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La rigueur budgétaire pour sortir de la crise

L’article de Jean-Philippe Delsol, administrateur de l’IREF, intitulé " La rigueur budgétaire pour sortir de la crise " a été publié sur le site du quotidien Les Echos. Vous pouvez le lire sur le site des Echos ou plus bas.

La situation financière actuelle tient sans doute à une certaine faiblesse des banques, mais elle est d’abord une crise de l’Etat Providence, une crise des Etats trop endettés pour avoir voulu satisfaire les besoins illimités des citoyens devenus des ayant droits à la santé, au logement, au travail, au transport… Cet endettement chronique a lui-même sapé les bilans des banques, des compagnies d’assurance ou de divers organismes publics ou parapublics obligés par les normes dites prudentielles en vigueur d’acquérir des obligations d’Etat européens réputées sures alors qu’elles le devenaient de moins en moins jusqu’à apparaître désormais pour certaines d’entre elles comme purement et simplement toxiques. Et en même temps cet affaiblissement synchronique des Etats et du système bancaire atteignait la confiance dont le défaut aujourd’hui est sans doute au cœur de la crise, au-delà d’un épisode comme celui de DEXIA dont il faut rappeler que le capital est déjà détenu majoritairement par des actionnaires publics.

Face aux menaces du surendettement, de nombreux Etats sont conscients que la rigueur est devenue une nécessité, mais en même temps ils évoquent, pour y échapper, le risque de récession que ferait courir à l’économie une réduction trop brusque des dépenses publiques alors que le chômage gonfle ou pour le moins ne baisse pas et que l’inquiétude taraude la société. Sur la base de cette vieille argumentation keynésienne Obama a défendu son nouveau plan de relance tendant à injecter 447 milliards dans l’économie alors même que les 800 milliards investis aux frais du budget de l’Etat au cours des deux années précédents l’ont déjà été en vain. Au nom des mêmes principes, et malgré de réels efforts, le budget français pour 2012 ne fait ressortir, péniblement, qu’un milliard d’économie en même temps que déjà ont été décrétés 11 milliards de nouveaux impôts et que ce budget enregistre un déficit de 77 milliards d’euros. La rigueur pourtant ne peut pas être pour le contribuable sans être d’abord et plus encore pour l’Etat lui-même.

L’argent que dépense l’Etat est de l’argent que ne dépensent pas les entreprises et les particuliers qui le dépenseraient plus efficacement. Les impôts que prélève l’Etat amputent le pouvoir d’achat ; les emprunts que contracte l’Etat reportent la charge sur les générations futures en même temps qu’ils ponctionnent l’argent disponible et entravent les projets privés d’investissement. Et plus généralement l’excès de dette publique conduit inexorablement à la défiance. Une bonne leçon de cette crise est que les dettes ne peuvent pas monter jusqu’au ciel, même celles des Etats.

La rigueur nécessaire pour rétablir la confiance et le crédit tout à la fois des banques et de l’Etat devrait être beaucoup plus importante, à l’exemple de plusieurs pays qui traversent mieux la crise grâce aux efforts qu’ils ont consenti à cet égard. Le Canada a réduit ses dépenses publiques de 13% entre 1994 et 1997, soit 120 milliards environ d’économies avec une diminution de 17% du nombre d’employés fédéraux. Pour ramener le budget à l’équilibre, les impôts ont été augmentés, mais seulement de 1 dollar quand les dépenses étaient réduites de 7 dollars. L’Australie, la Nouvelle Zélande, la Pologne et, autrement, la Suède (baisse de 16 points de son niveau de dépenses publiques par rapport au PIB depuis 1994) se sont aussi préservées avant l’éclatement de la bulle de 2008 en contrôlant mieux leurs budgets publics. La Lettonie qui a connu une chute de son PIB de 18% en 2008 s’en est vite remise en procédant à une réduction drastique de ses dépenses publiques : 20% de fonctionnaires en moins, réduction de 25% des rémunérations des fonctionnaires maintenus, division par deux des agences gouvernementales, réduction de la taille des ministères… Après un plan de redressement incluant un tiers d’impôt en plus pour deux tiers de baisse des dépenses publiques, la Lettonie espère retrouver en 2011 un taux de croissance de 4,5%. L’austérité marche aussi en Irlande dont le taux de croissance a été de 1,6% au second trimestre 2011 après qu’elle ait taillé dans les effectifs de la fonction publique plutôt que d’augmenter sensiblement la pression fiscale. Dans ces pays, l’investissement privé prend le relais de la dépense publique.

La France, et avec elle beaucoup d’autres pays européens ne sortiront pas durablement de la crise sans procéder à une certaine remise en cause de l’Etat Providence.

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