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Pays-Bas : la leçon donnée par la droite libérale

La victoire de Mark Rutte a montré que faire des réformes ça paye ! Il ne suffit pas d’avoir un discours populiste pour gagner les élections. Il faut aussi agir.

L’excitation a été grande lors des élections aux Pays-Bas car les sondages et de nombreux analystes prévoyaient une forte percée - voire un succès - du candidat d’extrême droite Geert Wilders. Finalement, c’est le Premier ministre Mark Rutte qui a remporté le plus grand nombre de sièges, suivi par les élus de 13 autres partis. Comme s’ils étaient déçus par les résultats, la plupart des médias et autres spécialistes n’ont pas examiné les raisons de ces résultats qui pourraient d’ailleurs servir de leçon aux politiques français.

Tout d’abord, le PVV de M. Wilders, et qui obtient 13 % des voix et 20 sièges, est plutôt éloignée des idées véhiculées par le Front national. Bien entendu, sa campagne a été menée contre les immigrés musulmans. Il ne cesse de condamner le Coran, mais en économie, il est beaucoup plus ouvert que le Front National : sur l’un des murs du bureau de son leader, est apposé un portrait de Margaret Thatcher. Son discours n’est pas dirigé contre l’économie libérale, les riches ou la mondialisation. C’est un pourfendeur de la religion musulmane, mais un défenseur des libertés économiques.

Un discours économiquement libéral et anti-immigrés

Très habilement, Mark Rutte, le leader du centre-droite, a repris pendant les semaines qui ont précédé les élections le discours anti-immigrés de son principal adversaire tout en préservant son positionnement libéral. Sur le site de son Parti populaire, libéral et démocrate, il existe toute une partie consacrée au libéralisme. Au pouvoir depuis octobre 2010, Rutte n’a cessé d’approfondir les réformes libérales aux Pays-Bas.

En 2016, la croissance économique batave a été de 2.1 %, contre 1.6 % en moyenne dans l’UE. Une croissance ininterrompue durant 11 trimestres. Elle a été précédée de plusieurs réformes, dont des coupes importantes dans les dépenses publiques. Celles-ci représentaient 48.2 % du PIB en 2010 et 44.7 % fin 2016, 13 points de moins qu’en France !. Cette forte baisse n’a été suivie d’aucune chute des revenus, d’aucune hausse des inégalités comme le soutiennent les étatistes. Au contraire. Selon l’OCDE, le coefficient Gini est de 0.28 aux Pays-Bas contre 0.29 en France. Tandis que la dette publique est à 65 % (2016) contre 97.6 % du PIB en FranceA préciser aussi que les dépenses sociales représentent 22 % aux Pays-Bas et 32 % en France. Moins de dépenses c’est aussi moins de chômage : 6 % aux Pays-Bas et 10 % en France. Le taux de chômage des jeunes est à 13 % contre 24 % dans notre pays.

La meilleure arme contre le populisme est la réforme

Les Pays-Bas ont entamé les réformes dès la fin des années 1990. On a ouvert à la concurrence et privatisé les assurances sociales et médicales. Le « Workfare » a remplacé le « Welfare ». En 2015, a été adopté le « participation act » qui a représenté un pas décisif vers plus de responsabilité. L’Etat n’intervient qu’en dernier recours pour prendre en charge seulement ceux qui en ont vraiment besoin. Les individus ont été invités à changer de mentalité : de l’assisté est devenu un assuré. Sur le marché du travail, la flexibilité joue un rôle très important. L’employeur bénéficie d’une totale liberté de licencier pendant deux ans tandis que le chômeur a tout intérêt à accepter les emplois qui lui sont proposés.

A cela il faut ajouter le système néerlandais de retraite avec trois piliers, dont la capitalisation. Les avoirs des fonds de pension représentent 166 % du PIB et les pensions sont considérées par l’OCDE comme étant les plus généreuses d’Europe. Ce qui n’a pas empêché M. Rutte d’inscrire à son programme un départ à la retraite à 67 ans contre 65 ans actuellement. L’école aux Pays-Bas est libre et concurrentielle. Plus de 75 % des élèves sont scolarisés dans une école privée. Ces écoles sont autonomes, disposent d’un budget propre et bénéficient de la liberté d’embaucher et de débaucher les enseignants qui sont des employés de droit privé. Ils travaillent en moyenne 5 semaines de plus par an que les enseignants français mais sont mieux payés (environ 30 % de plus).

Voilà donc un bel exemple de réussite pour des réformes libérales. Si M. Rutte a gagné ces élections c’est aussi parce qu’il n’a pas eu peur de faire des réformes. La victoire du parti de Mme Merkel dans le land de Sarre donne également la preuve que la meilleure arme contre le populisme est la réforme.

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