Accueil » Ecologie : ce libéralisme qui manque toujours aux programmes

Ecologie : ce libéralisme qui manque toujours aux programmes

par Adélaïde Motte
Selon un récent sondage Ipsos, l’environnement est le troisième sujet le plus préoccupant pour les Français, après le pouvoir d’achat et le système de santé. L’écologie est donc un thème sur lequel les différents candidats à la présidentielle essayent de se positionner, avec un défaut majeur : leurs solutions sont souvent contre-productives.

Aujourd’hui, on est en quelque sorte obligé de se soucier de l’environnement. Les militants écologistes tirent les sonnettes d’alarme dans tous les sens et somment les candidats de s’en préoccuper très sérieusement. Ils se montrent plutôt inspirés dans quelques domaines, notamment l’énergie ; beaucoup moins dans d’autres, comme l’agriculture.

Energie : certains ont compris, d’autres persistent dans l’erreur

L’éolien a prouvé à de multiples reprises ses effets néfastes, en termes de performance comme en termes d’écologie. Ces grands moulins ne produisent pas toujours, produisent en tout cas peu, et consomment beaucoup. Ils nous rendent dépendants de ceux qui les fabriquent et de ceux qui fournissent les matières premières. A cause des éoliennes, intermittentes, nous sommes dépendants du charbon, du gaz et des mines chinoises exploitées dans des conditions parfois inhumaines. Pourtant, certains candidats s’obstinent dans l’erreur, tels Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot – ce dernier étant crédité de 5 à 7% des intentions de vote – qui veulent planifier la sortie du nucléaire. On peut en craindre autant d’Emmanuel Macron si l’on se fie à son mandat plutôt qu’à ses revirements durant les derniers mois.

Fort heureusement, d’autres candidats ont compris l’ineptie de l’éolien. Ils misent sur le  nucléaire et la création de nouveaux EPR : dix chez Marine Le Pen, quatorze chez Eric Zemmour et six chez Valérie Pécresse, ces deux derniers voulant également prolonger la durée de vie des centrales existantes ; six aussi chez Fabien Roussel, qui habille ses idées communistes d’un vernis de bon sens environnemental. Certains d’entre eux ne se contentent pas de favoriser le nucléaire, qui au reste se porterait sans doute mieux sans intervention de l’Etat. Ils avancent également des mesures pour mettre fin aux dommages de l’éolien sur notre sol. Ainsi, Marine Le Pen et Eric Zemmour interdiraient tout nouveau projet éolien, la candidate Rassemblement National appelant même au démantèlement des projets déjà existants.

L’étatisme reste et demeure l’ennemi de la droite

Côté fiscalité, on ne s’attendait pas à grand-chose de la gauche et on avait raison. Yannick Jadot propose l’ISF climatique, idée de Greenpeace France dont il a été un permanent, ainsi qu’un impôt supplémentaire sur les sociétés. Il s’agirait d’imposer plus ou moins les particuliers et les entreprises en fonction de leurs choix liés à l’environnement. Une façon pour l’Etat de contrôler les agissements du privé d’autant plus facilement que, pour les écologistes, tout est lié à l’environnement. Avec cet argent, Yannick Jadot promet des milliards pour la rénovation des logements, les transports en commun, le ferroviaire, passagers et fret. De quoi enfermer efficacement tous les Français dans un carcan de règles et d’interdictions. Valérie Pécresse est sur ce point surprenante avec sa proposition de fusionner le livret A et le livret développement durable, utilisant ainsi l’épargne des Français pour des projets qu’ils ne cautionnent pas forcément.

Car le paysage à droite, s’il est moins noir, n’en est pas pour autant rose. Marine Le Pen souhaite investir dans l’hydrogène, Eric Zemmour veut créer un fonds de reboisement et d’adaptation au changement climatique, Valérie Pécresse veut placer 10% du territoire national sous protection forte… Des initiatives qui ne sont pas intrinsèquement mauvaises, mais qui n’ont pas leur place dans le programme de candidats à la présidentielle. L’investissement dans des énergies supposément propres et intéressantes doit venir d’entreprises privées, qui sauront arrêter les frais si les résultats ne sont pas au rendez-vous. L’idée d’un fonds de reboisement doit elle aussi être laissée au privé, qui d’ailleurs s’en occupe déjà, avec par exemple le moteur de recherche Ecosia, qui plante des arbres avec l’argent issu des recherches des internautes. Enfin, le placement d’un territoire sous protection est une mesure à manier avec beaucoup de précautions, car elle est synonyme de nouvelles interdictions pour ses habitants.

L’agriculture, parent pauvre des programmes

Nous avons détaillé dans nos colonnes les mensonges de l’agriculture biologique et des opposants au glyphosate. Sans surprise, la gauche se trompe sur ces deux points. Yannick Jadot supprimerait la TVA pour les produits bio et soutiendrait cette agriculture, qui l’est déjà largement. Il souhaite interdire le glyphosate et certains fongicides, et diminuer de moitié l’usage des autres pesticides. Jean-Luc Mélenchon le rejoint sur l’interdiction du glyphosate et en rajoute : bannissement de toute publicité sur les produits polluants, reprise des dettes agricoles de ceux qui produisent uniquement du bio. Les deux candidats montrent une nouvelle fois ce qu’est vraiment la gauche écologiste : un agrégat d’interdictions, de normes, de règles et de taxes, pour inciter la population à faire ce que son bon sens ne lui conseille pas.

Marine Le Pen et Eric Zemmour, eux, se concentrent sur l’agriculture locale dans une logique protectionniste qui n’a pas grand-chose de libéral. La première imposerait 80% de produits agricoles français dans les cantines, le second augmenterait la part de produits locaux dans la restauration collective. Tous deux se prononcent pour une meilleure information du consommateur, le Rassemblement National avec la généralisation de l’étiquetage concernant l’origine des produits, Reconquête ! avec le “Patrie-Score”. Intéressant, certes, à condition de ne pas devenir une incitation à acheter tel produit plutôt que tel autre. Quant à Valérie Pécresse, elle veut rémunérer les agriculteurs en fonction des “bienfaits qu’ils apportent à l’environnement”. Cette rémunération prendrait la forme de crédits carbone. Une mesure étrange, dont on se demande ce qu’elle fait dans un programme politique de droite.

L’écologie, comme bien d’autres secteurs, se passerait bien de l’Etat et saurait faire bon usage d’un surcroît d’innovation. L’étatisme prononcé de l’ensemble des candidats bloque des mesures qui seraient pourtant profitables à l’environnement et aux Français, comme la libération de la recherche sur le gaz de schiste ou l’arrêt des subventions à l’agriculture biologique. Si les candidats de droite proposent quelques mesures intéressantes, particulièrement sur les sujets énergétiques, leur programme environnemental souffre d’une lacune de taille : aucun ne fait vraiment confiance à l’initiative et la responsabilité des entreprises.

You may also like

5 commentaires

Obeguyx 17 mars 2022 - 8:51

Merci Adélaïde, bon article. Nous n’avons à faire qu’à des candidats jacobins, alors comment voulez-vous obtenir plus de libéralisme ?

Répondre
Besset 17 mars 2022 - 10:21

Je ne vois pas pourquoi l’agriculture biologique devrait recevoir moins d’aides que l’agriculture conventionnelle, au contraire..
L’agriculture néo zélandaise ne reçoit pas d’aide publique, et pourtant elle exporte dans le monde.. (la dépendance aux aides réduit la liberté des agriculteurs)

Répondre
en fait 17 mars 2022 - 10:52

OUI, c’est un très beau sujet de fond. D’ailleurs, le peuple a un sacré Bon Sens, le pouvoir d’achat pour le C.T., la santé pour le M.T. et une véritable Ecologie pour le L.T.
OUI, la solution ne peut venir des trop nombreux clowns incompétents et arrogants. Il suffit de constater notre dramatique situation actuelle, dépendances – dépenses diverses et variées – défaites – . .. …., – ruine –
Oui, la solution doit partir d’une formidable libéralisation de l’agriculture.
Il faut favoriser Une Véritable Valeur Ajoutée des agricultures, reconstruire pas à pas le Régime. L’ idée: la V.A. doit guider le « prix » et non l’inverse .
Un bon produit local sous « n » critères sera toujours préférable à un gadget inutile produit dans  » n » ‘épouvantables conditions ailleurs. Il faut un commerce international plus  » intelligent »
Oui, il faut des outils novateurs pour les libéraux, le peuple, le monde.

Répondre
Astérix 18 mars 2022 - 10:40

C’est bien le drame de la France. Encore une fois, l’état ne doit s’occuper que des fonctions régaliennes (police, armée). TOUT LE RESTE DOIT ÊTRE PRIVATISÉ.
Mais les Français n’ont toujours pas compris que l’état gère mal, jette l’argent des contribuables par milliards pour une efficacité lamentable et représente la plus grande des catastrophes pour notre Pays.
Jupiter , complètement illuminé, veut faire de la France un Pays complètement assisté de type ex URSS ??
où il faudra bientôt demander l’autorisation de respirer !!??
Alors les Gaulois, quand est-ce que vous vous remuez ??? pour virer tous ces fous qui nous gouvernent et tous ces technocrates européens givrés non élus qui décident de la dimension des carottes et j’en passe sur le plan Européen !?

Répondre
JR 19 mars 2022 - 10:04

Bonjour, et toujours cette confusion de certain candidat, dont V. Pécresse, entre environnement et climat. L’environnement et le climat n’ont strictement aucune corrélation, il s’agit d’une duperie Onusienne, dont le Giec est l’officine. V. Pécresse veut implanter des éoliennes partout, elle doit connaitre quelqu’un dans la famille. Malgré tout, la tare revient, on s’en doutait, au Führer Jadot et à son parti subventionné par un pays fournisseur de gaz, pousser par Greenpeace. Déjà en 1985, Mitterrand, surnommé  » Tonton et les 40 voleurs » avait été obligés de passer par le fond le Rainbow Warrior, bateau espion à la solde de devinez qui …? Quant à Marine Le Pen, surprenant sa position sur l’hydrogène, sauf à trouver un gisement naturel (très rare) il faut quatre fois plus d’énergie pour fracturer la molécule que l’énergie restitué. Les lois de la physique ont la vie dure et les croyances aussi… Macron à 80 km/h, taxes carbone, radars tourelles et malus à 50 000 €, lui, est dans l’inaction énergétique depuis 5 ans, donc hormis le pire, nous n’avons rien à attendre. Si, qu’il dégage et vite, avec sa bande de bon à rien qui finalise le déclin de la France et le déclassement des Français. Jamais ils ne réindustrialiserons notre pays. L’urgence est à la déséscrologisation et à son corallaire, la démacronisation. Relançons la recherche & l’exploitation des énergies 100 % d’origine naturelle en France. Vive le bienfaisant C02. Merci. Bien à vous

Répondre

Laissez un commentaire