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L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

dimanche 5 septembre 2021, par Jean-Philippe Delsol

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, lors de son discours au « Campus 2021 » du parti, à Blois le 28 août 2021, a prôné « l’universalisme républicain, la justice sociale et écologique et l’égalité réelle ». C’est la vielle lune marxiste de la liberté réelle contre la liberté formelle qui ressort désormais en égalité réelle contre l’égalité formelle pour satisfaire à l’égalitarisme ambiant. Il est donc sans doute utile de redire pourquoi ce concept éculé d’égalité réelle est dangereux à l’égal de celui de liberté réelle.

Selon le sens commun l’égalité réelle est l’égalité effective, qui existe dans la réalité qui fait les hommes différents de taille, d’intelligence, de sentiments, de couleur de peau autant que de condition. Mais elle est aussi cette égalité donnée à chacun de disposer de son libre arbitre pour pouvoir édifier sa vie, faire ses choix. Malheureusement, les mots sont trompeurs et ce que veulent les socialistes et autres crypto communistes, c’est une égalité construite, imposée, décidée par l’Etat et donc dangereuse, privative de libertés. Leur égalité réelle est nécessairement une égalité arbitraire et forcée. En même temps cette égalité crée de nouvelles inégalités.

Egalité contrainte et violence

« Supposons, écrit Milton Friedman, que vous marchiez dans une rue avec trois amis et que vous-même tombiez sur un billet de 20 dollars abandonné sur la chaussée. Il serait évidemment généreux de votre part de le partager également entre vous quatre ou, au moins, d’offrir un verre à vos compagnons. Mais supposons que vous ne le fassiez pas. Les trois autres auraient-ils raison d’unir leurs forces et de vous obliger au partage ? Je soupçonne que la plupart des lecteurs seront tentés de dire que non [1] … » Plus que ça, la plupart des lecteurs dénonceraient sans doute une violence infondée.

N’est-ce pas la même situation quand, par la progressivité de l’impôt, l’État s’empare de la propriété des uns pour la redonner à d’autres ou quand il taxe ardemment les successions à l’encontre de la volonté des parents de laisser leurs biens à leurs enfants ? Les partisans de la progressivité de l’impôt invoquent la notion de coût et sacrifice marginal, mais leur raisonnement subjectif omet de mettre en parallèle l’effort marginal plus important à produire pour gagner plus. Pourtant, ils réclament que les heures supplémentaires soient mieux payées !

Partant de bons sentiments, l’égalité des chances porte elle-même en germe tous les dangers de l’égalitarisme niveleur. Car pour assurer une totale égalité des chances de tous à chaque instant, il faudrait nécessairement, sans y prêter attention peut-être, l’avènement d’un État omnipotent, intervenant sans cesse dans la vie de chacun. Et il ne serait pas admis que ceux auxquels était due leur chance n’obtiennent pas un revenu et un patrimoine équivalents à ceux des autres. Et si certaines différences étaient admises, qui déciderait, s’il y a lieu, du niveau acceptable de différence ? L’égalité des chances est sans bornes. Elle ouvre nécessairement la porte à « toujours plus » d’argent public et toujours plus de contraintes sur ceux qui payent l’impôt. N’en sommes-nous pas déjà là d’ailleurs ?

L’égalitarisme produit de l’inégalité

Ce n’est qu’à l’égard des personnes qui n’ont pas toutes leurs capacités que l’égalité des chances peut avoir un sens comme un moyen de leur permettre de les acquérir ou, à défaut, d’y suppléer. La puissance publique peut notamment s’assurer que tous les enfants mineurs puissent recevoir une éducation scolaire la mieux appropriée à leurs capacités, ce qui ne l’oblige pas, sauf nécessité, à s’occuper elle-même de l’instruction. Mais l’école ne réussit que lorsque ceux qui savent enseignent à ceux qui ne savent pas encore. Il faut accepter l’inégalité du savoir pour le partager. Quand, à l’inverse, l’école cherche à s’abaisser au niveau des plus médiocres, quand elle se refuse à exiger de tous les efforts nécessaires à l’élévation de leur niveau scolaire, quand elle méconnaît les différences de capacité qui devaient permettre de pousser certains plus loin que d’autres, elle recrée des inégalités au détriment de ceux qui n’ont pas chez eux l’environnement et l’appui qui leur permettent de progresser.

Le devoir commun peut conduire aussi à favoriser l’égalité des chances à l’égard de ceux qui ont un handicap physique ou mental qui les empêche d’exercer par eux-mêmes toutes leurs libertés. Mais quand l’État-providence étend le spectre de son assistance au-delà du strict nécessaire, quand il engourdit les hommes autant qu’il les contraint au point de leur désapprendre l’usage de leur libre arbitre, il détruit l’humanité même de chaque être qui repose par essence dans sa singularité, sa différence, et dans sa liberté de découvrir et devenir par lui-même ce à quoi il est appelé. Et par la même, il aggrave les inégalités entre ceux qui ont la chance d’avoir reçu le sens de la responsabilité en héritage et ceux qu’il prive de l’acquérir.

Pour les socialistes, vouloir l’égalité réelle, c’est vouloir faire le bien des hommes à leur place. C’est la graine de poison de tout totalitarisme.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/L-egalite-reelle-le-nouveau-poison-socialiste

[1Milton Friedman, Capitalisme et liberté, Paris, Flammarion, coll. « Champs essais », 2016, p. 244.

Vos commentaires

  • Le 6 septembre à 04:32, par Laurent En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    Ce serait bien de se battre aussi pour "l’égalité réelle dans le travail" et indexer le revenu et les aides en fonction du travail ou de la compensation effectuée. Mais n’est-il pas plus facile de se battre pour "l’égalité réelle dans les loisirs et la fainéantise" et cela ne mettra pas en porte à faux bon nombre de politiques et de services publics.

  • Le 6 septembre à 06:50, par Alex En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    « Pour les socialistes, vouloir l’égalité réelle, c’est vouloir faire le bien des hommes à leur place »

    Hélas, c’est surtout au final vouloir faire le bien des hommes MALGRÉ EUX !

    En les "rééduquant" si nécessaire.

  • Le 6 septembre à 08:39, par zelectron En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    et bien entendu l’égalité pour tous par le bas :
    s’il se trouve (par hasard) un pithécanthrope dans la foule à socialiser tout le programme marxiste devra s’aligner sur le moins disant intellectuel et culturel d’y celui-là !

  • Le 6 septembre à 08:51, par Obeguyx En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    Oui pour l’égalité réelle ! Mais pour arriver à ces fins il est nécessaire de pouvoir réaliser des manipulations génétiques afin de réaliser l’égalité de manière prénatale (ouaf, ouaf). Les Socialistes et leur idéologie de poubelle sont des monstres et l’HISTOIRE l’a déjà maintes fois prouvé. Quand va-t-on leur clouer le bec !!! Ah, au fait on nous annonce Ségolène pour un prochain ministère, soit chez Macron, soit chez Bertrand, si l’un d’eux est élu à la fonction suprême. Deux bons vieux socialistes !!!

  • Le 6 septembre à 09:15, par Mesnil En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    Comme les Socialistes ne savent pas quoi inventer pour se rendre intéressants et attirer l’attention sur eux, ils s’emparent de torches avec lesquelles ils espèrent mettre le feu à la société histoire d’en retirer le moment venu les "marrons" encore fumants. Ce type de procédé n’est pas nouveau et n’engendre que des dégâts considérables. Bien évidemment, l’égalité est un leurre incontestable et ce, dès avant la naissance mais comme chacun le sait, il faut de tout pour faire un monde. L’égalité, l’uniformisation prônée par ces agitateurs de miroirs aux alouettes ressemble à ce qu’on observe dans la Nature transformée par l’homme : monoculture, monorace (avec ses recherches outrancières comme le "poulet spaghetti aux USA), etc... au grand dam de la diversité si indispensable à la bonne marche du Monde. C’est comme lorsque Georges Marchais qui n’avait rien d’interessant à proposer sinon d’être dans la contestation de principe et permanente, allait prendre ses ordres à Moscou pour rapporter la "bonne parole" en France. Derrière tout cela, il n’y a que du calcul politique. Et bien sûr, c’est toujours le pays qui en fait les frais.

  • Le 6 septembre à 09:37, par Ghislaine FEDYCKI En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    pas lu mais en résumé je vous renvoie au livre de Didier Anzieu
    le moi peau qui vus appelera les limites de l’EGALITE il y a un intérieur et un extérieur donc EGALITE UTOPIE !!!
    progressisme modernisme et bien il est grand TEMPS de se souvenir que nos parents ont été en mesure de faire vivre le monde et celui de FRANCE avec beaucoup d’HUMANITE même avec ses erreurs !!!!

  • Le 6 septembre à 10:56, par PICOT En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    On peut démontrer tout ceci par l’absurde : y a t il un un pays où le socialisme fut ou est une réussite éclatante ?

  • Le 12 septembre à 07:54, par JY Guedj En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    Pensez vous sérieusement que les 3 chaînes d’information continue ( LCI, CBnews et BFM) offrent une diversité à leurs auditeurs Ces chaînes se copient dans leurs thèmes, leurs urgences, et le fond de leurs commentaires en dehors de leurs choix stratégiques des animateurs , Zemmour et consort qui est un choix marketing plus qu’éditorial.
    3 chaines, ça multiplie par 3 le nombre d’animateurs et par 3 le nombre de commentateurs professionnels 24/24 qui a mon avis ne font que baisser la valeur et le sens de leurs avis. Comme le disait Paul Valéry, les experts ( les nouveaux commentateurs) sont ceux qui se trompent selon les règles . N’est pas Raymond Aaron qui veut.
    Vous dites diversité et concurrence entre ces chaînes alors qu’il s’agit en fait d’un monopole déguisé rentable par les publicités générées.
    Liberté, égalité il y a ceux qui en parlent théoriquement et ceux qui essaient de les mettre en œuvre.
    Ne soyons pas dupes ni naïfs.

  • Le 12 septembre à 09:00, par alain bertrand En réponse à : L’égalité « réelle », le nouveau poison socialiste

    Les enfumeurs sont de retour, ils vous promettent que la vaseline sera gratuite, sil sont au pouvoir,
    La sociale 36, c’est terminée, il y a longtemps que la fin récréation à été sifflée
    Maintenant nous sommes passé au siècles des entroubaliseurs professionnels et ceci sans vaseline, les Français maintenant ne gueulent plus avant d’avoir mal, ils sont sont rodés les moutons pour la broche

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