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Cours en présentiel : chassez le mot mais rendez-nous les salles !

Pour le deuxième confinement qui a débuté fin octobre, l’Etat a décidé de fermer les universités et les établissements d’enseignement supérieur. Ainsi, les cours ne se font désormais plus en « présentiel » mais obligatoirement en « distanciel ». Deux néologismes un peu prétentieux pour dire plus simplement que les étudiants doivent suivre leurs cours en ligne par vidéoconférences, et non plus en salles. Mais ce système est critiquable en de nombreux points car il ne permet pas de former suffisamment les futurs diplômés au monde du travail.

Une concentration moindre derrière son ordinateur

C’est un fait, et peu d’étudiant diront le contraire : il est plus difficile de se concentrer et de prendre des notes pendant des cours en visioconférence, que ce soit avec un stylo ou en tapant sur un clavier. L’écran n’est pas seul en cause. Un professeur, c’est aussi un regard, une présence corporelle, qui rendent les cours bien plus vivants. S’adresser à une camera n’est pas du tout la même chose que de regarder son auditoire, percevoir ses réactions, s’y adapter aussi. Même des professeurs expérimentés se montrent réticents envers cette méthode.
De plus, en raison des contraintes horaires et des temps de connexion parfois longs, il arrive qu’ils doivent sacrifier des détails et des aspects particuliers des sujets qu’ils exposent, ce qui en rend la compréhension moins pointue. Ajoutons à cela les nombreux problèmes de connexion, le son et la vidéo qui coupent inopinément, les micros qui saturent…
Enfin, sans céder à une généralisation abusive, on peut penser que beaucoup d’étudiants suivent le premier cours de la journée après un réveil le plus tardif possible, encore en pyjama peut-être… et sûrement assez loin du pic de concentration requis.

Un manque de lien social

Le lien qui souvent se tisse entre élèves et professeur, ainsi qu’au sein d’une promotion, est crucial pour la réussite des études. C’est un creuset pour les débats, les échanges d’idées, l’amitié, l’entraide aussi. D’une autre qualité que celle des réseaux sociaux. Aujourd’hui par exemple, impossible de venir s’entretenir avec un professeur à la fin d’un cours. En fac aussi bien que dans les écoles professionnelles, il peut être important de vérifier un point mal compris, de solliciter une aide, de faire part d’une difficulté particulière ou, pour ceux qui sont à la recherche d’un stage ou d’une alternance, de faire valoir leur motivation, voire de remettre un CV. Il arrive que l’avenir se joue sur une rencontre, et c’est un vrai handicap d’être privé de ces opportunités.
Le cours sur Skype, Teams, ou autre Zoom ne permet plus cette interaction sociale indispendable aux études et au travail. Il créée un sentiment d’isolement que certains étudiants supportent difficilement. La fin de la vie de campus ou, pour beaucoup, l’enfermement dans un logement exigu, l’arrêt des activités extra-scolaires, tout cela fait que sur le plan psychologique, les étudiants ne seront sans doute pas plus épargnés que le reste de la population.

Le cours en ligne ne forme pas au monde du travail

Les cours en ligne ne forment pas à la professionnalisation, ne préparent pas à l’insertion dans le monde du travail, avec des collègues et des supérieurs. D’ailleurs, le télétravail ne concerne qu’une minorité des emplois, l’avenir ne le généralisera probablement pas à 100% et ce n’est pas souhaitable. Les informations entre collègues circulent moins vite et moins bien via les connexions informatiques qu’autour de la fameuse machine à café, pour reprendre un symbole très utilisé. Preuve en est qu’une partie non-négligeable des salariés, même chez les cadres, préfèrent venir au bureau actuellement, ils s’y sentent plus productifs que chez eux. Plus dynamiques, plus motivés aussi, car l’isolement comporte un vrai risque, celui de faire diminuer l’intérêt que l’on porte à son travail.

L’informatique, la numérisation, la visioconférence sont des outils intéressants que nous devons évidemment employer et développer. Mais on le voit bien dans le test géant que la Covid-19 nous force à faire, ils restent des outils qui dépannent et peuvent améliorer les performances. C’est toujours l’humain qui crée la dynamique, et plus encore peut-être à l’âge bouillonnant des étudiants. Ils ont besoin de professeurs et les professeurs ont besoin d’eux. On nous parle des risques, mais ils sont minimes dans les salles et les amphis, lorsque les consignes sanitaires sont respectées. Et ce n’est pas l’ordinateur qui les convaincra du danger de faire la fête. Un professeur, en revanche, peut avoir une réelle influence.
Alors pour le bien des étudiants, rouvrons l’enseignement supérieur !

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