PLF 2027 : le gouvernement promet des économies, les contribuables reçoivent la facture

Temps de lecture : 3 minutes

La dépense publique continue d’augmenter et environ 60 % de l’effort structurel repose sur des prélèvements supplémentaires. L’IREF dénonce un budget qui sollicite davantage les contribuables qu’il ne réforme l’action publique.

Malgré les économies annoncées, la dépense publique continuera de progresser en 2027, y compris après correction de l’inflation : +0,6 % en volume, selon les propres prévisions du gouvernement. Parallèlement, le Haut Conseil des finances publiques évalue l’effort structurel à 28 milliards d’euros, dont 17 milliards de recettes nouvelles et 11 milliards d’effort en dépenses. Autrement dit, 60 % de l’effort repose donc sur des prélèvements supplémentaires. Pour l’IREF, cette répartition révèle la faiblesse centrale du budget : le réflexe fiscal continue de prendre le pas sur la réforme de la dépense publique.

« La dépense publique continue d’augmenter et le gouvernement demande 17 milliards supplémentaires aux contribuables pour 11 milliards d’effort en dépenses. Sa priorité se lit dans ces chiffres : prélever davantage, améliorer les moyens de l’Etat plutôt que la vie des citoyens. Changer le vocabulaire ne changera pas la facture. La France a besoin d’un gouvernement qui sache choisir les dépenses auxquelles il renonce, pas seulement les contribuables qu’il sollicite. On ne peut pas demander indéfiniment à ceux qui travaillent, entreprennent et investissent de financer le courage politique qui manque », déclare Erwan Le Noan, directeur général de l’IREF.

54 milliards d’effort annoncés ne signifient pas 54 milliards de dépenses en moins.

Le gouvernement calcule ses 54 milliards d’effort en comparant son budget à un scénario dans lequel aucune mesure de redressement ne serait prise. Ce montant additionne notamment des recettes supplémentaires et des dépenses qui augmenteraient moins vite que prévu. Il ne signifie donc pas que les administrations publiques dépenseront 54 milliards de moins qu’en 2026.

La réalité est simple : le total des dépenses publiques continuera d’augmenter.

L’IREF demande au gouvernement de présenter clairement, pour chaque mesure, ce qui relève d’une baisse effective de dépenses, d’un ralentissement de leur progression ou d’une augmentation des prélèvements. Les Français ont droit à un budget lisible.

Le réflexe fiscal a un coût économique

Pire encore : les prélèvements obligatoires continueront d’augmenter, alors que la France est déjà aux sommets parmi les pays de l’OCDE !

Comme l’a maintes fois souligné Jean-Philippe Delsol, le président de l’IREF, ils auront pour effet de réduire les ressources disponibles pour consommer, épargner, investir ou embaucher. Pour ceux qui touchent les entreprises, leur coût se transmettra aux salariés, aux clients et aux fournisseurs.

Pour l’IREF, solliciter encore l’économie productive sans transformer suffisamment la dépense entretient une impasse : on fragilise les moteurs de croissance dont dépend aussi le financement des services publics. À force de chercher de nouvelles recettes fiscales, on finit par décourager ceux qui créent les revenus à taxer.

Les économies doivent être durables, documentées et assumées

L’IREF reconnaît l’existence d’un bien modeste effort en dépenses. Il déplore sa place minoritaire dans l’effort structurel et demande que le débat parlementaire corrige cette orientation.

Réformer exige des choix explicites : supprimer les dispositifs inefficaces, réduire les doublons administratifs, revoir les missions qui ne justifient plus leur financement public et améliorer l’organisation des grandes dépenses sociales. Les retraites et la santé doivent faire partie de cet examen, avec une protection ciblée des plus fragiles.

Un gel peut aider à boucler une année. Une réforme doit permettre de financer les suivantes.

L’IREF appelle les parlementaires à porter trois exigences :

  • Faire reposer la majorité du redressement sur des économies durables, en substituant aux prélèvements supplémentaires des mesures documentées et chiffrées.
  • Conditionner le maintien des dispositifs de dépense à des résultats évalués, avec un calendrier de révision et de suppression lorsqu’ils sont inefficaces.
  • Rendre compte publiquement de l’exécution des économies, pour comparer les objectifs annoncés aux résultats obtenus.

À l’approche de l’élection présidentielle, reporter les décisions difficiles serait une nouvelle faute. Le redressement des finances publiques exige de dire quelles dépenses seront réduites, comment et dans quels délais.

La réforme de l’État ne peut pas se résumer à de nouvelles lignes sur la feuille d’impôt.

Entretiens presse

L’IREF propose aux journalistes des entretiens avec Erwan Le Noan, directeur général, sur les orientations du budget et les réformes à engager, ainsi qu’avec les économistes de son réseau, notamment Pierre Bentata, François Facchini, Pierre Garello et Nathalie Janson, pour analyser les finances publiques, les conséquences économiques des mesures annoncées et les alternatives au recours accru à la fiscalité.

 

Une réponse

  1. Quand chez un politique la baisse ou la suppression d’un impôt est qualifié de « dépense » pour l’Etat, il ne faut pas s’étonner qu’une « économie » corresponde à une augmentation d’impôt …

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