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La nécessaire déflation des Etats

Le monde ne va pas très bien, mais la France va très mal. Sur le papier la consommation des ménages résiste un peu, mais dans les faits les commerçants savent que les magasins sont vides et que les chalands n’achètent guère, les taxis se plaignent du peu de clientèle, les stocks grossissent dans les entreprises dont l’investissement est en recul (-0,1% au 3ème trimestre), le commerce extérieur est dans le rouge (-0,2% au 3ème trimestre), les recettes fiscales ne sont pas celles attendues,-naturellement car courbe de Laffer oblige-, et le budget de l’Etat dévisse…Le chômage progresse sans fin parce que le modèle de l’Etat providence est définitivement cassé. Et parce que le gouvernement refuse d’en faire le constat. La France est championne du monde des dépenses sociales qui représentent 31,9% de son PIB en 2014. Julien Damon note que les Français comptent pour moins de 1% de la population mondiale, mais qu’ils consomment environ 15% de la protection sociale mondiale et supportent une dette publique égale à 6% de la dette publique mondiale.

Pour cacher ses misères la France trouve toujours de nouveaux boucs émissaires, à la manière de Staline qui accusa tour à tour les Koulaks, les ingénieurs, les juifs… des ratés du système. Heureusement on ne va pas encore au goulag en France ! Chez nous les coupables sont les retraites chapeaux, les familles, les multinationales, les pays où la fiscalité est modeste comme l’Irlande, le Luxembourg ou la Suisse, -c’est-à-dire les pays qui réussissent-. Plutôt que de copier les bons modèles elle préfère faire comme le Japon qui a dépensé sans compter et inonder son économie de l’argent de sa banque centrale pour constater une fois de plus l’échec de ce keynésianisme de mauvais aloi. Elle cherche à entrainer tout le monde dans sa trappe à pauvreté. Elle a presque réussi à convaincre les Européens de dépenser plus et d’emprunter toujours plus. L’affaiblissement de Junker pour de mauvaises raisons a conduit celui-ci à propose un plan de dépenses de 300 Mi€ qui ressemble à de la poudre aux yeux : il fait miroiter des étoiles alors qu’en réalité il rendra aveugle. Pire, ce plan est vicié par la Commission qui entend proposer que les garanties apportées par les Etats au nouveau Fond destiné à prêter les milliards nécessaires aux projets à engager, ne soient pas comptabilisés dans les déficits publics, ce qui favorisera encore un peu plus la croissance de la dette publique pourtant déjà en enfer. Et dans le même temps la BCE acquiert massivement des créances bancaires et prépare des rachats de dettes publiques Comme Gribouille qui se jetait à l’eau pour échapper à la pluie, les autorités de toutes sortes contribuent à alimenter les trous béants des finances des Etats par où déjà nous prenons l’eau, en attendant sans doute le naufrage.

L’obsession des gouvernements est de combattre une possible déflation. Mais ils la créent en pratiquant une politique d’inflation des dettes publiques : depuis cinq ans, l’endettement n’a cessé d’augmenter pour atteindre 212% du PIB au niveau mondial, hors dettes du secteur financier, soit 36% de plus qu’en 2008. Mais cet endettement est essentiellement celui du secteur public qui emprunte toujours plus. Et cela n’a pas empêché la déflation de poindre le bout du nez. Parce que la déflation est due surtout à la stagnation de l’économie, à la méfiance des agents économiques, à la surcharge fiscale qui pèse sur les consommateurs-contribuables, aux contraintes de toutes sortes qui assaillent les entreprises… A un certain point, l’argent facile alimente la déflation plutôt qu’il ne la stoppe parce qu’il entraine une course vers le bas des prix comme des intérêts.

Certes il y a des efforts, ceux de Rebsamen qui veut contrôler les chômeurs tant il sait qu’il y en a de faux, ceux de Macron qui entend à juste titre reformer les professions indépendantes. Mais ces projets suscitent des levées de boucliers. En même temps est entrée en vigueur la loi qui entrave la cession des entreprises et donc la fluidité de l’économie. Les professionnels libéraux se drapent dans leurs privilèges pour masquer leurs rentes. Il n’y aura pourtant de redressement et d’arrêt à la déflation des prix que par une déflation préalable des Etats. Nous souffrons moins du manque de crédits que d’un environnement favorable au travail, à l’effort, à l’épargne, à l’innovation, à l’entreprise. Nous n’avons pas besoin de grands investissements publics mais de moins d’Etat.

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