Pour la liberté économique et la concurrence fiscale

Faire un don

Menu


Pour la liberté économique et la concurrence fiscale


fr.irefeurope.org

Accueil > Publications > Articles > Le commerce doit-il se soucier des droits de l’homme ?

Le commerce doit-il se soucier des droits de l’homme ?

jeudi 11 février 2021, par Jean-Philippe Delsol

Un accord commercial de libre échange a été signé entre l’Union européenne et le Vietnam à effet du 1er août 2020. Il prévoit à terme l’élimination de la quasi-totalité des droits de douane entre les deux parties. Il stipule des engagements du Vietnam relatifs au climat, à la protection des forêts, au droit des animaux et des relations au travail, mais rien en matière de droits de l’homme. Hélas, depuis lors, la répression n’a jamais été aussi forte au Vietnam contre les opposants au communisme.

Peut-on cesser de commercer avec les nations qui ne partagent pas nos valeurs ?

On peut craindre que le scénario ne se reproduise avec la Chine à une puissance surmultipliée. Fin décembre 2020 a été convenu entre la Chine et l’Europe un large accord d’investissement de principe. Beaucoup craignent que Pékin n’ouvre son marché aux Européens que pour mieux piller leurs savoir-faire et leurs technologies. Par ailleurs, l’arrêt des persécutions contre un million de Ouïghours ne devrait-elle pas être une condition à la conclusion définitive de cette négociation ? D’autant que les Ouïghours ne sont que l’arbre qui cache la forêt des Tibétains déportés, des chrétiens opprimés, des étudiants soumis à un lavage de cerveau incessant, des condamnés politiques, des exilés pourchassés, des dirigeants disparus…. Certes, les Chinois promettent d’œuvrer à la ratification des conventions fondamentales de l’OIT, mais Hong Kong témoigne que les promesses chinoises ne sont que des chiffons de papier.

Pourtant, peut-on cesser de commercer avec les nations qui ne partagent pas nos valeurs ? Il ne faudrait plus frayer avec grand monde, de la Russie à de nombreux pays africains, asiatiques ou sud-américains, alors que l’échange entre les hommes incite à la compréhension mutuelle, porte à la paix, enrichit le monde, y compris les plus pauvres. Autant de bienfaits qu’il faut encourager. Mais sans que soient en même temps confortées les atteintes les plus viles aux droits naturels humains. C’est un savant équilibre. D’autant que chacun a sa vision des droits de l’homme, comme l’a rappelé Xi Jinping à Davos en demandant aux Occidentaux d’abandonner leurs préjugés idéologiques à l’égard de la Chine et de respecter les spécificités chinoises ; c’est-à-dire son droit d’opprimer qui il veut !

Il faut hiérarchiser nos exigences dans les traités

Mais si nous croyons fermement que le progrès de la civilisation a été précisément de permettre à chaque homme de choisir sa propre fin dans le respect de celles des autres, si nous sommes d’accord pour constater que l’émergence de la liberté démocratique a été aussi nécessaire que la liberté des échanges pour concourir au développement considérable de l’Occident depuis deux siècles, et par ricochet du monde entier, devons-nous abandonner les personnes qui souffrent du despotisme des corps, des esprits et des cœurs pour faire mieux prospérer, du moins provisoirement, nos propres économies ? Pour le moins il faut que nous répondions à cette question avant de signer un traité aussi important avec la Chine et d’autres traités avec le Vietnam. Pour le moins il faut hiérarchiser nos exigences dans les traités pour que les droits naturels des personnes soient respectés dans ces pays avant de s’y soucier des animaux et de la nature. On peut sans doute continuer de commercer avec tous, mais ne partager de dispositions préférentielles et nos produits stratégiques qu’avec ceux qui promeuvent les mêmes valeurs. Ne serait-ce que par intérêt, pour ne pas favoriser l’essor de nations qui demain nous domineront et voudront nous imposer leur idéologie. Et parce que l’administration des choses est moins importante que la vie et la liberté des hommes.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Le-commerce-doit-il-se-soucier-des-droits-de-l-homme

Vos commentaires

  • Le 12 février à 08:08, par Serge En réponse à : au profit de qui ?

    Les droits de l'homme bafoués, ça permet de diminuer les coûts de production donc d'augmenter les marges de ceux qui font commerce avec ces pays ! La suppression des droits de douane les augmentent encore.

  • Le 12 février à 17:04, par Maellys93 En réponse à : Quid des accords avec pays musulmans ?

    Dans nos accords de coopération, se soucie-t-on des droits des minorités religieuses dans les pays musulmans ?
    Si la pression est trop forte pour les Vietnamiens opposés au régime communiste de Hanoï pourquoi ne pas les accueillir en France à la place des immigrés africains et arabes ?
    Je pense que nous gagnerions au change !!

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Lettre Libertés

Suivez les publications de l'IREF, inscrivez-vous gratuitement à notre lettre journalière