Et les trois pires mesures du Budget 2026 sont…

Temps de lecture : 2 minutes

Jean-Philippe Delsol dans Atlantico

L’exécutif affiche l’objectif d’un déficit public ramené à 5 % du PIB, présenté comme un cap de sérieux budgétaire. Mais derrière cette promesse se dessine un texte fragile, reposant sur des hypothèses macroéconomiques optimistes et un recours accru à la fiscalité plutôt qu’à des réformes structurelles. Hausse de la CSG sur l’épargne, surtaxe durable sur les grandes entreprises, effort de défense jugé insuffisant : le budget apparaît moins comme une stratégie de redressement que comme un exercice d’équilibrisme politique, au risque de fragiliser l’investissement, la compétitivité et la crédibilité financière et stratégique de la France.

Atlantico – Le gouvernement doit présenter son texte final du budget prochainement. Sébastien Lecornu annonce, « sincèrement », un déficit public à 5% du PIB. Faut-il penser que cet objectif est tenable ? Quelles sont, selon vous, les pires mesures de ce budget ?

Jean-Philippe Delsol : Cette mesure frappe directement les revenus du capital. La contribution de solidarité (ajoutée à la CSG) sur certains revenus du capital passera de 7,5 % à 8,9 %, portant les prélèvements sociaux totaux sur ces revenus à 18,6 %. Le prélèvement forfaitaire unique passerait de 30 % à 31,4 %, et jusqu’à 35,3 % pour les revenus très élevés.

L’épargne retraite, comme le PER, est concernée : les actifs paient donc à la fois pour financer les retraites actuelles et sur leur propre épargne. D’après les analyses de l’IREF, la fiscalité globale du capital peut être considérée comme quatre fois supérieure à celle du travail. Cela tient compte du cumul de tous les prélèvements — impôts et cotisations sociales — et montre que la charge sur le capital devient disproportionnée par rapport au travail. C’est un facteur qui pèse sur l’incitation à investir et sur l’épargne.

Le maintien de la surtaxe IS à 8 Md€ frappe surtout les entreprises exportatrices et innovantes. Quels sont les risques pour la compétitivité française à court et moyen terme ?

Jean-Philippe Delsol : Cette surtaxe, dont le rendement serait de 7 à 8 Md€, ne touche pas les petites et moyennes entreprises, mais les très grandes, celles dont le chiffre d’affaires dépasse un milliard, voire trois milliards d’euros. Le taux effectif d’IS pour ces entreprises peut atteindre plus de 36 %, ce qui réduit la part du bénéfice distribuable. Ces sociétés représentent une part importante des exportations et de la R&D. La surtaxe pèse donc directement sur l’investissement, la croissance et l’emploi, tout en fragilisant la compétitivité.

Quels risques cette fiscalité accrue fait-elle peser sur l’économie à court terme ?

Jean-Philippe Delsol : Dans un monde ouvert, les investisseurs et chefs d’entreprise peuvent déplacer leurs capitaux à l’étranger. L’immobilier aussi : acheter en Belgique, au Luxembourg ou en Italie peut devenir plus attractif. Cela ne se traduit pas immédiatement par des pertes d’emploi, mais l’état d’esprit économique se dégrade : on investit moins, la R&D ralentit, et la France devient un pays où il faut réfléchir avant d’investir. La surtaxation affecte indirectement la croissance.

Et concernant la défense, le budget est-il suffisant face aux enjeux géopolitiques ?

Jean-Philippe Delsol : Non. Même avec l’augmentation prévue, le budget militaire reste insuffisant. La France accuse un retard significatif en équipements et capacités. Pour rattraper ce retard, il faudrait des hausses beaucoup plus importantes. C’est un enjeu européen autant que français.

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7 réponses

  1. Une fois de plus la preuve est sous nos nez, le mode politique et celui de la haute publique n’est plus qu’un monde d’escrocs et je pèse mes mots. Malheureusement si je regarde les listes électorales pour les prochaines élections locales et nationale je ne vois aucune porte de sortie pour la France. Voter pour qui ?!! entre la peste et le choléra le chois est difficile d’autant que les votes blanc ou nul ne sont toujours pas reconnus. Faut-il alors encore se déplacer et perdre son temps pour que toute cette mafia puisse continuer à s’amuser sur le dos des autres devenus minoritaires face à tout ce monde dépendant directement ou indirectement des fonds publics et de la Dette. En lieu et place des élections un grand coup de balais bien plus énergique serait nécessaire pour sauver la France.

    1. Il y a encore des bons Maires ,ils ne sont pas la majorité .L’important sera le Choix du Président de la République (le poisson, pourrit par la tête ) , il y a un homme qui se détache du lot c’est François Asselineau /UPR , mais les médias ne lui donnent jamais la parole ,il connait trop bien ses dossiers ,et parce qu’ils sont aux ordres ,aussi bien Médias publics que privés .

  2. La dégradation des finances de la France depuis 2017 n’est pas une vue de l’esprit et je me demande si, pour être aussi incompétents, il n’y aurait pas une volonté de ruiner la France

    1. Il n’y a, en tout cas, certainement pas une envie de la sauver.

      Rappelons que ceux qui nous gouvernent actuellement n’ont, entre autres, que les mots « souveraineté européenne » et « réconciliation avec l’Algérie » à la bouche, ce qui signe un mépris profond pour les intérêts souverains de la France.

  3. Quand une entreprise,( donc des gens qui travaillent ) gagne de l’argent l’état s’en réjouit car c’est bon pour la France ….. non non non, vous n’avez rien compris, nos intelligents hommes politiques ont bien compris, eux :Ils vont pouvoir mettre des taxes en plus ….. jusqu’à ce qu’ellle dépose son bilan ou délocalise, ou débauche !!!

  4. Il y a encore des bons Maires ,ils ne sont pas la majorité .L’important sera le Choix du Président de la République (le poisson, pourrit par la tête ) , il y a un homme qui se détache du lot c’est François Asselineau /UPR , mais les médias ne lui donnent jamais la parole ,il connait trop bien ses dossiers ,et parce qu’ils sont aux ordres ,aussi bien Médias publics que privés .

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