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LVMH-Tiffany : quand la politique et le privé se mélangent

14,7 milliards d’euros, c’est la somme que devait débourser LVMH pour la marque américaine Tiffany. Un montant historique qui correspond à la plus grosse acquisition de l’histoire du champion français du luxe. Ce rachat, scellé en novembre 2019, constituait une formidable opportunité pour le groupe français de se positionner dans le secteur de la joaillerie et accroître sa présence aux États-Unis. Cependant, le mercredi 9 septembre, 2020 LVMH annonce renoncer au rachat de Tiffany. Comment expliquer ce revirement de situation ? Les circonstances ne sont pas claires.

Une demande émanant du Quai d’Orsay

Le 31 août, Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie française, fait parvenir une lettre au groupe LVMH lui demandant de différer l’acquisition de Tiffany au-delà du 6 janvier 2021. Ce qui ne laissait pas d’autre choix au groupe français que d’annuler définitivement l’opération, comme l’a annoncé son directeur financier. Rappelons-le, LVMH est un groupe 100% privé, dans lequel l’État français n’a aucune part. C’est la première fois qu’un ministre des Affaires étrangères intervient dans les opérations commerciales d’un groupe purement privé. Cette intervention est donc déplacée et injustifiée. Sauf si... LVMH l’avait sollicitée ?

Pourquoi une telle intervention ?

Les raisons de cette intervention inédite sont encore floues. Deux hypothèses sont avancées.
La première est la version officielle du Quai d’Orsay : la détérioration des relations commerciales entre la France et les États-Unis. La lettre envoyée par Jean-Yves Le Drian stipule que l’opération commerciale doit être reportée en raison des menaces du gouvernement américain de taxer les produits français.
Deuxième hypothèse, qui n’est encore corroborée par aucune preuve : cette lettre servirait d’excuse à LVMH pour annuler ou reporter une opération que le groupe regretterait depuis quelques mois. Le site d’information Bloomberg a même avancé que LVMH aurait d’abord cherché le soutien du ministre des Finances qui aurait refusé et se serait donc tourné vers le ministre des Affaires étrangères.
Cette seconde hypothèse, si elle s’avérait, mettrait l’exécutif en difficulté. Mais rien ne prouve pour le moment qu’elle est fondée. En revanche, la première hypothèse (la dégradation des relations commerciales entre la France et les États-Unis et les dangers pour les entreprises françaises) est une réalité. Car l’augmentation des droits de douane dont pourrait souffrir le groupe français découle de l’adoption de la taxe GAFA décidée par le gouvernement français. En réaction, les États-Unis ont annoncé des mesures de rétorsion – qu’ils n’ont pas encore appliquées - à hauteur de 1,15 milliard d’euros sur les produits français de luxe. Le rachat de Tiffany par LVMH fragiliserait donc le ministère des Affaires étrangères actuellement en négociation avec l’État américain.
Ainsi, l’affaire LVMH-Tiffany pourrait être la conséquence de la dégradation du contexte économique due à l’initiative française de taxer les GAFA.

Sources :
https://www.lemonde.fr/economie/art ...
https://www.lemonde.fr/economie/art ...
https://www.lefigaro.fr/societes/lv ...
https://www.atlantico.fr/decryptage ...
https://www.ft.com/content/72af09b4 ...

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Messages (1)

Situation et normes

le 22 septembre, 09:13 par Laurent46

La France est un gouffre financier sans aucun retour à de choses plus sérieuses qui ne contribue pas loins s'en faut à une relocalisation. de plus la grande prétention de nos politiques à vouloir donner des leçons au monde entier et de mêler de tout et surtout de rien n'est pa la meilleure façon d'exporter nos produits. Autre problème très grave est souvent la non conformité des produits fabriqués en France face aux normes internationales et pire encore aux normes NFEN au profit de petites normes francophones NFC souvent conflictuelles avec les normes internationales et Européennes. L'application sans réserve de ces normes NFC est bien organisé à travers les certifications obligatoires imposées en France qui une fois de plus ne fabrique que des inutiles et sont des charges financières et de disponibilité qui font beaucoup de dégâts dans les PME et TPE. Le problème est beaucoup plus vaste que l'on pourrait simplement le croire.

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