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Commerce européen : l’Allemagne et son Hinterland confirment leur suprématie

lundi 1er mars 2021, par Alexandre Massaux

Dans un précédent article, nous avons relevé un déséquilibre commercial entre la France et l’Allemagne en faveur de la seconde. Les dernières données d’Eurostat, parues en février 2021, confirment cette tendance. L’Allemagne dégage le plus grand excédent commercial des pays de UE tandis que la France présente le plus grand déficit. Les deux Etats du prétendu « moteur européen » sont aux antipodes en matière de balance commerciale. Une analyse plus poussée de ces données fait ressortir une dynamique interne à l’Europe : les pays se situant dans l’Hinterland, la zone d’influence historique de l’Allemagne, obtiennent des résultats commerciaux positifs. Plus que jamais, la France doit revoir son modèle industriel, sinon elle risque d’être reléguée à la périphérie du centre de gravité européen.

Une Europe divisée en deux

Les chiffres de 2020 n’apparaissent pas radicalement différents de ceux de 2019. La situation actuelle n’est donc pas liée à la crise du COVID mais confirme une tendance antérieure. Néanmoins, l’Europe est divisée en deux comme le montre le tableau ci-dessous.

Source : Eurostat 15 février 2021

Le commerce intra-européen occupe une place majeure dans les échanges économiques entre les pays. A l’exception de la Suède, du Danemark et de l’Allemagne, ceux qui ont une balance commerciale positive ont un excédent au niveau intra-UE. La Pologne, la République tchèque et la Hongrie , les trois principaux pays du groupe de Visegrad, sont particulièrement représentatives : avec un solde négatif pour l’extérieur de l’UE, elles retrouvent une balance générale positive grâce à leurs relations avec les autres pays de l’UE et particulièrement avec l’Allemagne. Même phénomène avec les Pays-Bas qui enregistrent un déficit de plus de 100 milliards d’euros pour le commerce extra-européen mais compensent largement par le plus grand excédent intra-UE des 27 pays.

Inversement, la France est dans une situation générale de déficit du fait de son incapacité à exporter suffisamment au sein de l’UE et à compenser par le commerce extra-européen. De même, à l’exception de l’Italie et de la Slovénie, les pays méditerranéens apparaissent peu compétitifs.

Ce découpage entre Europe importatrice et Europe exportatrice n’est pas géopolitiquement aléatoire.

Le cœur commercial et industriel de l’UE : les frontières de l’empire allemand ressurgissent

Hormis l’Autriche et le Luxembourg qui affichent de légers déficits commerciaux, l’ensemble des pays de « la zone d’influence de l’Allemagne » est excédentaire. Historiquement, les régions du Benelux, de la Mittle Europa, en passant par l’Italie du nord, sont issues des territoires des empires germaniques. Or, l’Allemagne est redevenue le cœur industriel de l’Europe. Son fort entremêlement avec les économies d’Europe centrale ont renforcé ces dernières, tandis que la Belgique et les Pays-Bas tirent profit de leurs ports d’Anvers et de Rotterdam. Quant à l’Italie, avec le quatrième excédent en terme de valeur, elle bénéficie des industries de ses régions du nord. La Lombardie est notamment la deuxième place industrielle d’Europe. Elle porte l’économie italienne. Il n’est donc guère surprenant qu’elle soit un bastion de la Ligue du Nord, parti initialement indépendantiste.

L’industrie ne représente plus que 12% du PIB en France ; en Allemagne et en Italie, respectivement 23% et 21%. C’est un atout pour l’Italie, ou du moins pour la Lombardie, pourtant durement touchée par la crise économique et dont la bureaucratie est imposante. L’Allemagne, elle, profite d’une classe politique pro-industrie et pro-économie. Grâce aux réformes économiques du début des années 2000, elle a gagné en compétitivité et s’est imposée comme une puissance dirigeante. D’autant plus que ces réformes ont été l’œuvre du chancelier social-démocrate Schroeder qui dirigeait une coalition SPD-verts ! Une situation difficilement concevable en France et qui contribue à expliquer la force allemande.

Des leçons à tirer des partenaires extra-européens

Eurostat donne aussi des chiffres sur les principaux partenaires de l’UE. Les trois premiers sont la Chine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec une balance commerciale respectivement de -164, 152 et 125,5 milliards d’euros. Le commerce étant en augmentation avec la première et en baisse avec les deux pays anglo-saxons, plusieurs observations s’imposent. Le risque de dépendance vis-à-vis de la Chine doit être pris au sérieux. Il ne sera pas possible pour l’UE d’avoir une marge de manœuvre politique face à Pékin si ce dernier est le principal fournisseur européen. Quant au Royaume-Uni, partenaire vital malgré le Brexit, la liberté d’échange avec l’UE ne doit pas être perturbée.7

Compte tenu de toutes ces tendances, la France devrait sérieusement réfléchir à sa politique commerciale et industrielle. Le fait que l’Italie, un pays dont le cœur industriel a été l’épicentre de la pandémie du COVID en Europe et qui a été paralysé, se retrouve dans une situation bien plus favorable que la France est un indicateur inquiétant d’un point de vue français.

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