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Contrôleurs aériens : c’est le moment de privatiser !
Suivre les exemples canadiens, britanniques, australiens …

2 135 362 315 euros sont inscris au budget des annexes de la loi de finance 2017 pour les missions de contrôle et d’exploitation aériens. C’est deux fois plus qu’au Royaume-Uni ! La loi fixe à 10 679 le nombre maximum des emplois (équivalent temps plein) autorisés dans ce secteur, soit 200 000 € par personne. Malgré ce budget conséquent, la DGAC a recours à la dette afin de financer des dépenses de fonctionnement, selon la Cour de comptes qui n’a pas manqué de critiquer cette gestion. Pourquoi ne pas la privatiser ?

Ainsi, dans un rapport écrit en 2015, la Cour appelle à une plus grande professionnalisation de la gestion budgétaire et opérationnelle. Elle émet deux recommandations : améliorer la qualité de l’information sur les investissements (en clair, estimer correctement les opportunités d’investissement) et limiter le recours à l’emprunt.

Il est toujours surprenant de voir souligner ce genre de défaillance budgétaire alors que la situation des comptes est dégradée depuis de longues années déjà, mais logique quand on sait que la Cour de la rue Cambon n’a qu’un pouvoir de recommandation.

En ce qui concerne la DGAC, ses personnels jouissent de conditions de travail tellement souples et avantageuses qu’une gestion rigoureuse paraît difficile à mettre en œuvre. Pourtant, l’image d’Epinal du contrôleur aérien stressé et gardien de vies humaines, porté par des films comme Les Aiguilleurs du ciel, ne tient plus. Les outils informatiques ont largement révolutionné le métier et rationnalisé efficacement la gestion du trafic aérien. Cela n’empêche pas cette catégorie de fonctionnaires de se mettre en grève régulièrement.

Les Français ont très largement participé au développement de l’aviation au début du siècle dernier avant d’en devenir même les meilleurs. De Louis Blériot à Saint Exupéry en passant par Mermoz, Bouilloux, Latécoère, ces aventuriers, ingénieurs et investisseurs ont été à la pointe de l’avancée aérienne. Non sans de nombreux accidents et disparitions, raison pour laquelle l’Etat s’est mis en tête de réguler et contrôler cette activité. Il est frappant de le lire dans la biographie romancée de Jean Mermoz par Kessel : déjà il se plaint de la mainmise de l’Etat sur le développement aéronautique dans les années 30 ! En effet, dès 1933, l’Etat impose un regroupement des compagnies aériennes. Par toutes sortes de réglementations, il contraindra ensuite le développement technique des aéronefs et la France perdra son avance au profit de l’Allemagne notamment, juste avant la guerre. Dans l’après-guerre, la nationalisation du secteur aérien est confirmée, le Secrétariat général à l’Aviation civile et commerciale (SGACC) est créé, le 12 septembre 1946, pour gérer le contrôle aérien. C’est l’ancêtre de la DGAC.

A Londres par exemple, les temps d’attente des avions ont été réduits de 50%

Nous pourrions prendre modèle sur d’autres pays, tels le Canada et l’Angleterre, qui ont privatisé leur contrôle aérien, tout comme l’Australie.

Au Canada, la privatisation date de plus de vingt ans. Au Royaume-Uni, le National Air Traffic Control Services (NATS) a été privatisé en 2000 (l’Etat possédant néanmoins toujours 49% des parts). Le NATS gère notamment un des aéroports les plus importants du monde, Londres Heathrow, 4,5 millions de passagers mensuellement.

Ces entités privées ont réussi à réduire leur coût (de 13% au Canada en 11 ans) tout en améliorant les prestations proposées (à Londres par exemple, les temps d’attente des avions ont été réduits de 50% grâce à des programmes innovants introduits en 2015). Le NATS fonctionne avec un budget plus de 2 fois inférieur à celui de la DGAC (1 milliard € en 2016). De même Nav Canada ne reçoit aucun financement gouvernemental et fonctionne avec 938 millions € de budget.

Relevons enfin le fait qu’en France, les grèves récurrentes provoquées par les contrôleurs alourdissent encore le coût de ce « service » si l’on prend en compte les pertes subies par les entreprises qui en pâtissent !

Voilà donc encore un secteur dont l’Etat pourrait se désengager sans dommage, si ce n’est peut-être pour les fonctionnaires qui y travaillent et dont la situation deviendrait… normale !

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Messages (2)

Vous avez dit situation normale ?

le 28 juin, 15:55 par Alain

De tous nos fonctionnaires, combien connaissent une situation normale ? Vous décrivez assez bien les abus de nuisance des contrôleurs aériens qui sont vent debout contre toute modification de leur statut et des avantages y attachés, dès que qu'une quelconque autorité fait mine de s'y intéresser ils se mettent en grève.
Si vous cherchez un autre exemple, voyez la ville de Marseille où la municipalité vient de décider de faire faire à ses salariés le nombre d'heures pour lequel ils sont payés. Ce n'est pas gagné au vu du pouvoir syndical...

- Répondre -

A ce niveau d'incompétence...

le 6 juillet, 00:54 par Giroc

Faisons bref car cet article ne mérite pas plus.
Juste quelques éléments :
> le mythe du privé plus efficace que le public en prendrait un coup en précisant que les coûts pour les compagnies sont nettement supérieurs dans tous ces pays qu'en France. Il y aurait moins besoin de recourir à l'emprunt si le véritable prix du service était facturé.
> Les NATS ne finance pas les coûts de sureté contrairement à la France.
> Le NATS ne sert pas de vache à lait à divers organismes privés ou semi-public comme météoFrance qui facture à la DGAC à prix d'or un service que l'on peut charitablement qualifier de minimal, ou Thalès, qui assuré du marché des nouveaux matériels, facture également très cher des produits d'un niveau inférieur à celui déjà en service dans les autres pays , en utilisant qui plus est l'expertise de contrôleurs quasiment détachés à son service.
> Ne parlons pas du SIA et des avantages tarifaires et autres généreusement octroyés à notre compagnie nationale...
> Précisons que les outils informatiques (inférieurs je le répète à ceux de la plupart des contrôleurs européens) augmentent la productivité mais pas vraiment les conditions de travail qui se dégradent largement du fait notamment de la diminution des effectifs et de l'augmentation rapide du trafic.
Comparons donc ce qui est comparable..
> Ces conditions de travail ne font plus rêver le moindre contrôleur européen (et même si la rémunération des contrôleurs est confortable, elle reste très largement inférieure à celle de leurs collègues des pays comparables).N'en déplaise à l'auteur de cet article, c'est la vision du contrôleur "pépère" et qui vient travailler de temps temps, complaisamment diffusée dans quelques journaux qui relève de "l'image d'Epinal". Il serait plus professionnel de visiter une salle de contrôle que de recopier certains articles "marronniers" du Point ...
Finalement, je n'ai pas fait bref, mais cette accumulation de poncifs, de généralisations, de constatations datées et d'approximations devient consternante .
Et sachant le lobbying effréné des compagnies aériennes pour mettre la main sur le contrôle aérien, peut être peut on même trouver cela quelque peu suspect.
PS : à Londres, c'est le temps d'attente qui a été considérablement réduit, pas les délais..

6 juillet, 10:52 - Jean-Baptiste Boone

Monsieur,
Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire cet article quoique vous en pensiez et, plus, d'y répondre.
Je remarque que vous soulignez de nombreux dysfonctionnements et désagréments qui seraient moindres ailleurs. Notamment, vous montrez quelques errances dans la gestion des sociétés publiques ou para publiques en France. Sans ce capitalisme étatique et de connivence, elles en seraient réduites.
Enfin, si vous êtes en mesure de me faire visiter un salle de contrôle afin que mon avis sois plus sûr, je suis partant.

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