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Une proposition gaulliste : supprimer le CESE

Et pendant ce temps-là, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) poursuit la production intensive de rapports dont l’utilité reste encore à trouver. Comme tout le monde politique se réclame du général de Gaulle, on pourrait déjà appliquer sa proposition de supprimer le CESE !

Les derniers en date, dont le CESE nous fait aimablement parvenir des copies, portent sur la « bioéconomie durable », « les violences faites aux femmes des Outres-mer » ou sur la qualité de l’habitat, condition du « mieux vivre ensemble ». On peut aussi lire la contribution du CESE au programme national de réformes écrite par un membre du groupe CGT, véritable organe réformateur.

Le CESE s’est « autosaisi » de la production d’un rapport annuel sur l’état de la France à quoi l’on a donné le titre « Réconcilier la France ». Les conclusions, « Réconcilier la France autour d’une conception partagée de son avenir implique d’abord de réconcilier les Français.e.s avec eux-mêmes. Il est nécessaire en effet de donner un nouvel élan à la cohésion sociale pour pouvoir mettre la société en mouvement autour d’un projet commun », promettent des effets immédiats et efficaces.

On peut aussi consulter le rapport sur le « revenu minimum social garanti » dont la conclusion laisse entendre qu’il faut appliquer le programme du PS qui a reçu 6% des voix. Le CESE propose en effet de garantir dès 18 ans un revenu de 600 euros sans emploi ni étude sous réserve de « contractualiser avec un dispositif d’insertion vers et dans l’emploi ». Il faudra aussi « prévoir un accompagnement renforcé et individualisé pour les jeunes bénéficiaires du RMSG afin de les aider à construire leur projet personnel et d’insertion professionnelle ».

Pour rappel, le CESE coûte 40 millions d’euros par an pour 140 employés, 233 membres et 60 « personnalités associées », soient 92 000 euros par tête. Il sert à « donner son avis sur les projets de loi, d’ordonnance ou de décret » selon l’article 70 de la Constitution. Les saisines gouvernementales se comptant sur les doigts de la main ( deux en 2012, cinq en 2013), le CESE se propose à lui-même des sujets d’études. Censé représenter la société dans sa diversité, le CESE est essentiellement composé de représentants syndicaux de tous types : étudiants, ouvriers, patronaux, agricoles... Ceux-ci ne font que reprendre sous l’étiquette du CESE les avis et positions de leurs syndicats respectifs. 40 autres membres sont nommés par le conseil des ministres. Qu’attendre d’un tel entre-soi ?

Charles de Gaulle parlait déjà de la fusion du CESE avec le Sénat en 1949 et proposait sa suppression en 1969… Comme tous les politiques français se réclament du gaullisme, le CESE ne devrait plus avoir beaucoup de temps à vivre…

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Messages (2)

Amen !

le 13 juin, 19:41 par theano

La suppression du CESE figurait dans le programme présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan. Rappelons que cet organisme a mis à la poubelle 700 000 pétitions-papier envoyées par La Manif Pour Tous. Pétitions qui demandaient simplement l'avis du CESE sur la loi Taubira du mariage unisexe. Depuis, les tribunaux ont reconnu la validité de ces pétitions, mais trop tard.

C'est le nommé Delevoye, probablement sur ordre de Matignon, qui a décidé d'ignorer ces pétitions. Le même Delevoye qui est maintenant un des principaux porte-mensonges du mouvement La République en Marche.

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LES FROMAGES DE LA RÉPUBLIQUE

le 14 juin, 11:47 par Lexxis

Parmi ses 233 membres et alors que deux au moins se soucient exclusivement de la défenses des petits oiseaux, pas un seul pour représenter quelque 17 millions de retraités tout simplement parce que n'exerçant plus aucune activité, ils ne peuvent plus se syndiquer et qu'au CESE, hors les syndicats pas de salut ou presque.

C'est l'occasion de souligner une nouvelle fois que le CESE est rigoureusement fâché avec la démocratie et qu'il sert principalement de porte-voix à des organismes qui vivent largement de la générosité publique, d'ailleurs fort souvent dans des conditions particulièrement opaques.

C'est dire que les 17 millions de retraités, mais aussi la plupart des quelques 90% d'actifs que les syndicats ne représentent pas n'ont aucune crainte à avoir quant à la suppression de cette Assemblée où quelques récentes nominations ont confirmé qu'elle restait l'un des meilleurs fromages de la République.

Par ailleurs, puisqu'on est sur le plan des économies avec l'élagage des branches inutiles et coûteuses, on pourrait sans regret associer à cette suppression du CESE, celle de France Stratégie, dont les dernières productions ont montré qu'elles s'inscrivaient trop souvent dans la droite ligne des propositions de Terra Nova et de quelques autres, qui, elles, ont le mérite de fonctionner gratuitement ou en tout cas à moindres coûts.

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