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Les négociations sur l’Iran : comment mettre de l’huile sur le feu au Moyen-Orient

lundi 12 avril 2021, par Michael von Liechtenstein

L’accord sur le nucléaire de 2015 avec l’Iran, annulé en 2018 par l’administration Trump, n’a pas permis de remédier aux interventions déstabilisantes de Téhéran au Moyen-Orient. Un nouveau cycle de négociations a débuté ; mais sans stratégie solide, les puissances occidentales pourraient à nouveau conclure un accord précipité qui laisserait plusieurs pays à la merci de la subversion iranienne…

Washington et Téhéran ont annoncé le 2 avril leur intention de participer à des pourparlers en Autriche. Ces négociations seront menées sous l’égide de l’Union européenne, les délégations américaine et iranienne se trouvant dans des lieux différents à Vienne. L’objectif est de relancer l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 sous l’administration Obama. Le président Donald Trump l’avait annulé car aucune clause n’exigeait de l’Iran qu’il cesse de soutenir des activités terroristes à l’étranger ou d’inciter à des troubles dans des pays comme le Yémen, l’Irak et le Liban. De plus, cet accord de 2015 n’avait pas définitivement arrêté le développement du programme nucléaire iranien, il l’avait simplement retardé.

Les puissances européennes ont fermé les yeux sur la brutalité des agissements iraniens pour plusieurs raisons, notamment pour défendre des intérêts commerciaux à court terme et pour, et leur attitude à l’égard de l’Arabie saoudite. L’administration Biden est désormais impatiente de reprendre les pourparlers. L’Iran a refusé de prendre part à des négociations directes, ses dirigeants estimant probablement que cela renforcera leur pouvoir. Sur ce point, Téhéran pourrait avoir raison - selon Reuters, un fonctionnaire de l’UE chargé de coordonner les pourparlers a déclaré qu’un accord devrait être conclu dans les deux prochains mois.

Négocier sous pression est toujours défavorable à la partie qui fixe le délai, en l’occurrence l’UE et les États-Unis. Deux roquettes ont été lancées le jour de Pâques sur une base irakienne abritant des soldats américains. L’incident n’a fait aucune victime, mais il s’agissait de la quatorzième attaque menée par des terroristes soutenus par l’Iran contre des installations américaines depuis l’entrée en fonction du président Biden il y a trois mois. Cela montre que Téhéran n’est pas disposé à mettre un terme à ses activités. Néanmoins, un porte-parole du gouvernement américain a qualifié les pourparlers de "saine avancée".

Les négociations sont toujours bonnes tant que les objectifs sont clairs. Mais l’accord de 2015 a été conclu sans inclure aucune des parties concernées au Moyen-Orient, négligeant leurs intérêts légitimes. Il a permis à l’Iran de poursuivre sa quête d’hégémonie régionale, qui a conduit à une catastrophe humanitaire au Yémen, à la crise économique et politique qui a plongé le Liban dans la misère et à la poursuite des attaques terroristes en Irak. Israël, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont également directement menacés par les ambitions de Téhéran.

Un accord idéal obligerait l’Iran à mettre fin à ses activités terroristes et subversives, et à renoncer entièrement à développer des armes nucléaires. Mais cela est impossible à court terme. Nous ne pouvons qu’espérer que Washington restera ferme, mais il semble peu probable que Téhéran respecte ses engagements. Il est également alarmant que les responsables européens se soient eux-mêmes assujettis à la pression d’un délai de négociation très court.

Le Moyen-Orient est une région fragmentée. Ses frontières actuelles ont été tracées arbitrairement par la Grande-Bretagne et la France dans l’accord Sykes-Picot de 1916. Les diplomates britanniques et français Mark Sykes et François Georges-Picot ont divisé les territoires de l’Empire ottoman, créant les dépendances britanniques de la Palestine et de l’Irak ainsi que les territoires français de la Syrie et du Liban, contre la volonté de la population arabe locale. Les États artificiels d’aujourd’hui, le bourbier militaire en Irak, la décennie de guerre dévastatrice en Syrie, sont les résultats à long terme des politiques à courte vue de Londres et de Paris.
Le gouvernement hostile de Téhéran ne fait qu’aggraver une situation déjà compliquée. En ajoutant de l’huile sur le feu, l’Iran rend la paix régionale impossible.

Malheureusement, il n’existe aucune base commune qui justifierait un accord. On ne peut qu’espérer que le processus de négociation ne renforce pas la position du régime iranien actuel. Les sanctions sont rarement la meilleure stratégie mais, étant donné le manque d’autres options, elles pourraient être le meilleur moyen de traiter avec Téhéran, qui n’a aucune intention de permettre la paix dans la région.

Article en anglais sur : GIS Online

https://fr.irefeurope.org/Publications/Geopolitical-Intelligence-Services/article/Les-negociations-sur-l-Iran-comment-mettre-de-l-huile-sur-le-feu-au-Moyen-Orient

Vos commentaires

  • Le 13 avril à 05:52, par ETAT RATIONNEL En réponse à : Les négociations sur l’Iran : comment mettre de l’huile sur le feu au Moyen-Orient

    L’Occident étrangle l’Iran depuis des décennies (sanctions+sanctions+sanctions, à l’infini, toujours un peu plus, comme un supplice chinois, y compris pour les médicaments). On finance (ou on a financé) des groupes pratiquant le terrorisme comme les Moudjahidine du Peuple. Israël liquide un général invité officiellement en Irak. Le même Etat commet des actes de subversion et de liquidations de membres du régime... et ce sont les Iraniens qui sont les méchants ! Les Chiites sont chez eux. Nous pas. J’ai une amie franco-iranienne (double nationalité) qui a dû fermer son compte à la BNP parce que l’oncle Sam y a obligé cette banque française. La seule liberté offerte à l’Iran comme à bien d’autres pays, c’est de se soumettre, de devenir un marché pour nos produits et d’utiliser une main d’oeuvre à bas prix. Est-ce un calcul rationnel de susciter encore et toujours une haine parfaitement compréhensible à notre endroit ? Au moment même où on s’effondre de l’intérieur avec la guerre des races, des genres, des minorités...

  • Le 13 avril à 06:34, par Charlot En réponse à : Les négociations sur l’Iran : comment mettre de l’huile sur le feu au Moyen-Orient

    Ces négociations, comme les précédentes, se déroulent avec un schéma, décrit par Jean-François Revel, en tout point similaire aux négociations entre les occidentaux et l’union soviétique. Après s’être mis volontairement en position de faiblesse, les occidentaux échangent des concessions contre des promesses qui ne seront jamais respectées.

  • Le 13 avril à 15:37, par fpelu En réponse à : Les négociations sur l’Iran : comment mettre de l’huile sur le feu au Moyen-Orient

    Vous n’avez pas compris "état rationnel", notre problème, ce n’est pas l’Iran, c’est l’islam politique qui veut conquérir le monde.

  • Le 14 avril à 04:19, par ETAT RATIONNEL En réponse à : Les négociations sur l’Iran : comment mettre de l’huile sur le feu au Moyen-Orient

    Je ne doute pas que... "votre problème" n’est pas une nation, mais une idéologie religieuse structurellement conquérante, mais le problème de l’Iran, qui a choisi le chiiisme - c’est sa liberté, - c’est que l’Occident (en gros) intervient d’impériale façon, par tous les moyens, en permanence, pour imposer son idéologie politique (après le christianisme missionnaire), le libéralisme, e l’ordre qui va avec. Une idéologie dont je partage et défends personnellement les fondements, mais dont j’admets libéralement (et sans candeur) que cela ne soit pas le cas de tous : individus ou nations. Un exemple ? Le parlement irakien vote le départ des bases américaines lesquelles, naturellement, restent. Un pays à majorité chiite devrait-il être régi par des Américains qui, d’un côté prétendent défendre la liberté dans le monde et de l’autre, sans fard, "our national interest". "Notre problème" serait-il de même nature ?...

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