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Pourquoi la droite libérale peut devenir incontournable

De manière dynamique et ouverte, plus consensuelle, pourrait s’engager le redressement de notre économie et plus généralement de la société en rendant à chacun ses responsabilités et en libérant les énergies. Pour ce faire, il faut des partenaires forts plutôt que des adversaires autistes ou des courtisans avides. Il paraît dans l’intérêt bien compris des deux parties que la droite conservatrice et libérale prenne toute sa part dans le grand chamboulement qui s’annonce.

Un gouvernement introuvable a donc été nommé, inattendu rassemblement d’anciens adversaires réunis par le succès. Sous une dominante d’anciennes allégeances socialistes et autres camarades du Modem, s’y retrouvent aussi aux meilleurs postes certains qui soutenaient il y a peu François Fillon et d’autres dont les qualités sont reconnues de tous au-delà des clivages. Le président mise sans doute sur ce caractère hétéroclite pour composer une nouvelle majorité en jetant par ailleurs la pagaille à droite. Mais c’est peut-être son erreur dans sa passion tacticienne. Car il aura besoin d’alliés pour réaliser son projet, soit qu’il n’ait pas suffisamment d’élus, soit même seulement pour rassembler au-delà de son parti afin de réussir le tour de force de réconcilier la France.

Plutôt que de reproduire un avatar du socialisme, les premiers gestes d’Emmanuel Macron semblent marquer son option résolument favorable aux libertés et au respect de l’état de droit pour la mise en œuvre de laquelle il lui serait utile qu’existe une droite libérale forte et capable de travailler avec lui et de discuter et amplifier ses projets.

Déjà de nombreuses propositions du président doivent recevoir l’adhésion de la droite libérale, par exemple en faveur de l’élargissement du régime des auto entrepreneurs, de l’allègement des contraintes en matière de droit du travail, d’abaissement de l’impôt sur les sociétés à 25% ou de fixation d’un impôt forfaitaire de 30% sur les revenus du capital.

Mais l’ambiguïté demeure sur trop de fausses bonnes idées qui ressortent du programme du candidat élu. Et le jeu politique ajoutant à l’incertitude de l’avenir, il serait de l’intérêt de la France autant que des candidats Les Républicains que ceux-ci présentent aux prochaines élections un programme d’une audace à la hauteur, immense, de la confusion encore instillée dans l’opinion. Un pôle libéral fort pourrait se démarquer du macronisme pour lui donner plus de force et de logique plutôt que d’en apparaitre comme une pâle version. Il se fixerait pour mission d’accompagner et d’orienter la politique à venir sur bien des sujets qui le méritent :

Au plan social, la réduction des charges serait plus efficace en ouvrant les assurances maladie et chômage à la concurrence plutôt qu’en les étatisant un peu plus par la prise en charge des cotisations par l’impôt. Une claire distinction des dépenses sociales de solidarité relevant de la CSG et de celles qui peuvent dépendre d’un régime assuranciel et du libre choix des personnes, comme pour l’assurance automobile, tendrait à réduire les coûts en responsabilisant assurés et assureurs.

Au plan fiscal, l’exonération de la taxe d’habitation pour 80% des assujettis est injuste et discriminatoire. Ne l’est pas moins l’idée de ne supprimer l’ISF qu’à moitié en accablant l’investissement immobilier de charges et de tous les maux au risque de pénaliser gravement la construction de logements et de locaux industriels et commerciaux. Il convient surtout d’accroitre l’effort pour baisser le déficit budgétaire qui est encore en France du double de la moyenne européenne en 2016

Dans le domaine de l’éducation, Monsieur Macron a eu le courage d’annoncer un retour des langues anciennes et des classes bi-langues en même temps qu’il encouragerait l’école publique à mieux s’occuper des plus déshérités. Mais l’école publique elle-même ne se réformera qu’en étant soumise à la concurrence rendue possible par le bon scolaire distribué aux parents pour leur rendre leur responsabilité éducative.

Ne convient-il pas de recentrer l’Europe sur ses missions premières en matière de liberté de circulation des hommes, des marchandises, des capitaux et des idées plutôt que de vouloir engraisser un nouveau Léviathan technocratique en créant un ministre européen de l’économie ? Restons-en plutôt au principe de subsidiarité : en bas tout le possible, en haut seulement tout le nécessaire.

Il peut être juste d’assurer une plus grande uniformisation des systèmes publics de retraite, mais il faut surtout les ouvrir progressivement à la capitalisation en laissant les individus choisir leur assureur. Il faudra peut-être moraliser la vie politique, mais il faut espérer que ce ne sera pas en confondant morale et justice, en interdisant bêtement aux parlementaires d’employer leurs épouses tandis qu’ils pourront embaucher leurs concubines ou leurs compagnons !

Nous ne sommes pas favorables à la retenue à la source de l’impôt sur le revenu qui compliquera les déclarations des particuliers plutôt qu’elle ne les simplifiera, qui fera peser de nouvelles obligations à la charge des employeurs, et qui supprimera le lien « physique » de citoyenneté entre le contribuable et l’Etat que représente le douloureux paiement de l’impôt direct. Mais il faut surtout éviter de laisser les contribuables dans l’inconnu car en matière de fiscalité, l’incertitude est pire encore que la taxation elle-même.

De manière dynamique et ouverte, plus consensuelle, pourrait s’engager le redressement de notre économie et plus généralement de la société en rendant à chacun ses responsabilités et en libérant les énergies. Pour ce faire, il faut des partenaires forts plutôt que des adversaires autistes ou des courtisans avides. Il paraît dans l’intérêt bien compris des deux parties que la droite conservatrice et libérale prenne toute sa part dans le grand chamboulement qui s’annonce. Mais celle-ci n’y parviendra que si d’ores et déjà, elle est plus hardie dans ses idées.

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