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Sanofi et Covid 19 : il faut respecter la propriété intellectuelle et faire confiance au marché

Comme souvent, la France se distingue dans sa haine des multinationales et des laboratoires pharmaceutiques. Il a suffi d’une rumeur, une étincelle, pour s’en prendre au laboratoire Sanofi qui aurait promis aux Etats-Unis d’être « servis » en premier en cas de découverte d’un vaccin contre le coronavirus. Enorme tollé même chez les serviteurs de l’Etat et du système de santé, les mêmes qui, début mars, étaient incapables de fournir du gel et des masques au personnel des hôpitaux. Concernant le vaccin, on a appris d’une part que, malheureusement, ce n’est pas pour demain et d’autre part qu’il s’agit d’une recherche financée par les Américains à hauteur de 30 millions de dollars. Sanofi a tout de suite calmé les esprits en promettant une diffusion mondiale de l’éventuel vaccin. Espérons que cette polémique ne poussera pas le laboratoire à transférer ses centres basés en France...
Il y un autre aspect qu’il ne faut surtout pas négliger : la propriété intellectuelle et les brevets. Qu’il s’agisse de médicaments ou de vaccins, les laboratoires investissent des sommes énormes dans la recherche médicale, qui est très longue et qui n’aboutit pas forcément aux résultats escomptés. Sanofi a obtenu des financements américains grâce auxquels il peut mener les recherches sur le vaccin contre le Covid-19, entre autres. Sanofi sera propriétaire de ce vaccin, et s’il trouve normal de servir en premier ceux qui l’ont financé, il n’y a rien à dire. Si un laboratoire français le devançait et mettait au point, le premier, un vaccin ou un traitement, en ferait-il profiter immédiatement les Etats-Unis tout autant que la France, à due proportion de leurs populations respectives ?
Les pouvoirs publics peuvent être poussés à agir dans l’urgence et à mettre la pression sur les laboratoires pour brûler les étapes. Attenter à leur liberté de recherche et de gestion du projet serait pourtant la pire chose à faire dans un monde où l’innovation est le principal facteur du développement humain.
Le cas du Covid 19, malgré la tragédie qu’il provoque, ne doit pas déroger à la règle ni au droit. Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de traitement, pas plus que de vaccin, mais au moins une douzaine de sociétés pharmaceutiques travaillent dessus, dont deux ont même commencé les essais cliniques. Les Etats ne doivent pas s’en mêler en imposant des restrictions au droit de propriété et au libre échange car le traitement contre le Covid 19 sera un produit comme un autre. Il faudra le commercialiser très vite, c’est vrai, mais sans s’affranchir de la législation sur les brevets ni des règles commerciales. Le libre-échange fonctionne bien grâce à ces règles. Lorsqu’un laboratoire sud-coréen a commercialisé le premier test-kit pour le Covid, tout le monde en a profité, y compris la France. Respecter l’innovation facilite la recherche et conduit à d’autres découvertes.
Sanofi, comme les autres laboratoires lancés dans une course à l’innovation, ne doit pas être influencé par les pouvoirs publics ou par la pression médiatique. Le passé a montré que, grâce à la propriété intellectuelle et au marché, les traitements médicaux progressent régulièrement et aident l’humanité à mieux vivre.

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Messages (1)

Qui Finance ?

le 23 mai, 15:17 par Paul

30 millions par les USA mais combien la France finance-t-elle ? Il y a les crédits impôts recherche. C'est bien du financement Français même s'il n'est pas explicitement pour le covid, il permet le financement. La santé n'est pas une marchandise comme les autres. Les groupes pharmaceutiques américains mettent des prix en fonction de l'acceptabilité de l'acheteur et non le prix intrinsèque. Comme la sécurité sociale rembourse, il faut qu'il soit référencé. cela veut bien dire que ce n'est pas une marchandise comme les autres et que donc les règles du libre échange ne s'appliquent pas normalement le marché en est faussé.
Pourquoi y a-t-il des ruptures de stocks sur les génériques et pas sur les autres produits ? c'est qu'il y a un vrai problème d'offre et demande que le marché libre ne résout pas.

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