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Risques de famine : il y a une solution

par Patrick Simon
Les Etats Unis en première place, la France en deuxième, sont les plus gros producteurs-exportateurs de blé dans le monde. Or la guerre en Ukraine a fait apparaître une chose que beaucoup ignoraient jusque-là : l’Ukraine et la Russie figurent depuis longtemps parmi les exportateurs de blé.

J’en ai eu la révélation par le contentieux maritime. Cela fait des années que je vois des navires charger ce type de cargaisons depuis des ports ukrainiens, russes, bulgares ou roumains sur la mer Noire à destination du Soudan, de l’Egypte, du Kenya et même de l’Ethiopie. En effet, depuis la chute du communisme, la collectivisation de l’agriculture a cessé et, comme par hasard (mais ce n’est nullement un hasard), ces pays ont retrouvé leurs paysans propriétaires et exportent depuis plus de 30 ans vers l’Afrique de l’Est qui a cessé de s’approvisionner en blé français ou américain.

Pourquoi ce succès ? D’abord parce que les céréales qui viennent des pays de l’Est sont de bonne qualité, les conditions climatiques étant favorables, et surtout parce que le prix est beaucoup moins élevé, donc beaucoup plus accessible pour ces pays pauvres. Il faut savoir que le prix français est au-dessus du prix mondial d’au moins 30%, ce qui faisait l’objet autrefois de restitutions communautaires versées par l’Union européenne aux exploitants agricoles français. Aujourd’hui la guerre en Ukraine a un effet immédiat : ce pays ne peut plus récolter son blé à cause de l’invasion russe,  et va même jusqu’à détruire ses propres semences pour que l’armée de l’envahisseur n’en prenne pas possession. C’est la politique de la terre brûlée que les Russes ont eux aussi pratiquée du temps de l’invasion napoléonienne. Quant à la Russie, elle ne peut plus exporter non plus à cause des sanctions internationales. Or ces deux pays représentaient presque le tiers des exportations mondiales de blé. Cela ne laisse plus que la Bulgarie et la Roumanie, encore libres de charger leurs produits sur des navires au port de Constantza et de Varna mais, vu ce qui reste des terres cultivables dans cette zone, le volume se trouve considérablement réduit et par voie de conséquence, les prix inévitablement montent..

C’est là que la France a une carte à jouer. Certes le blé français est plus onéreux que le blé ukrainien ou russe mais, comme la pénurie pourrait être à l’horizon si la guerre se prolonge, les prix mondiaux augmentent, ce qui les rapproche des prix français toujours supérieurs. Or les céréaliers français, traditionnellement, nourrissent une bonne partie de l’Afrique : l’Afrique de l’Ouest francophone bien sûr, mais aussi l’Afrique de l’Est anglophone qui autrefois, du temps où le communisme sévissait en Russie et en Ukraine paralysant la production, s’approvisionnait chez nous. Si les prix montent à cause du risque de famines en Afrique et de l’augmentation mécanique de la demande, c’est aussi le cas pour les autres produits agricoles (maïs, orge, colza, engrais, huile de tournesol, etc…). La conséquence est que les prix des viandes, du lait, du beurre augmentent aussi puisque les produits que je viens d’énumérer font partie de l’alimentation animale et alourdissent les frais.

Il n’existe qu’une solution à ces problèmes : pour empêcher l’envolée des prix ou au moins la réduire, il faut augmenter la production. L’agriculture française peut le faire pour plusieurs raisons.

  1. Elle a la surface et la taille requises et peut cesser de laisser en jachère certaines terres.
  2. Elle a une expertise reconnue mondialement en la matière, le pain français comme la farine étant considérés comme les meilleurs.
  3. Son absence de compétitivité en matière de prix pour vendre aux pays pauvres se réduit actuellement du fait que les prix mondiaux flambent et atteignent, voire dépassent, les prix français.
  4. La menace de pénurie, qui influe sur les prix, rend relativement accessoire ou mineur le prix du transport maritime des marchandises en vrac.
  5. Beaucoup de transports sont effectués dans le cadre de procédures d’aide alimentaire, procédures qui sont prises en charge soit par les Etats soit par l’ONU.

En résumé, au lieu de nous lamenter sur les risques de pénuries et donc de famines, nous avons, côté français, des initiatives à prendre dans le domaine agricole où nous avons malgré tout une bonne image de marque.

 

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5 commentaires

Verdun 7 avril 2022 - 7:03

Comme quoi le malheur des uns fait toujours la recette des autres.

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en fait 7 avril 2022 - 9:18

OUI, c’est  » la solution « , mais, si un certain communisme a disparu de Russie, il y reste toujours le KGB. En France, nous avons DE PLUS EN PLUS les souches puissantes de cette diabolique « philosophie économique ». .. …., ; ainsi, le simple bon sens est mort, Vive nos technocrates, encore un effort et nous allons devoir importer des céréales !
donc tout va très bien.

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Patrick 7 avril 2022 - 2:08

Ils sont de trés gros exportateurs d’engrais aussi, les quelles se fabriquent avec du … gaz. Alors à moins d’exploiter le gaz de schiste, nos recoltes, on peu se le mettre ou je pense …

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Obeguyx 7 avril 2022 - 5:05

Il est quand même malheureux, dans un pays socialiste comme le nôtre, qu’on se réjouisse de la pénurie de blé pour faire des « affaires ». Je vous dis : on est dirigé par des fous ! Je serais paysan, j’exigerais un revenu mensuel minimum pour toute production alimentaire, faute de quoi je foutrais tout en l’air (comme à la CGT). Non, mais…

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JR 7 avril 2022 - 7:57

Bonjour, cela tombe bien, heureusement que le taux de molécule fertilisante, le C02 est de 0,04 %, car sous 0,03 % la famine est assurée. Nous n’avons donc que 0,01 point de sécurité pour assurer un bon rendement.
Grace à ce taux de 0,04 %, la planète a verdi de 18 millions de Km/2, soit l’équivalent d’un 6 ème continent.
https://static.climato-realistes.fr/2021/01/FicheACR2-1.pdf .Vive le C02
https://climatetverite.net/2021/10/29/le-co2-ce-gaz-rare/
Vénérons le bienfaisant, l’indispensable et l’irremplaçable gaz rare, le C02. Merci. Bien à vous

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