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SeaFrance : vive l’entreprise publique !

Filiale de la SNCF, Seafrance était gérée suivant les normes de l’entreprise publique française : pouvoir syndical absolu, déficits permanents, absence de gouvernance. Hélas, remarque Nicolas Lecaussin, c’est une situation banale en France.

L’affaire de la compagnie de ferries SeaFrance et de ses 880 salariés dépasse largement le problème de sa liquidation. Elle est révélatrice des maux qui rongent l’économie française.

Un « service public » au service de lui-même

SeaFrance est une filiale de la SNCF, entreprise publique qui se trouve sous perfusion. Elle reçoit tous les ans environ 12 milliards d’euros de subventions publiques. Totalement indifférente à l’utilisation de l’argent des contribuables, la SNCF n’a jamais contrôlé sa filiale. Elle a laissé les syndicats la diriger et la faire couler alors que les problèmes de l’entreprise sont plus anciens et que des repreneurs éventuels (dont une société danoise) aurait pu sauver éventuellement au moins une partie des emplois.

Des syndicats mafieux

Après le Rapport Perruchot sur les syndicats, enterré par le pouvoir, voici de nouvelles preuves de leurs activités mafieuses. Le dossier SeaFrance a permis de nombreuses révélations : détournement de fonds, de cigarettes, d’alcool. Ce sont quelques activités auxquelles se livrait le Comité d’entreprise de SeaFrance. Les syndicalistes qui sont, comme on le sait, les défenseurs des travailleurs, ont détourné l’argent à leur compte ce qui leur a permis de multiplier leurs salaires par dix. Le parquet de Lille a d’ailleurs ouvert une enquête pour « vol en bande organisée ».

Des politiques interventionnistes

Enfin, cette affaire démontre, une fois de plus, l’interventionnisme des politiques français qui n’hésitent pas à gaspiller les deniers publics pour des raisons électoralistes. Comme le ferait tout vrai socialiste, Nicolas Sarkozy a immédiatement sauté sur l’occasion pour s’ériger en « sauveur des entreprises françaises » comme Lionel Jospin dans les années 1990. Cette intervention politique est allée jusqu’à ce que même Eurotunnel, principal concurrent de SeaFrance, propose la reprise de l’entreprise maritime ! Il est vrai qu’à la tête d’Eurotunnel se trouve Jacques Gounon, ancien directeur de cabinet de la ministre Anne-Marie Idrac…

Finalement, les forces conjuguées du gouvernement et des syndicats n’ont pas empêché la disparition de l’entreprise. Les premières victimes du syndicalisme et de l’interventionnisme sont les salariés de Seafrance bernés et abusés – tous n’étaient pas complices.

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Messages (3)

commentaires à votre article

le 14 janvier 2012, 01:20

Merci de votre article qui fait le point sur la situation des relations entre l’Etat, les syndicats et l’Entreprise.

C’est désolant c’est même effarant !! il est temps que les français prennent conscience de cette situation avec le sens des responsabilités et la volonté de prendre des mesures réfléchies.

Sur les chiffres je pense qu’il y a une erreur car la SNCF recoit avec RFF, (au total des deux) environ 10 milliards par an de l’Etat ; Donc ce n’est guère possible qu’une petite entreprise de 8OO personnes recoivent 12 milliards de cette SNCF.

Merci de me confirmer si j’ai raison et dans ce cas me faire connaître le chiffre exact car je suis tout ce genre de questions économiques et financières.

Jean-Paul Dufournet

# En effet il faut préciser....

19 janvier 2012, 08:36

Je pense que c’est la SNCF qui reçoit les 12 milliards €

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Augias

le 20 janvier 2012, 16:10

Il faut nettoyer les écuries d’Augias. Vite !

- Répondre -

Gabegie

le 20 janvier 2012, 20:15

L’état et ses serviteurs ne connaissent rien à l’économie, hors les théories économiques, ne connaissent rien à une bonne gestion de l’argent et des finances, mais continuent à donner des leçons aux entrepreneurs. Ca suffit, mais où trouver des gens capables de gouverner sérieusement, et non en fonction d’un scrutin prochaine ?

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