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Dépenses sociales

par ,

Il vaudrait mieux être assurés qu’assistés
L’IREF dans Le Figaro

L’article de Jean-Philippe Delsol, administrateur délégué de l’IREF, a été publié par Le Figaro dans son édition du 24 août.

En 30 ans les dépenses sociales sont passées de 21 à 33% du PIB en France. C’est le signe de la croissance incessante de l’Etat prévoyance dont la charge n’est plus désormais ni maitrisée ni supportable. Mais dans une Europe qui, dit Angela Merkel, « représente 7% de la population mondiale, 20% de la production et 50% des dépenses sociales », la France est championne toutes catégories. Selon l’OCDE celle-ci consacre 60% de ses dépenses publiques au secteur social, soit 33% du PIB contre 26,2% pour l’Allemagne ou 23,8% pour l’Angleterre, et 22,1% pour la moyenne OCDE.

Cette dérive ancienne est le fruit d’un excès de bienveillance de l’Etat doublé d’une démagogie facile tendant à multiplier les prébendes, notamment à la veille des élections. Mais elle a été particulièrement favorisée par la modification progressive du mode de financement de ces dépenses. Le déplafonnement des cotisations, l’instauration de la CSG/RDS et la prise en charge d’une part de plus en plus significative des dépenses sociales par les budgets de l’Etat ou des collectivités locales ont fait que les assurances sociales ne sont plus des assurances, mais des dépenses de redistribution sociale. Plus personne n’en mesure le coût et aucun de leurs bénéficiaires n’a plus intérêt à en limiter la dérive.

Ainsi les charges sociales, employeur et employé, ont grimpé sans cesse pour atteindre environ 80% du salaire net quand elles sont de l’ordre de 20% dans de nombreux pays comme la Suisse ou l’Angleterre. Chacun cherche alors naturellement à se défausser sur les autres. Le patronat demande que les 35 Mi€ qui financent la branche famille soient payées par une augmentation de TVA ou de CSG. Les salariés réclament une hausse des cotisations supportées par les employeurs. Le débat sur les retraites s’installe dans la médiocrité entre ceux qui veulent allonger la durée de cotisation et ceux qui souhaitent reculer l’âge de départ en retraite. Pour limiter le dérapage incontrôlé du budget de la sécurité sociale, les listes s’allongent, année après année, de médicaments et autres prestations non remboursés. Mais c’est emplâtre sur jambe de bois. Il ne s’agit toujours que de remplir plus le tonneau des danaïdes de ce gouffre social en augmentant indument les prélèvements sociaux et fiscaux.

Or il ne sera possible de contenir, puis de réduire ces dépenses sociales qu’en changeant de modèle, en rendant les bénéficiaires des prestations sociales responsables de leurs dépenses, en revenant au principe de l’assurance. Si, comme pour les assurances automobiles, les assurés pouvaient mettre leurs assureurs en concurrence et s’ils étaient intéressés au contrôle de leurs dépenses, gageons que la gabegie serait moins grande sans pour autant empêcher que les longues maladies et les cas les plus graves soient pris en charges comme le sont les dépenses liées aux catastrophes naturelles par les assurances responsabilité civile/habitation.

En matière de retraite, seule une évolution vers un système par capitalisation permettrait à chacun d’être responsable de son épargne. C’est possible puisque au sein de l’OCDE, les retraites par capitalisation fournissent 20 à 30 % des revenus des retraites, soit dix fois plus qu’en France. Les réformes menées dans d’autres pays, et notamment au Chili depuis 30 ans, ont montré que le passage de la répartition à la capitalisation était réalisable et se faisait à l’avantage des assurés. Et chacun alors choisirait sa durée et son taux de cotisation dans des limites raisonnables encadrées par la loi.

Rendre chacun responsable de son destin, de sa vie, c’est non seulement le seul moyen de retrouver à long terme un meilleur équilibre dans la répartition des fruits du travail et de l’épargne entre ce qui revient à la collectivité et ce qui reste à chacun, mais c’est aussi et surtout le moyen de redonner à chacun l’envie, l’espoir et la fierté d’améliorer son sort par lui-même. C’est, ce faisant, ce qui peut permettre à notre société, à notre civilisation de repartir dans leur marche en avant engagée depuis qu’elles ont hérité de Jérusalem, de Rome et d’Athènes du sens de l’individu, depuis qu’elles ont reconnu la valeur unique de la personne par rapport à la collectivité, depuis que la Révolution française a consacré la liberté individuelle dont le progrès s’est nourri pendant deux siècles.

Par ce renversement d’attitude en faveur d’une plus grande responsabilisation des citoyens, la France reprendrait en main son avenir en baissant durablement ses dépenses publiques. C’est d’ailleurs dans les pays qui ont fait des efforts de réduction drastique de leurs dépenses publiques, tels que l’Espagne, le Royaume Uni ou l’Irlande, que se dessine une timide embellie. Mais surtout, cela transformerait les comportements pour passer d’une société d’assistance à une société responsable, c’est à dire une société de plus grand épanouissement personnel.


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