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Suède : des bons scolaires pour les familles et des écoles cotées en Bourse

Dans un article intitulé « Le bon scolaire, ou comment privatiser l’usage de l’impôt pour le rendre plus efficient », Jean-Philippe Delsol, administrateur de l’IREF, vante les mérites de la liberté accordée aux familles afin de choisir la meilleure école pour leurs enfants. Un excellent exemple de réussite dans ce domaine nous vient de Suède, confirme Nicolas Lecaussin .

On a souvent parlé du « modèle suédois ». Depuis 1966 et la parution de l’ouvrage de Jean Parent intitulé – déjà – « Le modèle suédois ». Puis dans les années 1980 lorsque François Mitterrand croyait que la Suède étatisée pouvait constituer un exemple à suivre pour la France, ensuite dans les années 1990 à l’occasion de l’énorme vague de libéralisation et de privatisations qui ont sauvé le pays de la faillite (le déficit public avait atteint 16% du PIB et la dette était d’environ 80% du PIB) et l’ont mis sur la voie d’un remarquable développement économique et, enfin, aujourd’hui, lorsqu’on parle du « modèle suédois de retraite ».

La Suède, un pays qui a libéralisé à tout-va !

Dans les années 1980, la Suède était un pays au moins aussi étatisé que la France qui décide d’en finir avec les gaspillages et de rendre son Etat plus efficace. Aujourd’hui, la majorité des services publics suédois sont privatisés et complètement ouverts à la concurrence. En quelques années, le nombre de fonctionnaires baisse de 350 000, passant de 1 650 000 à 1 300 000. Non seulement leur nombre, mais leur statut change. Leur travail ne consiste plus seulement à venir tranquillement au bureau tous les jours, mais à lancer des appels d’offres et comparer des devis, puis à veiller à l’application des contrats signés. Au niveau local, les collectivités se sont transformées en de vastes centrales de biens et de services, après avoir été longtemps fournisseurs. Ainsi, le fonctionnaire suédois est devenu un vrai contrôleur de gestion.

Pour ce qui est des services publics, les réformes sont encore plus importantes. Les transports publics ont été privatisés, les gares sont gérées par plusieurs sociétés et les administrations ont…disparu. Toutes ces transformations « libérales », voire « ultralibérales » ont été effectuées par des gouvernements de… gauche. Elles ont commencé avec le premier gouvernement Ingvar Carlsson (socialiste) entre 1986 et 1990, ont continué avec le même, revenu au pouvoir entre 1994 et 1996 et ont été approfondies sous le gouvernement socialiste de Göran Persson.

En France, on ne peut pas toucher au « mammouth » de l’Education nationale. En Suède, l’éducation nationale, un dinosaure cousin du nôtre il y a encore quelques années, a subi une cure de réformes sans précédent. Cela a commencé en 1991 avec la « communalisation », c’est-à-dire la gestion par les pouvoirs locaux de l’école de la maternelle au lycée. Ensuite, on a introduit « l’outsourcing », le recours aux prestataires extérieurs : tous les directeurs d’école possèdent un carnet d’adresses et font appel aux cabinets (privés) de recrutement des professeurs, savent maîtriser le « cash flow » et regardent plus attentivement les cours de la Bourse.

Des écoles cotées à la Bourse de Stockholm

La flexibilité est devenue la règle dans l’enseignement suédois. Les enseignants, dont le nombre a baissé depuis 1990, sont licenciés comme dans le privé, ils font des semaines de 35 heures mais profitent d’un système de rémunération libre et individuel (ils sont d’ailleurs beaucoup mieux payés qu’avant). Tout est lié par un contrat : les murs, le personnel et les élèves (grâce aux chèques éducation). Et avec l’introduction des chèques éducation en 1992, ce sont les élèves les plus pauvres qui en ont le plus profité.

Les familles peuvent choisir parmi les écoles privées et publiques. En 2008, une école sur cinq était privée dans 215 municipalités sur 290. Environ 10% des écoles libres sont religieuses et environ six sur dix sont gérées comme des entreprises privées. Beaucoup d’écoles libres ont été fondées par des enseignants qui se sont débrouillés pour trouver de l’argent privé et il existe même une organisation qui rassemble plusieurs écoles libres et privées et qui est cotée à la Bourse de Stockholm.

Aujourd’hui, dans certaines régions de la Suède, plus de 50% des élèves sont scolarisés dans des écoles libres devenues beaucoup moins chères que les écoles publiques et beaucoup plus performantes. Toutes les études montrent que les résultats obtenus par ces écoles sont meilleurs que ceux des écoles publiques mais le niveau général a considérablement augmenté grâce à la concurrence entre les établissements scolaires.

Aujourd’hui, il existe un consensus politique total sur les bons scolaires (seul, l’ancien Parti communiste s’y oppose) et aucun politique n’oserait remettre en cause cette réforme essentielle.

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