Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


IREF - Institut de Recherches Économiques et Fiscales
Pour la liberté économique et la concurrence fiscale
https://fr.irefeurope.org/4837

par ,

Les calculs de Piketty ou le sensationnel au service de l’erreur

Sauf erreur de notre part, seul le site Atlantico a mentionné l’étude de l’Université George Washington, publiée par l’ITIF (Information Technology & Innovation Foundation), qui remet en cause les travaux de Piketty sur les inégalités comme l’avait déjà fait l’IREF. Le site d’information en parle par le biais d’une interview avec l’économiste Michel Ruimy de la Banque de France et affilié à l’ESCP-Europe. C’est très louable sauf que les conclusions de l’étude américaine ne ressortent pas suffisamment de l’entretien. Elles sont accablantes à l’égard de Piketty. En commençant par le titre : Sensational, But Wrong : How Piketty & Co. Overstate Inequality in America.

Oui, Piketty se trompe. Selon lui, les 10% d’Américains les plus riches auraient récolté jusqu’à 90% des bénéfices de la croissance alors que les revenus des autres 90% auraient stagné depuis 1973. Les données actualisées de Piketty (en collaboration avec l’économiste Emmanuel Saez) montrent que le revenu médian américain en 2014 (29 200 dollars) est inférieur à celui de 1967 (30 012 dollars). Mais, d’après l’Université de Washington, qui confirme les travaux de l’IREF, l’analyse est erronée. Piketty sélectionne soigneusement les données et fait des choix méthodologiques discutables qui maximisent l’effet des résultats, surestimant considérablement le taux réel de croissance des inégalités. Voici les principales erreurs relevées par l’étude de l’Université George Washington :

1. Les données de Piketty données des personnes ayant des revenus exceptionnellement bas, comme les étudiants vivant encore chez leurs parents. Tandis que le CBO (Congressional Budget Office) a utilisé les données de 2013 sur 123 millions de ménages (personnes vivant sous le même toit), Piketty, lui, prend en compte 160 millions de "contribuables" (nombre total de personnes qui ont produit des déclarations de revenus, plus une estimation de ceux qui n’en ont pas déposé en raison de leur faible revenu.)

2. Les calculs de Piketty se font en fonction des déclarations individuelles et non par ménage. Prenons par exemple un étudiant de 20 ans vivant chez ses parents qui a gagné gagné 6 000 $, déclarés séparément de ses parents dont le revenu combiné est de 70 000 $ : pour le CBO, il s’agit d’une famille avec un revenu de 76 000 $. Pour Piketty et son comparse, E. Saez, il s’agit d’un contribuable avec un revenu de 6 000 $ et d’un autre avec un revenu de 70 000 $.

3. Il ne tient pas compte des aides sociales accordées par le gouvernement ou les Etats. Par exemple, un couple de retraités recevant 30 000 $ en prestations sociales et 10 000 $ de retraite ou autres sources, aurait des revenus estimés à 40 000 $ selon le CBO, mais à seulement 10 000 $ selon Piketty. Ne pas tenir compte de la redistribution équivaut à multiplier le nombre de personnes à faibles revenus.

4. De nombreuses autres incohérences apparaissent dans les détails des calculs des revenus (périodes différentes de calculs, nombres de ménages qui changent, etc…).

Si Piketty avait calculé correctement les revenus en tenant compte du nombre exact de ménages et de la redistribution, les inégalités seraient moins importantes et les revenus touchés par les 50 % les plus pauvres seraient plus élevés : de 10 à 12 % minimum. Mais le mythe des inégalités et de l’appauvrissement a la cote auprès des politiques qui souhaitent encore plus d’interventionnisme et une hausse des taxes et impôts. Dans ce cas, le « sensationnel » est bien au service de l’étatisme.

Partager cet article :

Autres lectures ...

Le taux d’extrême pauvreté dans le monde : de 36 % (1990) à 8.6 % (2018)

Socialisme rime toujours avec corruption et misère


Karl Marx, je l’ai bien connu
Il a été le pire ennemi des pauvres

Les (très) gros problèmes de méthodologie posés par le rapport Oxfam sur les inégalités



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

 css js

FERMER

Suivez les publications de l'IREF,
inscrivez-vous gratuitement
à la lettre hebdomadaire

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies