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Pas de formation professionnelle efficace sans remise en cause du paritarisme !

Les gouvernants ne cessent de mentionner la formation professionnelle et l’apprentissage dans leurs discours – et leurs promesses - sur le chômage. Ils oublient néanmoins de rappeler quelques données essentielles et surtout l’échec de leurs politiques. Officiellement, la formation professionnelle représente plus de 31 Mds d’euros. Pour quels résultats ? Le taux de chômage français est plus de deux fois supérieur à celui de la plupart des pays riches. Celui des jeunes est même quatre fois plus élevé qu’en Suisse ou en Allemagne !

Malgré l’ambiguïté des comptes, on peut estimer que la formation professionnelle[1] représente environ 24 Mds d’euros sur 31 Mds dont 44 % proviennent des entreprises, 14.7 % des régions et 12.3 % de l’Etat (chiffres DARES, 2016). On évalue les dépenses à : pour les jeunes, apprentissage, stages, alternance etc, plus de 7Mds d’euros (24.3% du budget) ; pour les chômeurs, 4,5 Mds (14.7% du budget) ; pour les agents du secteur public, 5.5 Mds (17.6% du budget).
Tout cet argent transite par plus d’une centaine d’organismes collecteurs (les OPCA) et plus de 60 000 centres de formation !

Transformer le CPF en un véritable « chèque formation » !

Malgré ces sommes et le nombre des « acteurs » impliqués, le taux d’accès à la formation est très mauvais par rapport à d’autres pays. Selon le dernier (2016) rapport de l’OCDE (« Regards sur l’Education »), sur un an, moins de 40 % des adultes (25-64 ans) ont participé à des activités de formation en France. C’est nettement inférieur à la moyenne des pays étudiés par l’organisation internationale, qui s’établit à 50 %. La France se classe ainsi au 25e rang, loin derrière les pays nordiques ou les Pays-Bas dont les taux sont tous supérieurs à 60 %. De plus, l’OCDE pointe, dans l’Hexagone, un faible accès des adultes en "reconversion" aux diplômes d’enseignement.
Il serait peut-être temps de réformer de fond en comble le système. L’argent public et celui des entreprises est mal utilisé. Concernant la formation professionnelle, on pourrait transformer le CPF (compte personnel de formation) en véritable « voucher ». Lancé par François Hollande en 2015, le CPF est alimenté en fonction des heures travaillées, à raison de 24 heures par an pour un salarié à temps plein pendant 5 ans, puis de 12 heures annuelles pendant 2,5 ans, pour atteindre un maximum de 150 heures. En 2015, près de 208 000 dossiers CPF ont été validés (mais seules 2 616 personnes ont entamé et terminé une formation dans l’année !). Ce qui montre les limites du CPF, qui dépend beaucoup du mastodonte AFPA (agence de la formation professionnelle des adultes) et de Pôle Emploi qui contrôle les chômeurs en formation.

En Suisse et en Allemagne, les entreprises ne sont pas obligées de financer la formation

Il serait beaucoup plus efficace de donner plus de liberté aux adultes et aux entreprises en matière de formation, comme c’est le cas en Allemagne et en Suisse où il n’y a pas d’obligation de formation des salariés pour les entreprises alors qu’en France, elles doivent payer la taxe pour la contribution à la formation professionnelle. Transférons la formation professionnelle aux individus et aux entreprises, les mieux placées pour évaluer leurs besoins. Avec une concurrence saine entre les organismes de formation qui seraient financés directement grâce aux chèques formation, on pourra se débarrasser d’un financement opaque et d’une pléthore d’organismes pour lesquels l’agent public est une manne. Mais pour cela, il faudrait dénoncer le système paritaire car les syndicats profitent largement de l’argent de la formation professionnelle, comme l’a très bien montré le rapport Perruchot. L’ Allemagne et la Suisse nous le prouvent, la formation professionnelle n’a pas besoin du paritarisme.

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