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Censure, iconoclasme et hypocrisie morale

Beaucoup en Occident oublient que les événements passés et le patrimoine culturel doivent être compris dans leur cadre historique et non pas jugés par les normes, les règles et les croyances d’aujourd’hui. Même des historiens cèdent à cette déformation intellectuelle, qui ne se distingue guère de celle qui animait les talibans lorsqu’ils ont détruit les statues de Bouddha. Car malheureusement, notre approche du passé est devenue de plus en plus critique : elle mêle une attitude hypocrite de « bénéfice du recul » à une arrogance morale dans l’évaluation des événements et des personnalités des époques révolues. Une telle « histoire » devient un outil politique. Cela peut être considéré comme une forme d’iconoclasme intellectuel.

Iconoclaste est un mot grec qui désigne une personne détruisant une image. Son utilisation remonte à l’empereur byzantin Léon III (717-741), qui a interdit les images religieuses. Les iconoclastes d’aujourd’hui sont des fanatiques qui détruisent des objets du patrimoine historique pour des raisons politiques ou religieuses.

En mars 2001, le chef des talibans, le mollah Mohammed Omar, a ordonné la destruction de deux statues monumentales de Bouddha, datant du VIe siècle, dans la vallée de Bamiyan en Afghanistan. Cet acte barbare de fanatisme religieux a choqué le monde et a été condamné à juste titre. Aujourd’hui, cependant, beaucoup s’abstiendront de critiquer de tels gestes de peur d’offenser les sensibilités religieuses des islamistes. La destruction des bouddhas de Bamiyan est impardonnable. Les statues, sculptées en 507 et 544, étaient antérieures à l’islam. À l’époque, le bouddhisme était la religion dominante dans la région.

En 1966, Mao Zedong a lancé une opération de masse brutale et radicale en Chine pour remodeler la perception de l’Histoire dans le pays. Pendant une décennie, sous le nom de Révolution culturelle, le Parti communiste chinois a assassiné des centaines de milliers de personnes et détruit d’innombrables monuments historiques et œuvres d’art. L’iconoclasme, expression du fanatisme, existe aussi aujourd’hui, bien que les Européens et les Américains aient tendance à associer le phénomène au passé non civilisé et aux mouvements radicaux lointains tels que lceux des talibans ou des maoïstes.

Beaucoup en Occident oublient que les événements passés et le patrimoine culturel doivent être compris dans leur cadre historique et non pas jugés par les normes, les règles et les croyances d’aujourd’hui. Même des historiens cèdent à cette déformation intellectuelle, qui ne se distingue guère de celle qui animait les talibans lorsqu’ils ont détruit les statues de Bouddha. Car malheureusement, notre approche du passé est devenue de plus en plus critique : elle mêle une attitude hypocrite de « bénéfice du recul » à une arrogance morale dans l’évaluation des événements et des personnalités des époques révolues. Une telle « histoire » devient un outil politique. Cela peut être considéré comme une forme d’iconoclasme intellectuel.

L’opposition à l’inclusion d’une référence à Dieu dans la Constitution européenne était iconoclaste dans son radicalisme. Plus l’Europe niera son passé chrétien, plus les groupes radicaux s’enracineront. La xénophobie peut rapidement devenir la norme et la laïcité pourrait dégénérer en intégrisme et en intolérance.
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