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La gestion des finances publiques : la double peine

par Arnaud Pineau-Valencienne

En quatre décennies, le déficit public du pays devient vertigineux, l’origine remonte à la première alternance de la Ve République, la France subit, par dogmatisme, un chambardement en matière de gestion de ses finances publiques. Nos partenaires américains et anglais nous le ferons comprendre lors d’un somptueux dîner à Versailles par leur silence éloquent.

Les promesses démagogiques fleurissent, « flattent les mouvements d’option » et l’addition se paie immédiatement

Cette pratique politique n’est pas nouvelle. Elle est observée sous la IVe République avec des dirigeants de gauche. Jacques Rueff adresse au premier ministre en décembre 1957 cette observation relative à l’état de nos finances :« le déficit prive la France de toute liberté de décision … et la réduit au statut l’État mineur dépendant de la charité internationale… ».

Le 13 mai 1958, une rébellion s’instaure en Algérie et paralyse le pouvoir. Tout le monde comprend le caractère insurrectionnel du mouvement, mais personne ne sait comment envisager l’avenir. Les grandes manœuvres se jouent dans l’ombre, le Général de Gaulle sort de sa réserve; bien qu’interdit de parole sur les antennes françaises depuis Jules Moch , sa conférence de presse du 19 mai n’est pas diffusée sur les antennes et pour cause, mais elle déclenche l’initiative du Président Coty qui propose un mandat de premier ministre au Général, avec les pleins pouvoirs de l’assemblée pour réformer les institutions.

Sans attendre le Général accepte et engage le redressement des finances par un plan ambitieux, connu sous le nom du plan Pinay-Rueff, celui-ci est adopté fin décembre 1958 . Le Général devra « tordre le bras » des membres du gouvernement pour obtenir leur soutien. C’est le début d’une ère nouvelle de budgets à l’équilibre dont le pays bénéficiera pendant près d’un quart de siècle. En 1981, Raymond Barre remet à son successeur socialiste un budget quasiment à l’équilibre après deux crises pétrolières, une situation des finances qui aujourd’hui ferait pâlir d’envie les gouvernements les plus vertueux !

Les promesses démagogiques fleurissent, « flattent les mouvements d’option », l’addition se paie immédiatement : dévaluations en chaîne, chômage croissant, perte de compétitivité de nos industries. Simultanément, Milton Friedman proclame que « la liberté doit précéder l’égalité pour obtenir plus de justice sociale, sans l’avoir voulue, » nos dirigeants n’entendent pas le prix Nobel ! Le revenu par habitant français, qui dépassait celui des États-Unis et de l’Allemagne en 1981, est aujourd’hui inférieur de 40%.

Les impôts augmentent sans retenue, comble de malheur, le déficit public se creuse

Pour rester populaire et pour la première fois l’impôt se veut punitif, il ne touche qu’une fraction de la population contrairement au dogme constitutionnel qui précise que chacun doit y contribuer selon ses moyens.

La double peine : plus d’impôts et de nouveaux impôts se superposent, le déficit augmente. Comme l’impôt tue l’impôt, la France vit des départs vers l’étranger, avec comme conséquence, les sorties d’argent qui s’investissent ailleurs, les principaux contribuables dans l’hexagone diminuent au bénéfice des pays d’accueil.

Tout ceci s’explique par l’état d’esprit ambiant, une confidence du Président Mitterrand à son prédécesseur est éloquente, « il dit vouloir supprimer la bourgeoisie française » . Surprenante confidence de vouloir supprimer une fraction de la population pour ce qu’elle est … !

Ainsi prennent corps des antagonismes profonds dans le Pays, ils persistent aujourd’hui avec une fiscalité injuste et sélective. Les esprits simples y voient la solution de tous nos problèmes, sans vouloir regarder ce qui se fait autour de nous et qui marche. Personne ne se souvient de ce fait : le franc suisse valait environ un franc français en 1969, aujourd’hui il vaut environ un euro. L’épargnant français a vu son épargne divisée par plus de six, alors qu’elle est inchangée pour le résident Suisse. A qui la faute ? Le français qui aura maintenu le pouvoir d’achat de son épargne devra acquitter de surcroît l’impôt sur la plus value, encore une double peine.

Les présidents successifs ne s’attaquent pas à la résolution du problème, après des promesses multiples de réformes, car ils craignent l’électeur. Les pays autour de nous donnent l’exemple d’une fiscalité mieux répartie et plus modérée.

La droite, pendant son passage aux Affaires, a opté pour une politique « rad-soc » oubliant que l’amélioration des conditions de chacun, la richesse de tous, découle de la créativité des entrepreneurs, des ressources qu’ils y consacrent et des risques qu’ils assument.

En 1974 , un article mémorable de Rueff explique comment redistribuer la richesse créée. Il combat « la pharmacopée de Magicien de Cambridge » qui engendre une spirale inflationniste . Loin des pratiques perverses de certain ministre qui « débloquent de l’argent qui n’existe pas … » Sources de l’inflation par excellence.

Qui aura la sagesse et le courage de suivre Jacques Rueff lorsqu’il affirme : « la France il faut lui faire vouloir son salut, lui dire les moyens de l’obtenir , et les raisons de le désirer » ?

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6 commentaires

brandenburg 22 décembre 2021 - 8:35

La gestion des finances publiques : la double peine
1-Le plan de 1958 s’appelait « Armand Rueff » et non « Pinay » qui a d’ailleurs quitté très vite le gouvernement;2 Giscard a fait voter des budgets en déficit sous prétexte de »la crises pétrolière » soit en 1974.

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en fait 22 décembre 2021 - 9:40

La gestion des finances publiques : la double peine
Oui, la  » gestion des finances publiques » est un oxymore, aussi A. Pineau-Valencienne doit avoir un prix de l’humour noir des Lettres Persanes :  » j’ai pu vivre dans la servitude, mais, j’ai toujours été libre ».
juste quelques faits à ne pas oublier:
– Jules Moch et ses actions au moment du plan Marshall.
– Pinay-Rueff, oui mais, leur lancinant oubli d’une profonde modernisation de l’agriculture a produit une forte augmentation des besoins de M.O. étrangères, . .. ….,
– Rueff , ses lancinantes demandes de remboursement en Or vs USD impliquent dans une certaine mesure Aout 1917 pardon 1971 . .. ….,
– Milton Friedman, pourtant l’impression non-stop depuis des décades ne produit pas d’inflation  » classique » , par contre l’arrêt génial de l’activité économique Oui
– J.M. Keynes est pour la suppression de l’IRPP.
– il y a 40 ans la trahison de J.Chirac a permis la sinistre situation actuelle . .. ….,
l’économie est une matière Vivante à la fois dans les temps et surtout dans des espaces spécifiques . .. …., il faut développer une autre grille économique et oublier les fossoyeurs du pays

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cendu 22 décembre 2021 - 11:58

La gestion des finances publiques : la double peine
Avec une classe politique de plus en plus médiocre (le terme est gentil) depuis Giscard d’Estaing (début des déficits), je ne sais pas comment nous pouvons nous en sortir.
Un miracle nous fera peut-être élire un bon président. Mais il aura besoin de tellement de courage et de détermination avec notre population d’assistés.

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JR 22 décembre 2021 - 7:52

La gestion des finances publiques : la double peine
Bonjour, constats auxquels il faut ajouter la catastrophe orchestrée par les verdâtres. Verdâtres ou vert de gris, qui veulent tout voir disparaitre, les usines, les centrales nucléaires, les sapins de Noël, les voitures, les routes, les avions, l’humanité, etc… (sauf la SNCF car le bilan financier désastreux, cela ils aiment bien).
Le budget alloué à l’éscrologie politico-religieuse est considérable. Cela ne fait que commencer, les 1 ers signaux se manifestent par la hausse des énergies primaires, par faute de stratégie énergétique (Hollande & Macron) depuis 10 ans. Au lieu de ne penser qu’à ennuyer les Français avec des panneaux 80 km/h et des taxes  » dites » Carbone sur les carburants (bloquant ainsi le pays18 mois), il eut été préférable que E. Philippe 1 er se préoccupe de la politique énergétique et vire EELV du gouvernement afin de conduire les affaires de la maison France. Macron, lui, se réveille après presque 5 ans, en réactivant une politique thermonucléaire (reste à voir) c’est affligeant et nous devrions avoir confiance. Charles au secours ! Merci. Bien à vous.

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JR 22 décembre 2021 - 10:00

La gestion des finances publiques : la double peine
Bonjour, la désindustrialisation continue de la France accélère ce mouvement.
En témoigne un excellent article de notre voisin Belge Samuel Furfari : https://climatetverite.net/2021/12/21/lenergie-doit-etre-le-nerf-de-la-guerre-contre-notre-faillite-industrielle/
Il est clair que sans un choc de prise de conscience, la France ex 3 ème puissance mondiale, poursuivra inlassablement son déclassement et sa déliquessence. Pour cela les EELV doivent être évincés de toutes les instances décisionnelles. Charles au secours ! Merci. Bien à vous.

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Pineau-Valencienne 23 décembre 2021 - 4:10

La gestion des finances publiques : la double peine
Précisons pour le commentateur de mon propos:

Il s’agit bien du plan PINAY-RUEFF ( aussi appelé plan Pinay, ou plan Rueff ) approuvé par le Général lors réunion de 3h en novembre 1958 valide en déc 58. Sont Présents : de Gaulle , Pompidou, Goetze, Pinay , Baumgartner, et Rueff.

Début décembre le Général convoqué Rueff et lui demande :
Que dirais-je aux français si le plan ne marche pas?
Réponse admirable de Rueff «  j’accepte que l’idée que vous retiendrai de moi soit directement lié au résultat d’à plan si vous l’appliquez . »

Dix ans après 1968, le Général élève à la dignité de Grand Croixde la Légion d’Honneur JacqueS Rueff et lui rappelle sa réponse .

Pour le commentateur le plan RUEFF-ARMAND, c’est plus tard, 1959 a la demande du premier ministre.
Cordialement
APV

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