Les 500 fortunes françaises qui auraient grandi beaucoup plus vite que le patrimoine du reste des Français ? Encore une intox made in Zucman…

Temps de lecture : 10 minutes

Alors que la revue Challenges publie son classement annuel des 500 plus grandes fortunes françaises, la comparaison entre ces patrimoines colossaux et le PIB national refait surface.

Atlantico – Vous semble-t-il exact de dire que les « 500 plus grandes fortunes françaises » ont proportionnellement plus progressé que le patrimoine moyen des Français ces dernières décennies ?

Jean-Philippe Delsol : Oui, il est exact que les grandes fortunes ont connu ces dernières décennies des niveaux de progression sensiblement plus élevés que la moyenne des patrimoines. Depuis 1996, observe La revue Challenge, le patrimoine des 500 fortunes professionnelles a été multiplié par 14 (inflation comprise). En 1996, il fallait afficher une fortune de 14 millions d’euros pour être le 500ème, en 2025, ce chiffre a été multiplié par 17,5 : il se monte désormais à 245 millions.

Cette envolée des fortunes s’explique par de nombreux facteurs liés à la révolution numérique qui a créé de grandes fortunes comme la révolution industrielle en a créé au XIXème siècle. Parce que le numérique a permis de multiplier les innovations dans touts les domaines. Mais il y a eu aussi un mouvement de concentration des entreprises qui été accompagné par l’émergence depuis les années 1970 des fonds d’investissement. Et ces fonds ont eu un rôle important pour aider les PME à améliorer leur productivité, leur rentabilité et leur valorisation.

Mais cette évolution a tiré l’ensemble de l’économie et des revenus vers le haut. Après la chute du mur de Berlin la mondialisation a ouvert  les échanges à des marchés immenses qui ont tout à la fois permis de favoriser la croissance des firmes internationales et de diminuer la grande pauvreté de plus de 40% à moins de 10% dans le monde.

Thomas Carbonnier : Ce sujet mérite qu’on débouche la bouteille de vérité pour noyer les bulles de l’intox Zucman !

Réponse courte : C’EST COMPLIQUÉ. Réponse longue : Sortez le champagne, on va trinquer aux vrais chiffres !

Imaginez que vous compariez deux bouteilles de champagne : une Moët & Chandon 1998 et une cuvée prestige 2024. La seconde vaut 10 fois plus cher. Scandale ? Non ! La première a été bue depuis longtemps, remplacée par d’autres bouteilles, certaines se sont transformées en vinaigre, d’autres ont explosé à la cave…

C’est exactement le problème du classement Challenges des « 500 fortunes » !

Regardons les données de l’INSEE sur le patrimoine net des ménages français :

• 1998 : environ 4.400 milliards d’euros

• 2023 : environ 13.000 milliards d’euros

• Multiplication par 2,95

Le classement Challenges des 500 fortunes ?

• 1996 : environ 110 milliards d’euros cumulés

• 2024 : environ 1.000 milliards d’euros

• Multiplication par 9

MAIS ATTENTION ! Comparer ces deux chiffres, c’est comme comparer votre cave à champagne personnelle (où vous buvez, remplacez, cassez des bouteilles) avec l’inventaire théorique d’un caviste qui affiche toujours « les 500 meilleures bouteilles du moment » !

Le classement change constamment de participants ! Des 100 premières fortunes de 1996, moins de 30% sont encore dans le Top 100 aujourd’hui. Les autres ? Transmises (droits de succession 45% !), diluées entre héritiers, expatriées, ou volatilisées (faillites, crises).

Si cette affirmation est exagérée ou inexacte, quelles données ou études permettent de la nuancer ?

Thomas Carbonnier : Débouchons le magnum des VRAIS chiffres, ceux qui pétillent de rigueur méthodologique !

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