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La France doit se remettre au travail pour retrouver sa compétitivité

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Contrairement aux déclarations tonitruantes du gouvernement et notamment de son ministre de l’Economie, la compétitivité française se dégrade. L’institut Rexecode en fait le constat dans son étude publiée le 15 février 2022 : « Les indicateurs de la compétitivité de la France à l’exportation, déjà en recul en 2020, se dégradent encore en 2021 ». En témoigne notamment le fait que le déficit commercial a atteint un niveau record de 85 milliards d’euros en 2021, après 65 Md€ en 2020, selon les Douanes ; et que la part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro est à son niveau le plus bas depuis 2000, passant de 14,5% en 2019 à 13,7% en 2020 et 13,6% en 2021, soit un recul de 1,9 point depuis 2019. « Ce recul, qui représente une perte de revenu de 51 Md€ en 2021 (environ 2 points de PIB), observe Rexecode, est entièrement imputable aux exportations de biens et concerne la quasi-totalité des catégories de produits manufacturés.

Cette étude souligne que les grands acheteurs européens jugent les prix des produits français parmi les plus élevés et leur rapport qualité-prix moyen, voire médiocre. C’est inquiétant bien sûr, mais explicable. Les gouvernements successifs ont multiplié les mesures pour baisser les charges sociales, notamment sur les bas salaires, mais aucun effort n’a été fait pour réduire les dépenses publiques et les coûts des services que les cotisations sociales étaient censées payer. Il ne s’est donc agi que d’un transfert de charges d’une poche à l’autre.  

Les Français travaillent trop peu

Les Français travaillent moins que dans les autres pays développés. La population d’âge actif (de 15 à 64 ans), y est moins importante qu’ailleurs par rapport à la population totale (chiffres OCDE 2020) : 

France : 61,6% 

Royaume Uni : 63,5% 

Danemark : 63,7% 

Allemagne : 64,4% 

USA : 64,8% 

Canada : 66,1% 

Suisse : 66,2%  

Le taux d’activité, correspondant au nombre d’actifs rapporté à l’ensemble de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans), est faible en France comparé à beaucoup de nos compétiteurs (chiffres OCDE 2020) : 

France : 79,3% 

Royaume Uni : 82,6% 

Danemark : 83,4% 

Allemagne : 84,7% 

Suisse : 87,6% 

Suède : 89,2% 

Les taux d’activité sont également faibles aux Etats-Unis (77,2%) et au Canada (80,9%), mais le chômage y est très modeste, ce qui fait que la population au travail (hors chômeurs) y est nettement plus importante qu’en France en pourcentage. 

Globalement et en moyenne, les Français travaillent peu : 1526 heures par an contre 1751 dans l’OCDE. La durée du travail hebdomadaire n’est pas éloignée de la moyenne des pays développés, mais les Français ont plus de jours fériés et de congé : 36 contre 32 en moyenne dans l’Union européenne et 29 en Allemagne. Les jeunes travaillent plus tard et les vieux prennent leur retraite plus tôt que dans la plupart des autres pays de l’OCDE. Il faut y ajouter qu’en France, le nombre moyen d’arrêts maladie, de 16,6 jours par an et par salarié, est dans la fourchette haute des pays développés : le Royaume Uni est à 5,3 jours par an. Quant au chômage, il reste à des niveaux stratosphériques quoiqu’en disent les chiffres officiels.

Des charges publiques excessives

En pourcentage de la population et par rapport aux autres pays, les Français au travail sont donc moins nombreux à supporter des charges publiques qui augmentent sans cesse et restent désormais proches de 56 à 57% du PIB (hors Covid), un record absolu parmi les pays développés. Ces charges publiques sont d’autant plus importantes pour les personnes qui travaillent qu’elles assistent un nombre plus important qu’ailleurs de personnes qui ne travaillent pas, ne payent pas de cotisations sociales, supportent peu d’impôts et bénéficient de prestations plus généreuses, ou du moins plus coûteuses, qu’ailleurs. L’exemple le plus significatif est celui des retraites qui représentent en France près de 14% du PIB contre 10% en moyenne dans l’union européenne. Cette charge, très élevée, de retraites basées sur un système quasi exclusif de répartition est toujours plus onéreux pour des actifs de moins en moins nombreux au profit de retraités de plus en plus nombreux. Il en va de même pour les coûts de la sécurité sociale, de l’administration publique…. A la fin, il apparaît que les prélèvements obligatoires sont beaucoup plus élevés en France qu’ailleurs. En pourcentage du PIB, les cotisations sociales représentaient en 2020 14,85% du PIB en France contre 6,92 en Suisse, 6,86% au Royaume Uni, 3,44% en Irlande…. 

De ce fait le travail est doublement chargé en France par rapport à ses concurrents. Il y supporte des coûts sociaux élevés répartis sur trop peu de salariés. Il ne faut donc pas s’étonner que la compétitivité ne soit pas au rendez-vous. 

Allergiques au travail, les Français s’habituent à vivre au ralenti, à dédaigner ceux qui entreprennent et ont de l’ambition, à préférer la réglementation à l’innovation. Les « objecteurs de croissance », comme les appelle Denis Olivennes (Un étrange renoncement, Albin Michel, 2021), ajoutent désormais à cet état d’esprit anti-travail au prétexte de l’écologie et d’un bien-être de jean-foutre. 

Pourtant, pour retrouver sa compétitivité et par là sa prospérité, la France n’a pas d’autres choix que de réduire ses dépenses publiques et remettre les Français au travail. Moins d’aides sociales inconséquentes et beaucoup moins de fonctionnaires y contribueraient efficacement. 

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10 commentaires

JR 22 février 2022 - 9:52

Bonjour, ce quinquennat Macronien est encore pire que le précèdent qui était déjà catastrophique. Au lieu de défigurer les paysages avec des moulins à vents, de chasser les molécules dans l’air et de planter des panneaux 80 k/h, les petits macronistes feraient mieux de lancer un grand plan de réindustrialisation de la France. Cinq ans pour s’apercevoir que l’énergie (abondante & bon marché) est l’élément indispensable au redressement et à l’indépendance du pays est assimilable à une faute lourde. Le Greta Recette rapporte beaucoup, mais à peu et surtout pas à la grandeur de la France déclassée de la 3 ème à la 7 ème puissance mondiale. Nous ne serons bientôt plus rien, comme notre président. Merci. Bien à vous.

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LAURENT46 23 février 2022 - 5:44

Travail vous dites Travail ? je n’entends à longueur d’année que de grands discours sur les vacances, escapades ou autres RTT à rallonges voir télétravail ce qui permet de rester à la maison et de s’occuper des enfants, sacré rendement voir travail .. Le travail c’est juste bon pour les manants qui sont en-dehors de quelques grande villes qu’il faut taxer et piller pour que les nantis puissent profiter de la vie. Dans certaines agglos hors de ces villes on va jusqu’à imposer une autorisation et bien entendu une taxe pour le simple remplacement d’une simple fenêtre ! Il est vrai que dans ces agglos les services publics en sont péniblement à 20 h de présence et que cela aussi doit se payer.

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Obeguyx 23 février 2022 - 9:48

Bravo Jean-Philippe, vous posez le doigt là où ça fait mal. J’ajouterai que les dégradation depuis 1976 du niveau de l’instruction publique affaiblissent considérablement la reprise de l’innovation (bacheliers 2021 ne maîtrisant pas la langue française et ne sachant même plus compter).

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en fait 23 février 2022 - 9:49

Oui, vive le travail; mais, l’esprit a quitté le masque, désolé de casser l’ambiance.
Jadis,  » par le travail on charmait l’ennui, on ménageait le temps, on guérissait la langueur de la paresse et les pernicieuses rêveries de l’oisiveté » Bossuet.
Maintenant, avec la  » curialisation » de l’anarchie, pardon énarchie la France doit passer – très officiellement – en soins intensifs:
– dettes « totales » Etat – Hors bilan – entreprises – ménages – comptes spéciaux – institutions financières – . .. …., quasi rien 9000 milliards €
– il faut aussi, regarder avec un esprit  » critique » les bilans des banques – leviers – prêts – Hors bilan- produits dérivés – volume(s) USD – . .. ….,
Pour le reste du monde ce n’est guère mieux, nous assistons à la fin des 4 cycles 84 : 1684 – 1784 – 1884 – 1984 –
Aussi, pour l’avenir, il faut d’autres outils comptables. Mais tout le monde regarde ses pieds, pardon son prix.
Dons, tout va très bien.

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REEL 23 février 2022 - 11:05

IL SERAIT TEMPS DE DIRE LE VRAI CROULANT SOUS LES FLAGORNERIES DE UNS ET DES AUTRES LE REEL VEUT QUE NOUS PENSIONS A NOTRE PAYS ET UN PEU DE LOGIQUE
NOUS NE POUVONS PAS ACCUEILLIR TOUT LE MONDE CHEZ NOUS IL EST IMPORTANT DE SAVOIR PARLER LE FRANCAIS ET IL EST IMPORTANT DE SAVOIR QU’IL FAUT TRAVAILLER SUFFIT TOUS CES BLABLABLA JE SUIS FIERER D’ETRE UNE FEMME ET d’avoir tavaillée 42 ans !!! avec des enfnats petits enfants et la descendance continue nous finirons notre route sur terre alors rappelons nous RABELAIS SCIENCE SANS CONSCIENCE N’est que ruine de l’âme !!!
pour les matchos limités en esprit MAMAN SURE PAPA PEUT ETRE il revient a l’HOMME de savoir ses responsabilités !!! j’ai une grand mère bretonne et une Ardennaise et moi je suis une PARISIENNE avec ses limites ses défauts mais roulent pour nous des preux !!!

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LYBD 23 février 2022 - 12:26

Le travail, c’est la liberté. Il permet de faire et d’agir.
Le travail c’est aussi le meilleur placement pour faire et agir.
Puisque l’état taxe tout ce qui bouge, il ferait mieux de réviser sa stratégie mortifère. Le prix de revient du travail est devenu insupportable. C’est ainsi qu’une part importante du travail a été exporté. Le prix et la qualité de notre savoir faire est hors du marché international. Faute d’un travail qui rapporte l’état surtaxe et appauvri la France. »Nos dirigeants et nos hauts-fonctionnaire sont hors sol. Aux français à ne pas se laisser berner.

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Serge CIBOXER 23 février 2022 - 2:06

THINK TANK ! Hum ! Certes ça pose dans les microcosmes… « think tank ! En français, « groupe de réflexion », ça passe bien aussi ! je trouve que côté « réflexion », c’est le service minimum.
Ainsi donc, « les français travaillent moins ». Hum !
Approche monofocale du thème « travail » par le seul paramètre du temps de travail (ou plus justement exprimé, « passé » sur le lieu de travail). Si l’on se réfère à la population des fonctionnaires et fonctionnaires territoriaux -l’élite dans le genre- !!!, déclarés « essentiels » !!!, je suis d’accord.
Dans le secteur marchand, parent nourricier du secteur public sus visé, est-ce le temps de travail qui en fait sa qualité ?
M’ssieurs zé Dames du groupe de réflexion, il faut RE-TRAVAILLER le sujet … vous avez fait « à minima » de chez minima !

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Nicolas Lecaussin 23 février 2022 - 2:40

Le think tank est plus qu’un « groupe de réflexion » ou un « réservoir d’idées ». Il agit aussi. Merci pour vos remarques.
Cordialement,
NL

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Dapsang 23 février 2022 - 2:31

Sur la perte de competitivite de la France, une analyse macro ne saurait malheureusement etre satisfaisante.
On aimerait avoir une analyse plus fine , cad branche par branche du secteur manufacturier , montrant une correlation entre l’evolution des exportations et le cout du travail pour chaque pays de l’UE.
Les analyses globales sont trompeuses .
Par exemple on entend souvent dire que le cout du travail dans le secteur manufacturier en France est comparable a celui de l’ Allemagne et que donc le probleme de La France est une insuffisance de competitivite hors prix ( au demeurant probable dans certaines branches) .Un tel constat ( qui reste a verifier ) n’ a aucun sens car les mix d’activites allemand et francais different.

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jb 25 février 2022 - 7:12

Je lis vos articles avec intérêt, mais les commentaires me désolent : charabia, « ortograf » fantaisiste, syntaxe approximative ..etc. Comment faire pour corriger cela ? Le respect du commentaire est-il incompatible avec le respect de la langue française ? Imprimer cela c’est banaliser le laid, le faux, l’inepte, ce qui est à l’opposé des propos sensés et des réflexions intelligentes que l’on trouve dans vos articles. Il-y-a-t-il une solution ???

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