Hausse du taux de pauvreté : le socialisme ne fonctionne pas

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Karl Marx

Le 7 juillet, l’Insee a publié de nouveaux chiffres alarmants : le taux de pauvreté en France a atteint 15,4 % de la population en 2023, soit une hausse de 0,9 point en un an. C’est le niveau le plus élevé jamais observé depuis 1996. Le seuil de pauvreté, rappelons-le, correspond à 60  % du niveau de vie médian de la population, soit 1 288 euros par mois pour une personne seule. Les plus concernés sont les agriculteurs, les artisans, les commerçants, les chefs d’entreprise, les ouvriers et les employés. Les auteurs de l’étude expliquent cette situation par « la non-reconduction des mesures exceptionnelles de soutien au pouvoir d’achat mises en place en 2022 ». Est-ce à croire qu’il faudrait plus de redistribution ?

La pauvreté, une notion relative avant tout

La pauvreté n’est pas un concept absolu : elle dépend tout d’abord du contexte économique dans lequel on se trouve. Le pauvre moyen de 2023 n’a rien à voir avec le pauvre moyen d’il y a deux siècles. Si on compare leurs conditions de vie, le premier est objectivement bien plus riche – il dispose d’eau potable, il a accès à des infrastructures sanitaires, au chauffage, aux soins, à la scolarité, à un téléphone portable… Pourtant, parce qu’il gagne moins que la médiane actuelle, il est considéré comme « pauvre » dans les statistiques.

Le seuil de pauvreté retenu en France – 60 % du revenu médian – ne doit pas occulter le fait qu’une société plus égalitaire, mais stagnante, peut afficher un taux de pauvreté relativement élevé, alors qu’un pays plus inégalitaire, mais prospère, a un taux plus faible dès lors que les revenus augmentent plus vite que les écarts (comme aux États-Unis). L’indicateur pertinent est en réalité la pauvreté extrême – ne pas pouvoir manger à sa faim, ne pas pouvoir accéder à l’eau potable, à des infrastructures sanitaires, etc. À échelle mondiale, le progrès est incontestable : selon la Banque mondiale, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a diminué de 1,5 milliard depuis les années 1990. En l’espace de 25 ans, nous sommes passés d’un taux de 36 % à un taux de 10 %. Une victoire que l’on ne doit pas à la redistribution, mais à la liberté économique et à la mondialisation. C’est pour cette raison que des économistes comme Art Carden affirment, avec un certain goût pour la provocation, qu’il n’y a plus de pauvres aux États-Unis aujourd’hui : on est considéré comme pauvre avec moins de 24,55 dollars par jour, alors qu’en Éthiopie, la limite est fixée à 2,04 dollars.

Pourquoi le socialisme ne permet pas de sortir durablement de la pauvreté

À entendre certains responsables politiques, cette hausse du taux de pauvreté en France serait la preuve que l’État n’en fait pas assez. La solution serait donc d’augmenter les aides sociales, de renforcer la redistribution, d’alourdir les impôts sur les plus aisés. C’est oublier que la France est le pays le plus redistributif de l’OCDE. Le taux de prélèvements obligatoires représente 45,6 % du PIB en 2023, contre 40 % en moyenne au sein de l’UE. Contrairement à ce qu’affirment les socialistes, les plus aisés sont largement mis à contribution : toujours en 2023, les ménages qui appartiennent au dixième décile payaient 15 298 € d’impôt sur le revenu net en moyenne, contre 190 € pour le sixième décile. De la même manière, selon l’INSEE, le revenu des ménages les plus aisés est 18 fois supérieur à celui des plus pauvres avant transferts, et il n’est plus que de 1 à 3 fois supérieur après transferts du fait de la redistribution dite élargie (pensions de retraites, allocations chômage, services publics individualisables ou collectifs, etc.).

Comment expliquer que les politiques de redistribution ne parviennent pas à faire reculer la pauvreté ? Comme nous l’enseigne l’économiste Frédéric Bastiat, il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Ce qu’on voit, c’est que la redistribution réduit les inégalités économiques ; ce qu’on ne voit pas, c’est qu’elle encourage la dépendance, décourage le travail et étouffe la prise de risque. La position des libéraux est claire : la lutte contre la pauvreté ne peut pas reposer indéfiniment sur des transferts sociaux. Ce n’est pas en donner aux uns ce que les autres ont produit que l’on résout durablement le problème de la pauvreté, mais en créant les conditions pour en sortir : par la liberté d’entreprendre, par la création d’emplois, par l’investissement privé…

Le cas de l’Argentine

L’Argentine a prouvé que dans un pays ruiné par des décennies de socialisme, le choix libéral fonctionne. En 2023, le pays s’enfonçait dans la crise : inflation à 211,4 %, taux de croissance négatif (- 1,6 % du PIB), dette publique à 155,4 % du PIB, taux de pauvreté à 52,9 %, extrême pauvreté à 18,1 %… Javier Milei a choisi de réduire drastiquement les dépenses publiques, de libérer l’économie (logement, travail, énergie, transports…) et de restaurer la stabilité monétaire. Ses réformes ont aussi consisté à lever le contrôle des taux de change, à dollariser l’économie et à redonner confiance dans le système bancaire.

Dès la fin de la première année de son mandat, il est parvenu à faire reculer la pauvreté de près de 15 points (de 52,9 % à 38,1 %) et à diviser l’extrême pauvreté par deux (de 18,1 % à 8,2 %). En 2025, l’inflation n’est plus que de 20 %, la croissance s’élève à 5,5 % du PIB et la dette publique ne représente plus que 73,1 % du PIB. Cela n’empêche toutefois pas certains médias d’extrême gauche de le présenter comme un dictateur réactionnaire qui appauvrit sa population.

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4 réponses

  1. Demandez à l’IA, elle vous répondra que 55% de la population active contribue directement à la création de richesses. Faites grimper ce taux à 70% et vous aurez réglé la plus grosse partie du problème…
    Mais cela sonne très mal dans les oreilles des profiteurs de la redistribution, ceux qui reçoivent et ceux qui en font leur miel politique!

  2. Le critère de pauvreté retenu – 60% du revenu médian – ne donne aucune base de comparaison sur le niveau de vie entre différents pays alors que le niveau de Parité de Pouvoir d’Achat est beaucoup plus pertinent et soigneusement évité

  3. Accessoirement, si on importait moins de pauvres destinés à le rester pour la plus grande joie des ONG pleureuses qui se gavent en subventions, ce qui permet aussi de faire vivre les parasites qui les composent ?

  4. Au contraire, le socialisme fonctionne très bien. Mais il faut d’abord avoir compris que la pauvreté est le fond de commerce des socialistes. Augmenter la pauvreté c’est le meilleur moyen d’assurer leur reélection… et ça ils savent très bien le faire!

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