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Les « réformes » de Manuel Valls : la forme sans le fond
ou l’art de… perdre du temps

Avec la collaboration d’Axel Arnoux et de Jean-Philippe Feldman

Le Discours de politique générale du nouveau premier ministre, Manuel Valls, a d’abord surpris par l’exactitude du diagnostic économique émis de la France, et par l’annonce de quelques réformes. Mais, en y regardant plus attentivement, les annonces qui ont été faites, sont, ou très floues, ou très différées...

Alors que les dépenses publiques dépassent les 57 % du PIB, il aurait été plus efficace de proposer tout de suite des mesures d’importance. Or, la plupart des annonces sont échelonnées jusqu’en… 2021, c’est-à-dire jusqu’à la fin du prochain quinquennat ! Difficile donc de les croire, surtout que l’expérience montre qu’à défaut d’action dans les 100… heures qui suivent, la probabilité d’aboutir à des changements est à peu près nulle. Ce sont en effet les 100 premières heures qui comptent le plus.

C’est ce que l’on a observé plusieurs fois aux Etats-Unis quand le Président et le Congrès ont annoncé des mesures importantes. En janvier 2008, le président Obama et la Chambre des Représentants avaient proposé cinq grandes réformes dans les 100 premières heures. Elles concernaient la lutte contre le terrorisme, le salaire minimum, la recherche sur les cellules souches, le système de santé et la politique énergétique. Le 20 janvier 1981, le président Ronald Reagan avait affirmé : « dans cette période de crise, le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes, le gouvernement est le problème ». Il avait annoncé une série de mesures à prendre dans les 100 premières heures qui prenaient en compte la privatisation de pans entiers de l’économie, ainsi que la baisse de toutes les tranches de l’impôt sur le revenu. La plus importante était celle qui concernait la tranche la plus élevée, elle-même devant passer de 80 à 50 %. Plus récemment, David Cameron a lancé, dès le lendemain de son élection en 2010, une baisse des dépenses publiques de l’ordre de 130 Mds d’euros en même temps qu’il supprimait 600 000 postes de fonctionnaires. Quant à Matteo Renzi, le nouveau Premier ministre italien, il a immédiatement mis en place la suppression de 101 provinces italiennes et du Sénat.

« Nous sommes loin en France d’une libération fiscale, "sociale" et réglementaire des entrepreneurs »

Repousser les échéances est synonyme d’inefficacité. Mais les mesures proposées laissent aussi à désirer. Axel Arnoux, PDG du groupe Chauvin&Arnoux (plus de 1 000 employés), est très sceptique : « on ne change pas de système ; on met des rustines ici ou là pour "réparer" les précédentes mesures anti-entreprises tout en provoquant de nouvelles fissures. Nous sommes loin d’une libération fiscale, "sociale" et réglementaire des entrepreneurs. Le pays ne repartira que si ces derniers sont enfin libres d’entreprendre, et que cesse par ailleurs ce pillage fiscal et "légalisé", de leurs revenus et de leurs capitaux. Donc les embauches et les investissements en France se feront encore au "compte gouttes". Un point positif quand même, mais qui concerne seulement 2015 : les entreprises devraient connaître un petit répit en matière de prélèvements sociaux qui leur permette de reconstituer un peu leurs marges nettes. Mais tout cela reste sous réserve, car entre les effets d’annonce et la publication officielle des lois, il y a toujours de grandes différences. Concernant notre pays, les 30 Mds d’euros de baisse des charges ne représentent que 3% de ristourne par rapport aux 1 000 Mds d’impôts fiscaux et sociaux. »

« Moi, Premier Ministre, je veux mettre fin au modèle social français »

Pour Jean-Philippe Feldman, avocat et collaborateur de l’IREF, « au-delà de la forme, le fond de la déclaration de Manuel Valls est en effet affligeant. Cela tient au fait qu’il est impossible de résoudre un problème lorsque l’on n’en comprend pas les termes, ou lorsque, pour des raisons tactiques ou politiciennes, on ne le souhaite pas. La raison, peu surprenante au demeurant, est qu’il ne faudrait pas « casser notre modèle social et nos services publics, sinon les Français ne l’accepteraient pas ». La phrase, empreinte de conservatisme, est d’ailleurs piquante de la part d’un prétendu « progressiste »… Tant que nos hommes politiques n’auront pas compris que, loin d’être une bouée de sauvetage, notre « modèle social » est un boulet, aucun changement profond ne pourra s’opérer en France.

Le constat étant erroné, les propositions de réforme ne savent que montrer leur inefficacité. Il faut « protéger » nos entreprises et notre culture de la concurrence mondiale « dans une économie globalisée », autrement dit : il convient d’œuvrer au protectionnisme et à la défense de l’ « exception culturelle » ; il faut des « politiques de grands investissements » pour « remettre l’Union européenne sur le chemin de la croissance », autrement dit : il convient de recourir aux grands travaux, vieille lubie keynésienne qui a toujours échoué ; il faut « investir dans l’école de la République », autrement dit : il convient de protéger la clientèle électorale du gouvernement en investissant dans une entreprise en faillite, etc...
Si Manuel Valls avait eu des ambitions (hormis celle d’accéder à la fonction suprême), sa déclaration eût tenu en quelques mots :

« Moi, Premier Ministre, je veux mettre fin au modèle social français.

Moi, Premier Ministre, je baisserai drastiquement les impôts et j’instaurerai la subsidiarité dans le domaine fiscal. Moi, Premier Ministre, je privatiserai toutes les entreprises afin de réduire au minimum la sphère d’action de l’État. Moi, Premier Ministre, j’abolirai tous les privilèges. Moi, Premier Ministre, je mettrai fin aux aides aux entreprises. Moi, Premier Ministre, je supprimerai toutes les subventions aux associations et aux syndicats. Moi, Premier Ministre, je n’entendrai pas faire le bonheur des Français à leur place, ou tenter de les protéger contre eux-mêmes. Moi, Premier Ministre, je laisserai faire la Liberté ».

Entre les annonces et les faits, la marge est encore très importante. Mais l’avenir dira si Manuel Valls souhaite vraiment sortir la France de la catastrophe économique...

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Messages (7)

des blablabla

le 19 avril 2014, 10:31 par jacques

VALLS et le PS nous enfarine les taxes et impôts vont augmentés si la gauche croivent aux pére Noel révé c'est gratuits tant que vous ne bouger pas rien ne changeras DITES NON A L'EUROPE

- Répondre -

casser notre modèle social

le 19 avril 2014, 11:09 par Philippe

Je suppose que l'auteur, pour être cohérent avec son propos, a toujours refusé les aides de l'État : pas d'allocation familiale, pas d'optimisation fiscale, pas de demande de remboursement de la sécurité sociale ...

- Répondre -

Mon programme pour la FRANCE !

le 20 avril 2014, 12:13 par Astérix

INSCRIRE IMMEDIATEMENT DANS LA CONSTITUTION, LES MESURES SUIVANTES :

> La liberté totale d’entreprendre

> L’interdiction de tout déficit des finances publiques et des caisses sociales, retraites.. etc…

> La suppression de toutes les contraintes administratives paralysantes par la refonte totale et la simplification de tous les "codes" actuels, de manière à les réduire de 80% (liberté totale de recruter et de licencier, autorisation de travailler le dimanche)

> Interdiction pour les députés et le gouvernement de promulguer de nouvelles lois ou règlements sans avoir préalablement supprimé de tous les codes les textes inutiles et obsolètes

> La réduction massive des dépenses publiques à hauteur de 300 milliards par an dans un premier temps ; elles sont actuellement à plus de 57 % du PIB en théorie, elle sont, en réalité, bien au delà.

> Baisse de 70 % du nombre de fonctionnaires ; près de 7 millions à ce jour contre 500 000 sous de Gaulle. La fonction publique désormais réservée uniquement aux fonctions régaliennes de l’état

> L’interdiction pour tout gouvernement de prélever plus de 30 % de la richesse créée par le secteur privé (impôts directs et indirects, taxes sur les carburants, etc…) avec contrôle par des gestionnaires du privé indépendants. En cas de non respect, le Président de la République et le gouvernement sont destitués sans appel et de plein droit

> Bouclier fiscal plafonné à 30 % concernant uniquement les personnes à faibles revenus

> Suppression de toutes les subventions aux entreprises, aux associations, aux agences étatiques

> Mise en concurrence immédiate de la Sécurité Sociale (assurances privées)

> Mise en place d’un régime unique de retraite pour tous. Suppression de tous les régimes spéciaux. Alignement du public sur celui du privé

> L’impérieuse nécessité de maîtriser nos décisions nationales, dans un ensemble mondial, et la possibilité de refuser à tout moment le dicktat de Bruxelles sur le plan administratif, judiciaire et monétaire, ou de tout autre état

> La refonte totale de la justice (développement de la médiation INDÉPENDANTE et NON SALARIÉE et de l’arbitrage INDÉPENDANT pour tout ce qui à trait aux litiges économiques et financiers)

> Rétablissement de la peine de mort pour toute personne ayant tué volontairement et pour toute personne se livrant à la fabrication et/ou à la distribution de drogue.

> Rétablissement d'une véritable légitime défense.

> Rétablissement d’une peine minimale incompressible de prison, sans remise de peine possible, pour toute forme d’agression ou d’atteinte aux personnes et aux biens

> Suppression immédiate de la nationalité Française à vie pour tout étranger condamné y compris pour les mineurs délinquants et leurs parents avec expulsion immédiate de plein droit du territoire

> Suppression de toute forme d’allocation aux étrangers ne pouvant justifier d’une activité avec versement de cotisations en France et expulsion de plein droit du territoire

> Suppression du regroupement familial pour les étrangers

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PROGRAMME POUR LA FRANCE

le 20 avril 2014, 19:49 par monica

ASTERIX : je suis absolument d'accord avec votre programme.
Il faut que vous envoyiez cela à tous les membres du gouvernement, comme ils sont toujours à côté de la plaque ce serait une bonne chose qu'ils suivent vos propositions .... mais lequel osera faire tout cela, qui est pourtant nécessaire pour sauver notre pauvre France bien malade !

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Réponse à Monica

le 21 avril 2014, 10:23 par Astérix

Merci Monica de votre soutien. Mon programme est simplement destiné à alerter les Françaises et les Français de bon sens qui n'en peuvent plus de voir notre Pays s'effondrer.

Ce programme n'est, en aucun cas, destiné aux partis politiques ni à nos dirigeants actuels - dont il n'y a strictement rien à attendre - puisqu'ils ne cherchent qu'à être élus afin de protéger leurs avantages et privilèges sans se soucier de l'avenir de notre Pays.

Seul le peuple de France peut imposer sa volonté si tel est son souhait, s'il en a le courage et si on lui donne l'occasion de s'exprimer librement, ce qui est le cas uniquement dans les véritables démocraties (référendums). A l'exception de la SUISSE, je ne vois aucun Pays consulter son Peuple...!

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5 ANS, CELA FAIT DEJA BEAUCOUP !

le 21 avril 2014, 22:25 par Lexxis

Le Président de la République a le pouvoir de nuire pendant les cinq ans de son mandat. Son Premier Ministre a le même pouvoir (partagé) à l'intérieur de ce mandat et tout le temps qu'il conserve la confiance du Président.

Ces délais semblent déjà amplement suffisants pour combler le souci de mal-faire qui semble avoir animé l'équipe sortante, tout comme le souci de parfaite continuité qui inspire visiblement l'équipe entrante. Il paraît dés lors absolument aberrant que l'on puisse envisager de programmer des réformes à intervenir sur des échéances si lointaines qu'elles naissent après ou hors mandat, ce qui revient à dénier au prochain Président le droit d'engager une autre politique et de commettre lui-même ses propres erreurs.

D'ailleurs est-il bien conforme à la Constitution qu'un Président prétende assigner à ses réformes des échéances tellement tardives qu'elles se situent hors de son pouvoir, hors de sa compétence et pour tout dire hors de son mandat ? Dans l'affirmative, quelle portée exacte conserve donc le raccourcissement du mandat présidentiel ?

Manière de rappeler à notre personnel politique que l'on fait tout de suite les réformes auxquelles on tient et qu'une réforme qu'on renvoie après le terme du mandat ne saurait être une réforme sérieuse. Cette manière de préempter l'avenir n'est ni loyale, ni saine et en plus, elle est presque toujours vaine.

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Bravo Astérix !

le 19 mai 2014, 10:18 par Phil

ASTERIX : je suis également absolument d'accord avec votre programme.

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