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L’Europe centrale et la cohésion de l’UE

La visite du président français Emmanuel Macron en Pologne début février était un effort pour compenser les forces centrifuges post-Brexit qui s’exerçaient sur l’Union européenne. Il est regrettable que la plupart de ses remarques aient consisté à faire la leçon aux États d’Europe centrale sur les avantages de l’harmonisation. M. Macron et les autres dirigeants de l’UE devraient plutôt se rendre compte que la force de l’Europe réside dans la variété de ses identités et de ses approches.

Les 3 et 4 février, le président français Emmanuel Macron s’est rendu en Pologne. Ce fut un voyage intéressant, car M. Macron avait déjà critiqué les gouvernements d’Europe centrale sur des questions de gouvernance, le faible coût de leur main-d’œuvre, leur charge moins lourde en matière de sécurité sociale et leur réticence à accepter des quotas de migrants.

Cette fois, il semble qu’il ait voulu se protéger contre les mouvements centrifuges dans l’Union européenne après Brexit. Le président Macron, se présentant comme le "parrain" de l’Europe "libérale" et un leader éthique mondial, a également donné des conférences à Varsovie et à Cracovie sur la manière d’être un bon Européen.

Les politiques européennes de la France et de M. Macron ne sont cependant pas dans l’intérêt de l’Europe centrale. Il préconise un système de défense européen et, en novembre, a déclaré l’OTAN "en état de mort cérébrale". Si une défense européenne robuste est souhaitable, elle n’est pas réaliste pour le moment. La Pologne fait légitimement confiance à l’OTAN et à une alliance étroite avec les États-Unis comme meilleur garant de sa sécurité. En attendant, M. Macron craint peut-être trop que les États-Unis n’utilisent Varsovie comme cheval de Troie pour accroître leur influence en Europe.

Ignorer les identités locales

Plusieurs dirigeants français ont tourné le dos à la politique européenne de l’ancien président Charles de Gaulle. Ils ont fait pression pour une nation européenne centralisée à l’image de la France, dominée par une puissante bureaucratie élitiste qui ignore largement les identités locales - même la française. Ce mouvement a pris de l’ampleur dans d’autres pays, soutenu par des bureaucrates et des hommes politiques qui veulent protéger leur pouvoir et leurs privilèges.

Pourtant, la force de l’Europe réside dans son hétérogénéité et dans le potentiel qu’offre la concurrence régionale. Le président Macron a eu raison de dire que l’Europe devrait être plus qu’un simple marché unique avec les quatre libertés. Cependant, sa définition de ce "plus" est problématique et il confond le terme "Europe" avec l’institution de l’UE elle-même.

L’Europe est un espace culturel diversifié, mais elle est fondée sur des traditions chrétiennes. L’Union européenne est une institution qui est née du principe selon lequel les États accepteraient de la rejoindre pour promouvoir des intérêts communs, en particulier le libre échange des biens, des services, des personnes et des capitaux.

Les pays d’Europe centrale se sont révélés être des États membres précieux et responsables qui renforcent la position de l’Union européenne dans le monde

D’autres missions ont été confiées à l’Europe, mais malheureusement la bureaucratie est devenue excessive au niveau national et européen. Un zèle pour l’harmonisation s’est développé, limitant la richesse de la variété et des identités régionales de l’Europe. Aucune bureaucratie au niveau national ou européen ne pourra jamais exprimer une identité européenne, surtout si elle élimine les forces locales par l’harmonisation - qui est en fait une uniformisation - et ignore les fondements chrétiens de l’Europe.

Le président Macron n’est certainement pas le seul dirigeant européen à promouvoir une "Union toujours plus étroite" - essentiellement une Union de transfert. Mais c’est précisément cette attitude qui a permis aux politiciens britanniques de convaincre les électeurs d’accepter le Brexit. Les belles paroles seules en Pologne et dans d’autres pays ne contribueront pas à maintenir la cohésion européenne.

Le plan malheureux et irresponsable de répartition par quotas aux pays membres encourage les migrants à tenter de traverser la Méditerranée, même au risque de se noyer. Il ignore également le droit de chaque pays à protéger son identité et sa sécurité intérieure. Les nouvelles règles sur le détachement de travailleurs – promues principalement par l’Allemagne et la France - constituent une violation du principe fondamental de l’UE de libre échange de services et auraient gravement porté préjudice aux entreprises d’Europe centrale. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutenue par Paris et Berlin, a annoncé des initiatives visant à harmoniser les systèmes de sécurité sociale dans l’ensemble du bloc, une démarche qui, une fois encore, serait discriminatoire à l’égard de l’Europe centrale.

L’adhésion à l’Union européenne a été une grande opportunité et a soutenu les efforts de développement des pays d’Europe centrale, dont les habitants apprécient et soutiennent depuis longtemps l’adhésion à l’Union européenne. Ils se sont révélés être des États membres précieux et responsables qui renforcent la position de l’Union européenne dans le monde. L’Europe centrale n’a pas besoin d’être guidée par les politiciens d’Europe occidentale. Ces pays ont réussi à se libérer du joug soviétique et sont devenus des démocraties florissantes.

Article publié en anglais sur le site du GIS.

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