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Dette et Croissance Economique
Paul Krugman nie la réalité

Le Professeur Paul Krugman prend une nouvelle fois position pour la relance et contre l’austérité. Pourtant, il est abondamment prouvé et expliqué (notamment par les travaux de l’IREF) que la dette publique ralentit la croissance économique. Les dépenses publiques et les promesses des gouvernants, c’est ce qu’on voit, le poids de la dette et le gaspillage de l’épargne et du crédit, c’est ce qu’on ne voit pas.

Des chercheurs de l’Université Amherst du Massachussetts ont affirmé début mai qu’une erreur s’est glissée dans une célèbre Etude de Carmen Reinhart et Ken Rogoff qui montrait que les pays avec une dette publique importante connaissaient une baisse significative de la croissance du PIB.

Paul Krugman, qui se pare de son titre de lauréat du Nobel d’économie, a sauté sur l’occasion et s’est empressé de publier dans le New York Times (du 3 mai) un éditorial intitulé « Varieties of Academic Temptation ». Pour lui, la preuve est faite que seuls réussissent les remèdes keynésiens. Et la seule sortie de crise serait donc dans l’interventionnisme des Etats et la hausse des dépenses publiques, alors que trop de gouvernements pratiquent l’austérité.

Notre Nobel se serait prononcé bien trop hâtivement. Tout d’abord les chercheurs de l’Université du Massachusetts n’ont pas mis en cause les résultats de l’Etude de Rogoff et Reinhart qui montrent bien une corrélation entre une hausse de la dette publique et une baisse du PIB.

Ensuite, Krugman voit de l’austérité là où il n’y en a pas, si l’on entend par austérité une baisse des dépenses publiques. D’après une étude (Gurdgiev) du Trinity College de Dublin, seulement trois pays européens ont effectivement baissé leurs dépenses publiques entre 2007 et 2012 : l’Allemagne, Malte et la Suède. Le « hasard » fait que l’Allemagne et la Suède sont se sont mieux sortis que les autres de la crise qui les avait secoués en 2008, par contraste avec l’Espagne, la Grèce, le Portugal ou bien l’Irlande, qui avaient le plus augmenté leurs dépenses et la dette publique avant la crise. Le Pr Victoria Curzon Price, de l’Université de Genève et administrateur de l’IREF, fait remarquer que les Suisses avaient mis en place dès avant la crise « le frein à l’endettement » (2005), ce qui leur a permis de traverser la crise sans dommage (avec la Suède c’est le seul pays européen à avoir connu une croissance même dans les années terribles 2008-2012).

Ces données confirment une étude qui a été publiée par l’IREF dès 2007, réalisée par le Professeur Patrick Mindford de l’Université de Birmingham : le lien entre gonflement de la dette publique et ralentissement de la croissance est incontestable. L‘IREF va très prochainement actualiser cette étude et l’élargir sur un échantillon d’une trentaine de pays. La conclusion risque de ne pas surprendre : l’argent public n’a pas revigoré l’économie des pays étudiés, au contraire ce sont les pays qui ont fait des réformes structurelles qui s’en sortent le mieux.

Le professeur Krugman devrait examiner avec plus d’attention la réalité de l’économie française. Le taux des dépenses publiques se situait à 52.6 % en 2007. En 2012 et 2013 il est à 56.3% du PIB, ce qui représente 3.7 points de plus. Quant aux prélèvements obligatoires, ils augmenteront de 53 milliards en 2013. La dépense publique en France représente globalement 1117.76 Milliards d’euros, le plus élevé de l’OCDE, et correspond à 17 360 euros par habitant ! Fin 2012, la dette publique se situait à 90.2 % du PIB ou 1 833 Milliards d’euros alors qu’elle était à 65 % du PIB en 2007. Par comparaison, l’Allemagne dépense (par an) environ 160 milliards d’euros de moins que la France et embauche presque deux fois moins de fonctionnaires (par rapport à la population). Economiquement, elle se porte nettement mieux que la France. Le Professeur Krugman devrait y réfléchir.

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