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L’antilibéralisme : une obsession française

Quel est le point commun entre les socialistes Claude Bartolone, Pierre Moscovici, Jérôme Guedj, l’UMP Xavier Bertrand, le Vert Daniel Cohn-Bendit, les Front national Marine le Pen et Florian Philippot et la revue Marianne ? C’est l’antilibéralisme ! Tous ont trouvé le remède parfait à la situation économique désastreuse de la France : plus d’interventionnisme et moins de libertés économiques.

En perte d’abonnés et de lecteurs, la revue Marianne annonce un nouveau « look ». Elle publie un Cahier d’une vingtaine de pages qui se veut un véritable Programme de gouvernement. Difficile de voir une seule différence avec ... l’ancienne formule de la revue. Après avoir combattu le « néolibéralisme de Sarkozy », le nouveau magazine Marianne (du 22 au 28 juin) se veut une arme face au « néolibéralisme ambiant ». Face au « pancapitalisme qui aliène l’homme producteur en l’enchaînant au char de la spéculation financière et à l’impérialisme oppressant et oppressif du profit pour le profit, Marianne opposera la dimension humaniste et morale d’un impératif de civilisation » ... « Au processus de démantèlement des acquis du progrès social au nom de la compétitivité néolibérale, Marianne opposera la redéfinition d’une société susceptible d’inclure toutes ses composantes dans un pacte de répartition juste des fruits de la croissance et des gains de productivité » ... « à l’horreur, enfin, d’un capitalisme sauvage et sans rivages qui lacère les âmes et meurtrit les cœurs quand il ne broie pas les corps, Marianne opposera la convergence des victimes les plus conscientes de cette « horreur » (sic !) ... « ce qui implique le rejet non seulement de tous les néofascismes, néo-intégrismes et néostalinismes mais également de conformisme de plomb ... ». Il faut comprendre néolibéralisme = néostalinisme = néofascisme. Malgré la radicalité du programme, des publicités bien capitalistes (Volvo, Opel, Toyota ...) parsèment le numéro ... Quand il s’agit de ses propres comptes, l’antilibéralisme a des limites.

Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe des Verts au Parlement européen et Pierre Moscovici, ministre des Finances, se prononcent (dans le Journal du Dimanche du 23 juin et, respectivement, dans Les Echos du 21 juin) pour plus d’interventionnisme économique au niveau de l’Europe pour le premier et à celui des Etats pour le second.

Xavier Bertrand est ancien ministre (de la Santé et du Travail) et député UMP. Dans Le Figaro (27 juin), il dénonce le Traité de libre-échange transatlantique comme un « piège pour l’Europe et pour la France ». Il faudrait « une ambition normative et régulatrice avant de le signer », sinon il sera « une menace pour nos industries et nos modèles socioculturels ». Le Président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, a, lui aussi, identifié les vraies causes de la crise économique en France et aussi en Europe. Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien (26 juin), il affirme que le président de la Commission européenne, M. Barroso, est une « erreur de casting ».

Il « n’a rien compris au film (sic !). En fin de mandat, il est décomplexé : chassez le naturel et son libéralisme revient au galop. Mais, surtout, Barroso incarne une Europe qui ne correspond plus au monde actuel. C’est l’Europe du XXe siècle, celle de la libre circulation des marchandises et des capitaux, de la marche forcée vers l’austérité. Barroso, ce n’est pas l’Europe du XXIe siècle, plus protectrice, plus préoccupée par la croissance et l’emploi ». Il est vrai que depuis qu’elle plus protectrice et plus préoccupée par la croissance et l’emploi, l’Europe ne cesse de s’enfoncer dans la crise économique et le chômage de masse ...

Lorsque Florian Philippot, porte-parole et stratège de la communication du Front national se retrouve dans l’émission Le Grand Journal (24 juin) sur Canal + face au député socialiste Jérôme Guedj, on comprend très bien pourquoi les idées antilibérales ont du succès en France. Le face à face a été organisé après l’élection législative partielle dans la circonscription de Jérôme Cahuzac où le candidat l’UMP l’emporte au deuxième tour face au candidat du FN alors que celui u PS a été éliminé dès le premier tout. Les deux hauts fonctionnaires (les deux sont énarques) sont en fait sur la même longueur d’ondes : la France est victime de la mondialisation et de la désindustrialisation, elle a besoin de plus d’interventionnisme. Philippot fustige une Europe « ultralibérale » qui n’agit pas dans les intérêts des peuples. C’est ce qui venait de dire la veille Arnaud Montebourg, ministre du gouvernement socialiste, à propos de M. Barroso qui critique une France fermée et avec un discours d’un autre âge. En réagissant aux déclarations de M. Barroso à propos des positions françaises, Marine le Pen ne fait que confirmer ce qu’on savait : « Le problème n’est pas Barroso mais la politique ultralibérale et européiste du gouvernement ».

Finalement, le président de la Commission européenne s’est trompé : il n’y a pas que l’extrême droite et les souverainistes de gauche qui ont le même discours antimondialiste et antilibéral. Ce discours est un dénominateur commun à tous les partis politiques français.

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