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La liberté soumise au prétexte de la sécurité

La volonté de domination de l’Etat est inépuisable. A peine a-t-il obtenu de contrôler un nouveau domaine d’activité qu’il se précipite pour en circonvenir d’autres. La réforme de la santé est déjà le moyen de prévoir que les citoyens français se feront automatiquement prélevés par la Sécurité sociale sur leur compte bancaire les frais ou franchises mis à leur charge. Cette intrusion des organisations étatiques dans le compte bancaire de chacun est une véritable atteinte à la vie privée. Elle ne semble pourtant pas choquer la majorité qui s’entête dans son projet comme dans beaucoup d’autres.

Pour limiter la fraude fiscale, le gouvernement français avait proposé il y a deux ans de réduire à 1000€ le seuil au dessus duquel les paiement en liquide seraient interdits. N’ayant pas réussi à faire passer ce texte pour raison fiscale, il propose aujourd’hui de le faire adopter pour réduire les capacités de financement occulte des djihadistes ! Comme si ceux-ci étaient soucieux de payer leurs armes de manière légale !

Pire, l’Etat utilise les entreprises pour faire le travail de surveillance des autres. Le projet de loi sur le renseignement veut faire peser sur les acteurs de la toile, Google, Facebook, Twitter, Microsoft, la mission d’identifier les comportements susceptibles d’être criminels au travers de la mise en place de traitements automatiques en cas de succession suspecte de données de connexion. Il veut également que la police puisse lire et écouter les conversations sur Skype, Hangouts (Google) ou Facebook Messenger, quand bien même elles seraient cryptées. C’est un moyen de mettre à mal les efforts des opérateurs du Net pour chiffrer les conversations ou les protéger autrement afin de se préserver des pratiques d’intrusion massive de la NSA dénoncés par Edward Snowden. La France a crié au scandale en apprenant comment les services de renseignement américains avaient espionnés le monde entier. Mais elle veut faire la même chose.

Ce projet de loi supprime l’intervention du juge préalablement à l’intervention des services de renseignement pour mettre en œuvre filatures, infiltrations, écoutes, interceptions d’e-mails, poses de micros, balises ou caméras espions, capteurs de communication… Pourquoi pas, peut-être, quand il s’agit de traquer le terrorisme et protéger les personnes. Mais alors pourquoi ce projet de loi qui fait dépendre tant d’atteintes à la vie privée de simples autorisations administratives, s’il n’intéresse que la lutte contre le terrorisme comme l’assure le Premier ministre, permet que de elles mesures soient émises non seulement par les ministres de l’Intérieur et de la Défense, ce qui peut se comprendre, mais aussi par celui de l’Economie et/ou des Finances ?

Il n’y a sans doute pas d’autres raisons que la duplicité de l’Etat qui travaille toujours pour lui quand il prétend travailler pour les autres. Il utilise la grande peur du terrorisme pour faire passer des lois d’exceptions qui permettront de contrôler un peu plus les citoyens et leurs ressources. Il veut toujours plus de recettes fiscales pour dépenser toujours plus et il veut réduire les actes des citoyens/contribuables qui peuvent encore lui échapper.

Peut-être pourtant que le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme serait d’apprendre à chacun à être plus responsable, de soi-même et des autres, plutôt que d’habituer la société à vivre dans la dépendance et sous le contrôle permanent d’un nouveau Big Brother que sa puissance démesurée rend déjà trop souvent impotent. Pour le moins lorsqu’il faut adopter des mesures anti-terroristes pour lutter contre ceux qui font dieu de tout bois, la moindre des choses est que ce soit sous le contrôle de la justice et que l’usage de ces mesures ne soit autorisé qu’à ceux qui sont en charge de la sécurité et de la répression du crime, pas à ceux qui sont en charge de gérer la fiscalité.

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Messages (1)

liberté ?

le 27 mars 2015, 16:53 par dominogris

Ceux qui évoquent à tort et à travers "les heures les plus sombres de notre histoire" ne vont pas tarder à nous les faire revivre. Tout cela est-il "républicain" ?

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