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par Jacques Garello

Peugeot : une intrusion étatique inacceptable

« C’est un devoir pour les partisans de la liberté de dénoncer la gravité de ce dirigisme agressif et démagogique ». Telle est l’opinion du professeur Jacques Garello, administrateur de l’IREF et président de l’ALEPS. Gouvernants, syndicats et médias portent atteinte à la propriété, à la libre entreprise, à la liberté du travail, à la concurrence.


Ainsi le Président de la République, après le ministre du Redressement Productif, a-t-il jugé le plan social de PSA « inacceptable ». La condamnation de la firme française a été marquée d’une grande solennité : un long passage dans le grand discours du 14 juillet, une vindicte impériale assortie d’une accusation publique de mensonge, un credo étatiste dithyrambique.

Nous sommes donc en présence d’une affaire d’Etat.

C’est bien ce qui est inacceptable. C’est une intrusion inadmissible de la politique dans l’économie, qui atteint profondément la liberté d’entreprendre. Sans doute pour calmer le jeu, les instances patronales et le Conseil de Surveillance de PSA n’ont-ils pas voulu engager la bataille au niveau des principes. Mais c’est un devoir pour les partisans de la liberté de dénoncer la gravité de ce dirigisme agressif et démagogique.

Depuis plusieurs décennies, les entreprises françaises attendent en vain la libération du marché du travail, la possibilité d’embaucher et de licencier suivant des procédures purement contractuelles et personnelles, la possibilité d’alléger les charges sociales en s’affranchissant de la tyrannie de la Sécurité sociale. Cette libération mettrait un terme à l’essentiel du chômage, notamment des jeunes, et permettrait aux entreprises de demeurer compétitives en adaptant sans cesse leurs effectifs et leur volume de travail aux évolutions de la clientèle et des concurrents. Il n’en est rien. Une réduction d’effectifs, même accompagnée de mesures protectrices des intérêts du personnel, devient un drame social. La puissance des syndicats, le catastrophisme des médias, et l’idéologie socialisante vont vite transformer les plus beaux fleurons de l’économie française en champs de ruines.

Les entreprises françaises ont besoin d’une capitalisation solide et recourir à l’apport des actionnaires et à leur soutien durable est préférable à l’endettement. Mais l’épargne française est confisquée par l’Etat et la Caisse des Dépôts et Consignations (et bientôt la grande banque publique d’investissement). Quant aux actionnaires, ils sont considérés comme des ennemis publics et la fiscalité va progressivement les faire disparaître. Déjà les financements étrangers désertent notre pays et les fortunes nationales s’expatrient ou s’évaporent.

Les entreprises françaises ont besoin d’une gouvernance efficace. Leur bonne gestion est liée à l’efficacité du marché financier. Si PSA a des difficultés, le cours des actions les traduira, et exposera peut-être la direction à une offre publique d’achat, ou à une fusion, ou à une absorption. Une faillite peut même être envisagée : c’est la loi du genre, c’est ce qui maintient la pression permanente sur les gestionnaires. S’il y a eu des erreurs dans les choix stratégiques de PSA, la sanction doit venir des marchés et non des gouvernants.

Ce qui est précisément inacceptable, c’est cette outrecuidance des hommes politiques qui, aujourd’hui comme hier, s’érigent en gestionnaires, laissant attendre que des experts sans doute hauts fonctionnaires sont plus compétents et plus motivés pour assurer la bonne marche de l’entreprise que des managers surveillés par les actionnaires et, plus encore, par la bourse.

Il est vrai que les nouveaux maîtres du jeu disposent d’un argument très fort : ils ont des ressources financières inépuisables, puisqu’ils peuvent recourir à la fiscalité pour « sauver » les entreprises en danger. Inutile de dire que ces « soutiens » ne seront pas faciles à faire admettre par les concurrents étrangers, dans un marché aussi ouvert que celui de l’automobile.

Ainsi le Président de la République, ses acolytes gouvernementaux et ses amis syndicalistes se rendent-ils coupables d’une quadruple forfaiture : atteinte à la propriété privée, atteinte à la libre entreprise, atteinte à la liberté du travail, atteinte à la concurrence.

Les nationalisations opérées par la gauche en 1981 avaient au moins un mérite : elles exposaient au grand jour le désir de rupture avec le capitalisme. Il a été relativement facile de les annuler quelques années plus tard (y compris par ceux-là même qui les avaient opérées). Les nationalisations rampantes aujourd’hui sont tout aussi nocives et aussi contraires à la loi du marché et de la propriété, mais elles se veulent efficaces et humaines. L’efficacité est celles d’une politique de gribouilles bureaucratiques. Quant à l’humanité, elle condamne à la disparition totale d’entreprises naguère florissantes et à l’extension du chômage, qui dépassera de loin les 10.000 emplois supprimés chez PSA et atteindra tous les secteurs de l’économie nationale. C’est inacceptable.

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Messages (12)

PEUGEOT

le 18 juillet 2012, 08:43

Peugeot/Citroen a succombé comme toute l’industrie Française aux monopoles publics qui ont fauss" la concurrence et le libre marché. Dans le cas de Peugeot, le fossoyeur Renault est bien visible. Ses dirigeants copains des coquins ont obtenu des milliards pour racheter des affaires pourries ou délocalisé pour vendre en France !!C’est l’état qui tue la France

# Peugeot

18 juillet 2012, 10:34

Vous avez certes le droit de désapprouver tel ou tel ; mais évitez vraiment d’être stupide, si vous souhaitez être entendu.

# PSA, France et faillite

18 juillet 2012, 15:44

Le problème de PSA est bien connu : trop petit, trop seul, trop Français.

On peut reprocher aux dirigeants de PSA de n’avoir pas su racheter Nissan ou construire une usine gigantesque au Maroc comme Renault. Mais ces reproches, venant de bureaucrates qui ont mené la France à la faillite est déplacé.

Et qu’un gouvernement socialiste reproche à PSA de ne pas avoir autant délocalisé que Renault est grotesque.

Quant aux subventions, ce n’est rien d’autre qu’une petite restitution de l’Etat qui prend trop d’impôts et trop de taxes. Et qui impose des conditions parfois politicienne en échange de ces restitutions...

Alons, alons, calmons nous un peu.

le 18 juillet 2012, 17:31

Et bé !

A vous lire il semblerait que vous soyez presque content qu’une usine ferme et qu’il faudrait qu’on la laisse fermer en paix.

Restons calmes Monsieur ! Même chez les capitalistes les plus engagés il y a comme une envie d’ouvrir des usines et de les garder ouvertes. Ou alors je n’ai pas bien compris l’idée de liberté d’entreprendre.

Bref, une usine qui ferme est toujours une mauvaise nouvelle pour tous.

D’autre part j’ai lu ça et là que l’entreprise ferme alors qu’elle a reçu des fonds publics. C’est vrai et ce n’est pas gentil mais c’est incomplet : l’entreprise a reçu des fonds publics lorsqu’elle en avait besoin mais elle les a remboursé depuis.

Bref, même si la somme a été remboursé il reste la dette de service rendu lorsque la bise fut venue.

Enfin, quoi que nous en pensions, il est normal et légitime que l’état s’inquiète et veuille s’ingérer dans cette fermeture. En effet, 4000 licenciements c’est 4000 chômeurs de plus, 4000 charges sociales de moins, et une lourde perte sur la TVA et autres taxes perçues sur les marchandises qui ne seront plus produites. La sauce peut être doublée par l’effet de chute d’activité sur les sous-traitants en amont et les vendeurs en aval.

Au bas mot cela va couter, à la louche, dans les 150 à 200 millions d’euros à l’état.

Il y a là de quoi tousser un peu et s’ingérer, 200 plaques au soleil, non ?

Accessoirement vous faites l’apologie de l’actionnariat : "une capitalisation solide et recourir à l’apport des actionnaires et à leur soutien durable est préférable à l’endettement". Personnellement, je préfère rembourser à une banque un prêt à 5% sur 10 ans que de verser 15% de dividendes aux actionnaires ad vitae-eternam...

N’est ce pas ?

Merci.

# L’actionnariat populaire à la socialiste ?

18 juillet 2012, 22:01

Dans le cas de figure actuel, nos impots feraient de nous des actionnaires qui ne toucheraient jamais de dividendes et paieraient des hauts fonctionnaires qui nous couteraient plus chers que les dividendes versés aux actionnaires passés. Le tout pour un résultat nul.

# Si vous connaissez beaucoup

19 juillet 2012, 10:57

Si vous connaissez beaucoup d’entreprises qui versent 15%de dividendes ad vitam aeternam, passez moi le tuyau,

par ce que celles que je connais, sauf exception, c’est plutôt du 2 à 4% avant impôts, et pas du tout garanti dans la durée.

# Dans ce cas empruntez à la

22 juillet 2012, 19:26

Dans ce cas empruntez à la banque à 5 %, puis achetez avec l’argent de l’emprunt des actions qui rapportent 15 % !!!!

Effrayant de nullité.

la démarche de l’ensemble gouvernemental

le 18 juillet 2012, 18:55

Tout sent de roussi en France. En fait l’incendie économique y consume tout à petit feu. Une poutre plus grosse que les autres craque, comme PSA... Les socialistes, à la lumière blafarde de l’inversion totale de valeurs qui est leur credo, arrosent l’incendie avec l’argent du contribuable. Cet argent agit comme la sciure de bois. Il étouffe un peu la progression du feu, mais pour mieux l’alimenter plus tard. Comme les chevaux effrayés dans une écurie en feu, qui se précipitent vers le fond, au lieu de sortir, les Français ont l’art unique de faire le contraire de ce qui sortirait leur pays de la déconfiture. La dégringolade, entamée en 1789 continuera toujours plus bas.

PSA : et les actionnaires ?

le 18 juillet 2012, 21:32

Je ne suis pas socialisant mais si l’on doit être partisan du système capitaliste il conviendrait qu’il fonctionne. Lorsque la société est florissante, les actionnaires réclament des dividendes ; Avec de + en + d’avidité, ces derniers temps (15% !). Et quand ça va mal, pourquoi ne feraient-ils pas leur devoir en apportant les capitaux permettant à l’entreprise de résoudre son problème industriel dans le temps nécessaire pour un règlement social humain ? Après tout, ce sont bien ces actionnaires qui ont validé, en AG, les erreurs stratégiques qui ont conduit à cette situation désatreuse.

# Ils le font sans qu’on leur dise

19 juillet 2012, 07:53

De 2008 à 2011, la famille Peugeot, actionnaire principal n’a pas touché de dividendes pendant 3 années sur 4. L’année où elle en a touché, c’était de l’ordre de 54 millions à comparer aux plus de 80 qu’elle réinjectait dans l’entreprise par augmentation de capital...

# au sujet de PSA

19 juillet 2012, 08:40

cessez de considérer les actionnaores comme des gloutons grassmenet rémunérés pour leur investissement boursier : quels sont les dividendes ? et quand il n’y en a pas ? les rémunérations d’actionnaires c’est comme les intérêts d’un livret ; l’Éta seul aurait-il le droit au capitalmisme ? car enfin , les intérêts sont comme des dividendes , ils correspondent au retour sur investissement ; or l’État est le pire des entrepreneurs , qui pratique sans cesse le coup de force contre les gens en les volant , ce contre quoi aucun citoyen ne peut se défendre contre la foce éventuellement injuste de la loi...

les riches sont ils tous malhonnêtes ? sont ils de purs rentiers ou ont travaillé dur avec intelligence , éventuellement contre des salariés déchaînés ? prêts à saccager , à polleur par des produits chimiques ou radioactifs ; cela s’est vu...où sont les tarés ?

PSA a-t-il commis des fautes de stratégie ou les véhicules sont ils trop chers à produire en France ? RÉ-PON-DEZ ! à moins que vous ne soyez aveuglé par ignorance

christian pène

# PSA et actionnaires

19 juillet 2012, 16:41

Vous auriez mérité de figurer parmi les ministres de ce gouvernement.

# Qu’elle entreprise distribue 15 % de dividendes ?

28 juillet 2012, 22:27

Je crois que vous devez être très mal informé sur la distribution de dividendes des sociétés françaises. Pour votre gouverne le taux de distribution d’après Associés en finances est de l’ordre de 3%. Arrêtez de raconter n’importe quoi.

# réponse : PSA : et les actionnaires

6 août 2012, 13:18

Sans les actionnaires, il n’y a plus d’entreprises (globalement). N’oubliez pas que le secteur automobile, tel qu’il est actuellement en France, n’a plus d’ouverture. Pourquoi conserver une activité moribonde en injectant du financement public à perte. D’autre part, PSA a tout fait pour conserver son activité en France. En remerciement l’Etat et les syndicats le condamnent ??? La seule grande entreprise qui soit restée patriote mise à l’index ??? Ne croyez vous pas que les gens sont décorticalisés ? Certes à grand renfort des médias qui deviennent aussi incultes que la société. Décidément c’est la déréliction : plus de savoirs, de connaissances, de profondeur ni de références historiques... Grave le futur !

Sonya

AUGIAS

le 19 juillet 2012, 10:18

Les dirigeants de PSA doivent- si ils sont courageux - dénoncer avec force et détermination l’attitude des gouvernants-fonctionnaires qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise.

Il faut nettoyer les écuries d’Augias, vite !.

Industrie automobile sous perfusion publique

le 19 juillet 2012, 12:35

"C’est bien ce qui est inacceptable. C’est une intrusion inadmissible de la politique dans l’économie, qui atteint profondément la liberté d’entreprendre." Que dire de la subvention publique fournie à l’industrie automobile est-elle légitime soutient réellement le marché ?

PSA

le 19 juillet 2012, 15:49

Entièrement d’accord ! Ce Montebourg est un aventurier politique sans aucune connaissance de la gestion et encore moins de la vie industrielle !

Quel "poids" represente t’il en face du PDG de PSA ? Rien !

Nous avons une fois de plus des "charlots" pour diriger la France !

S.L. directeur industriel retraité

Peugeot

le 20 juillet 2012, 19:44

Pensez vous normal que la France qui travaille 50 heures par semaine, qui se lève tôt, qui prend des risques,qui prend sa retraite à 65 ans et non a 50 ans (EDF, Education Nationale,SNCF etc.) qui n’a pas la sécurité de l’emploi,qui ne fait pas grève,qui a un taux d’absentéisme au travail très inférieur au public qui paye le plus d’impôts ne soit pas représente à l’assemblée, ni au sénat, ni au gouvernement , ni dans les assemblées territoriales, ni dans les mairies. Je parle des médecins,des artisans,des chefs d’entreprises, des restaurateurs, des pharmaciens, des travailleurs du bâtiment, des ouvriers en usine,des chirurgiens, etc...Prenez les dernières statistiques qui viennent d’être publié.

Je trouve comme vous scandaleux les interventions de ce capitaine de pédalo( dixit M. Mélenchon) M.Hollande et de ce ministre incompétent et fantôche du "redressement productif !!!! sur Peugeot.

Comment des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise qui ont passés la majorité de leur temps à vivre au crochet des contribuables, puissent tenir ce genre de langage sur une société privé !

Scandaleux ! Messieurs les entrepreneurs taillez vous de France et allez investir dans des Pays où les fonctionnaires défendent les entreprises et non le contraire. Cette France n’est capable que de fabriquer à des prix exorbitants des fonctionnaires ! Moi, c’est ce que je vais faire

# Réponse du 20/07 : Peugeot

6 août 2012, 13:43

Dans la liste des gens malmenés, n’oubliez pas les infirmier(e)s, elles ont plus de responsabilités que les médecins et les autres professions. Elles "donnent" de leur temps sans compter, ne font pas grève ; quand un patient arrive, quel que soit l’heure, sa vie propre passe après les nécessités de l’urgence. Aucune reconnaissance... Elles ne sont représentées que par le Conseil de l’Ordre qui a dû lutter pour avoir le droit d’exister. Et ce, malgré les syndicats qui les dénigraient et pétitionnaient contre cet Ordre représentant le dévouement par excellence et l’authenticité dans l’échelle humaine ; assujettissant ce métier aux autres. Quel gâchis ces socialistes ! le peuple a la mémoire courte, il fallait qu’il retrouve la gabegie galopante qui a crût depuis 1981... PARTEZ si vous en avez les moyens, si je pouvais je ferai de même, CAR, ça ne changera rien à l’insurrection qui se profile...

Sonja

Réel problème : Pouvoir d’achat

le 21 juillet 2012, 08:37

L’économie en Europe va mal puisqu’il n’y a plus de pouvoir d’achat. A quoi bon être compétitif s’il n’y a plus d’argent pour consommer. La meilleure preuve est bien celle de la Grèce ou encore de l’Espagne. En réduisant les salaires, le chômage ne fait qu’augmenter. Le pouvoir d’achat en berne ne contribue certainement pas à une relance économique. Avec des salaires stagnants et des dépenses de plus en plus élevées pour la santé, il est évident aussi que la Sécu ne va pas pouvoir s’en sortir financièrement. Faites le calcul : Dépenses de la Sécu : +5% par an. Rentrée en cotisations : +0.5% par an. Il ne faut pas être mathématicien pour calculer la faillite certaine de notre système de sécurité sociale.

Revenant à PSA. Ce n’est pas la faute de PSA de devoir licencier, mais bien celle de tous les Etats en Europe. Au lieu d’investir dans leurs économies respectives, un plan d’austérité après l’autre est mis en oeuvre contribuant ainsi "inlassablement" à casser toute consommation ... et pour PSA une exportation de -25%.

Peugeot socialiste

le 24 juillet 2012, 14:53

Il n’est désormais plus qu’un remède à la forfaiture permanente et ubiquitaire des socialistes qui se croient de retour en 1789 ; mêmes discours, mêmes méthodes totalitaires (sauf l’échafaud car ils ont aboli la peine de mort). Ce remède : la révolution de 2012 pour chasser ces usurpateurs, arrivés au pouvoir de façon circonstancielle.

Il faut organiser une grande manif en Octobre pour montrer notre détermination à préserver notre pays de la ruine économique et de l’invasion.