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France : hausse des dépenses publiques, baisse du niveau de vie

« 40 ans d’égarements économiques », de Jacques de la Rosière

mercredi 24 février 2021, par Alain Mathieu

Pourquoi la France est-elle passée depuis 1975 du 5ème au 26ème rang mondial pour le niveau de vie (PIB par tête) ? La réponse est d’une étonnante simplicité : parce que la France n’a pas maîtrisé ses dépenses publiques.

Ayant posé la question, nul n’était plus qualifié que Jacques de la Rosière pour y répondre.

Il a dirigé le cabinet du ministre des Finances, la Direction du Trésor, la Banque de France, et conseillé le président de la BNP. Il connaît bien la France.
Il a dirigé le FMI à Washington pendant six ans, la BERD à Londres pendant cinq ans, conseillé la China Development Cy. Son point de vue est international.

Il constate que la différence avec l’Allemagne est de 10 points de PIB, principalement sur la rémunération des fonctionnaires et ensuite sur les dépenses de retraite. Cette différence de dépenses publiques est financée par des prélèvements sur les entreprises qui les empêchent d’être compétitives.

Jacques de la Rosière n’entre pas dans le détail des solutions, car il sait bien que l’essentiel dépend de la volonté du Président de la République, confirmée par des élections, et qu’il suffit de puiser dans une dizaine d’exemples de pays développés pour trouver les moyens de réduire nos dépenses publiques.
Il insiste cependant sur deux erreurs majeures faites par nos dirigeants. La première est la fausse décentralisation faite par la France depuis 1982. Elle n’a abouti qu’à augmenter les effectifs des fonctionnaires locaux sans diminuer ceux de l’Etat. A ses yeux une véritable décentralisation est nécessaire, comme celle pratiquée par les Etats fédéraux, où des fonctions comme la Santé et l’Education sont remplies par les collectivités locales. On y constate une meilleure gestion des fonctionnaires.

Sur les dépenses de retraite, son opinion est ferme et originale. Il critique sévèrement la réforme des retraites votée l’an dernier par l’Assemblée nationale. Pour lui, sous le prétexte d’unification de notre quarantaine de régimes de retraite, l’Etat « met la main » sur 170 milliards de réserves accumulées par des régimes qui fonctionnent bien, comme ceux des médecins et des avocats. Cette réforme est difficile à expliquer et se heurtera à des oppositions très organisées, comme celles des cheminots et électriciens. Il préfère une réforme compréhensible : le retour à la retraite à 65 ans. Cet âge est celui de tous les pays voisins, certains passant même à 67 ans. Cette réforme est justifiée par l’allongement de l’espérance de vie. Elle est équitable, puisqu’identique pour tous les Français, y compris ceux qui bénéficient des régimes spéciaux. Il ajoute qu’avec la retraite par répartition on n’évitera pas une baisse des pensions et qu’il n’y a qu’une façon efficace de la combler : en développant des « formes additionnelles de retraite par capitalisation ».

Enfin « il faut absolument éviter de s’installer dans la facilité et la fuite en avant » comme on le fait actuellement en recourant massivement à l’endettement public pour relancer l’économie après le Covid. Cette « fuite en avant conduirait à une chute accélérée et à un déclin inéluctable de notre pays ».

Une leçon de bon sens, par un homme de qualité qui mériterait d’être lu et suivi.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Chroniques-de-livres/article/France-hausse-des-depenses-publiques-baisse-du-niveau-de-vie

Vos commentaires

  • Le 25 février à 09:21, par Ba En réponse à : Encore un bouquin d'étatiste

    "Il préfère une réforme compréhensible : le retour à la retraite à 65 ans. Cet âge est celui de tous les pays voisins, certains passant même à 67 ans. Cette réforme est justifiée par l’allongement de l’espérance de vie. Elle est équitable, puisqu’identique pour tous les Français, y compris ceux qui bénéficient des régimes spéciaux."

    En désaccord complet avec ça. Dans le monde actuel, si le système était libéral, on n'aurait aucun besoin de travailler autant et aussi longtemps.
    Surtout la seule justice en la matière est que chacun soit libre d'organiser sa vie comme il l'entend. Il n'y a rien d'équitable ou de juste à mettre tout le monde à la même enseigne, d'une part parce que la retraite relève de la liberté individuelle, d'autre part parce que derrière il y a une infinité de situations individuelles qui existent.

    Peu importe ce qui est fait dans les autres pays : si demain les autres pays se mettent à zigouiller toutes les femmes blondes, il faudra faire pareil en France sous prétexte que c'est fait comme ça à l'étranger ? Il faut vraiment arrêter avec ce genre d'arguments. Surtout qu'il est le même que pour justifier l'abomination des confinements (c'est fait à l'étranger donc il faut le faire en France). Donc cet argument n'a aucune valeur.

  • Le 25 février à 09:36, par JL Syren En réponse à : Encore un donneur de leçons

    Quand on voit le parcours de J de la Rosière on ne peut qu'admirer sa contribution aux dépenses publiques et le train de vie de la Banque de France qu'il a dirigée, à lui seul,aurait mérité un meilleur contrôle. Faites ce que je dis etc.

  • Le 25 février à 14:19, par Teisserenc En réponse à : Du bon sens ? Oui...

    mais que c’est vulgaire pour un Français !
    C’est tellement évident ce qu’il expose.
    Cependant n’est-ce pas aussi que l’augmentation du PIB n’a pas suivi celle de la population ?
    Tout cela est plus complexe que ce que laisse entendre cet article.

  • Le 25 février à 14:43, par Roullé En réponse à : Deux objections votre honneur.

    Nous n'avons pas la même notion de l'équité. Trouver équitable un âge de départ identique pour tous alors que l'Espérance de Vie Sans Incapacité est différente de dix ans, fallait oser.
    Laisser sous silence que l'augmentation annuelle moyenne de la population depuis 1975 est de 350 000 alors que la croissance est faible, fallait oser.
    Cordialement.

  • Le 25 février à 16:19, par Edouard En réponse à : Mandarin de la Chine impériale

    Très pertinent mais c'est 40 ans durant lesquelles cette personne était quand même aux affaires. Cela me fait penser aux mandarins de la Chine impériale condamnant le déclin dont ils sont eux-mêmes en partie responsables.

  • Le 25 février à 18:20, par AlainD59 En réponse à : Les hauts fonctionnaires bons donneurs de leçons

    M. de Larosière ne se contredit il pas en disant que les électriciens et cheminots seront contre la réforme( ils ont déjà largement montré leurs muscles) et en même temps vouloir que l'âge de départ soit 65 ans pour tout le monde. Je lui propose de faire rentrer les bénéficiaires de régimes spéciaux -largement déficitaires - dans le moule du régime général si le coeur lui en dit. D'autres ont plus ou moins essayé...

  • Le 28 février à 10:32, par Claude GOUDRON En réponse à : France : hausse des dépenses publiques, baisse du niveau de vie

    En 2018 j’ai écrit un livre "Quarante ans de nullité économique" qui dénonçait les dérives d’un Pays, la France, qui, au nom d’un égalitarisme malsain, nous a mener à la situation actuelle.
    Nous travaillons 30% de moins que nos voisins allemands, c’est peut-être une option mais il faut accepter d’avoir un niveau de vie 30% moins élevé !
    La retraite à 62 ans est également une option mais à condition d ’accepter une retraite mensuelle bien plus faible !
    on peu constater que ce n’est pas le cas, pour maintenir le train de vie des Français nos gouvernants ont ponctionné à outrance nos entreprises avec comme résultat prévisible notre perte de compétitivité et la perte de 50% de notre industrie depuis l’an 2000 et donc des rentrées fiscales en fortes baisses et il arrive un moment où l’on ne peut indéfiniment augmenter les prélèvements obligatoires dont nous sommes actuellement champion du monde.
    Qu’à cela ne tienne, nos dirigeants ont trouver la parade en empruntant à outrance, jusqu’à l’overdose sacrifiant ainsi l’avenir de nos enfants et petits enfants.
    Le Français est devenu un fainéant et un lâche et il ne va pas tardé à le payer très cher.

    C. GOUDRON

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