augmentation du dioxyde de carbone. En revanche, pour le méthane, la question doit être tranchée et nous attendons les conclusions de l’agence américaine pour l’environnement (EPA), qui doit rendre un rapport en 2013 sur ce point.

Cordialement,

LL

esperance de gain negative

le 21 juin 2013, 16:16

Bonjour,

Je suis un libéral en économie qui est en général d’accord avec vous.

Avant d’entreprendre il faut calculer l’espérance de gain (le calcul mathématique est le suivant : la probabilité de gain multiplié par les gains MOINS la probabilité des pertes multipliée par les pertes)

Dans le cas du gaz de schiste comme les pertes environnementales pour notre pays sont quasiment infinies, l’espérance de gain pour notre pays est largement négative quelle que soit les probabilités de gain à cours terme. IL NE FAUT PAS EXPLOITER LE GAZ DE SCHISTE mais se lancer dans une veritable transition énergétique.

Dominique JACOB