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Le Covid a fait repartir à la hausse l’extrême pauvreté dans le monde : que faire pour réinverser la tendance ?
L’IREF sur Atlantico

L’extrême pauvreté est en hausse à travers le monde suite à l’impact de la crise du Covid-19. Quels sont les pays qui sont les plus touchés ? Quelles sont les mesures qui pourraient permettre d’inverser cette tendance ?

Atlantico.fr : L’extrême pauvreté repart à la hausse dans le monde à cause de la crise du coronavirus. Des millions de familles vivent avec moins de 1.90 dollars par jour. Quels pays sont davantage touchés que les autres ?
Jean-Philippe Delsol : D’après les estimations les plus récentes, 10 % de la population mondiale vivait avec moins de 1,90 dollar par jour en 2015, ce qui représente 734 millions d’habitants. Ce taux atteignait près de 36 % en 1990, soit 1,9 milliard de personnes. La baise de la grande pauvreté s’est poursuivie, sans doute plus lentement depuis 2015 jusqu’en 2019. Malgré une hausse de 50% de la population sur la même période, la grande pauvreté a donc très fortement régressé depuis la chute du mur jusqu’à la crise de la Covid. Selon la Banque mondiale, les 43 pays du monde qui possèdent les taux de pauvreté les plus élevés sont ceux qui se trouvent en situation de fragilité ou de conflit. Beaucoup d’entre eux se situent en Afrique subsaharienne et sont confrontés au djihadisme qui instaure une insécurité dont les plus pauvres sont les premières victimes. La pauvreté est bien souvent aussi, et en même temps, le fait de mauvaises institutions, de gouvernements et d’administrations prévariqués, de politiques étrangères au bien commun. Les pays confrontés à une situation de fragilité et de conflit chronique ont vu leurs taux de pauvreté stagner à plus de 40 % au cours de la dernière décennie, tandis que ceux qui s’en sont sortis les ont réduits de plus de la moitié.

Que faudrait-il faire pour stabiliser cette tendance ou au mieux l’inverser ?
Le bon objectif n’est pas de stabiliser la pauvreté, mais de continuer à la combattre et de finir par l’éradiquer, ou presque. Mais je crains que nous retombions dans les anciennes ornières et les impasses qui ont contribué jadis à alimenter cette extrême pauvreté. Au début du XIXème siècle, il y avait sans doute environ 85% des habitants de la planète vivant dans l’extrême pauvreté. C’est la croissance économiques et commerciale plus que les mesures de redistribution forcée qui ont permis de réduire très sensiblement l’extrême pauvreté, notamment après la chute du mur de Berlin, quand la détente entre les deux blocs a permis de libérer les échanges à travers le monde et quand une conception un peu plus libérale de la société a prévalu contribuant à encourager l’initiative, le travail et l’enrichissement légitime fondé sur la création de valeur.
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