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Etats-Unis, le pays de l’emploi, de l’entrepreneuriat et des… aides sociales

lundi 18 novembre 2019, par Nicolas Lecaussin

Malgré le ralentissement économique (relatif) à 2 %, le marché de l’emploi américain affiche toujours une excellente santé. L’économie a créé 131 000 nouveaux emplois nets en octobre, ce qui a dépassé les attentes et c’est d’autant plus notable que quelque 42 000 emplois ont été perdus à cause de la récente grève chez General Motors. A cela, il faut rajouter 95 000 emplois en août et en septembre (révisions à la hausse), ce qui représente en moyenne 176 000 emplois au cours des trois derniers mois. C’est plus que les 167 000 emplois mensuels pour l’ensemble de l’année 2019 : non seulement la création d’emplois ne ralentit pas, mais elle s’améliore.

Le taux d’emploi des 25-54 ans est à 80.3 % (il était à 76.4 % sous Obama), soit le plus haut niveau depuis janvier 2007. Le taux de chômage des Afro-Américains a chuté à 5,4%, un nouveau record et le taux d’emploi des Américains d’origine hispanique a atteint 67,3%, le meilleur niveau depuis septembre 2010. La belle tenue du marché de l’emploi pourrait s’interrompre si la guerre commerciale dure trop ou – et c’est encore plus inquiétant – si les Démocrates, majoritaires à la Chambre, parviennent à faire passer leurs propositions de hausses d’impôts et de taxes et de nouvelles réglementations.

Ce que l’on sait moins c’est que dans ce pays de la liberté entrepreneuriale et de la création d’emplois il existe aussi une impressionnante politique en faveur des pauvres. Le taux de pauvreté, mesuré depuis 1963 par le Census Bureau, est d’environ 12.7 %, à peu près le même depuis 50 ans. Toutefois, les aides accordées sous toutes les formes aux pauvres sont passées de 3.070 dollars/personne en 1965 à 34.093 dollars en 2017. Onze fois plus (en dollars constants) ! Il s’agit d’une multitude d’aides accordées par l’Etat fédéral ou les états et les administrations locales. A cela s’ajoutent les aides privées (fondations, charities, etc.) qui se montent à plus de 500 milliards de dollars. La redistribution représente 84.2 % du revenu disponible du quintile le plus pauvre. M. Piketty devrait le savoir…

Cette redistribution, même assortie de mesures de contrôle et de retour à la vie active, a pourtant des conséquences importantes sur les plus pauvres car elle les rend dépendants des aides et les empêche de prendre un emploi. Malgré la vitalité de l’économie.


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