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Où va l’argent de l’Europe ?

Toujours prompte à faire la leçon (parfois méritée) aux gouvernements, l’Europe est-elle un modèle de gestion vertueuse ? On peut en douter : Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’IREF, évoque l’aide aux pays africains : 16 milliards d’euros dont la moitié au moins est gaspillée.

Toujours prompte à faire la leçon (parfois méritée) aux gouvernements, l’Europe est-elle un modèle de gestion vertueuse ? On peut en douter : Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’IREF, évoque l’aide aux pays africains : 16 milliards d’euros dont la moitié au moins est gaspillée.

La Commission européenne vient de demander une hausse du budget de l’Europe d’environ 5 %. Il s’agirait d’une rallonge de 6.2 milliards d’euros. Par ces temps de vaches maigres, la demande a déclenché de nombreuses réactions, d’autant plus que les rapports établissent que le budget actuel de 126.5 Milliards d’euros reste en grande partie non consommé.

De plus, on s’interroge beaucoup sur les véritables destinations de l’argent européen. Environ 16 Milliards d’euros vont par exemple à l’aide au développement, grâce à différents programmes d’intervention. Mais cet argent est-il bien dépensé ? Ce n’est pas vraiment le cas si l’on en croit les conclusions de la Cour des Comptes Européenne. Avec l’argent des contribuables européens, le président ougandais, Yoweri Museveni, s’est construit une résidence de 116 millions d’euros. Le président du Malawi, Bingu Mutharika, s’est acheté un avion peu après avoir reçu la première tranche des 500 millions d’euros de la part de Bruxelles. Au Burkina-Faso, des dizaines de millions d’euros ont été gaspillés dans des écoles de… danse. Au Sierra-Leone, des tonnes de médicaments ont été perdus et au Mali, 10 millions d’euros ont été utilisés pour la création d’un centre d’information pour ceux qui souhaitent travailler en… Europe. Ce qui est aussi assez paradoxal c’est que l’un des principaux bénéficiaires des aides est la Turquie, qui reçoit 565 millions d’euros par an. D’après le think tank Open Europe qui vient de réaliser une étude sur ce sujet, seulement 46 % de l’aide européenne arrive vraiment chez les populations qui en ont besoin.

Pourtant, Bruxelles a « déconcentré » l’aide extérieure à travers des organismes locaux, dans le but d’en améliorer la distribution et l’efficacité. Les résultats semblent décevants. Le Rapport spécial n°1 de 2011 de la Cour des Comptes Européenne précise que la « déconcentration des services » n’a pas eu les résultats escomptés. Tout d’abord, la gestion du personnel s’est révélée insuffisante, autrement dit, on a perdu le contrôle des employés. Les coûts administratifs de la distribution des aides seraient 2 à 3 fois supérieurs à ceux pratiqués normalement. Ensuite, « les délégations n’ont pas exercé sur place un suivi technique et financier suffisant des interventions, alors que l’un des avantages potentiels de la déconcentration était d’accroître la faisabilité d’un tel suivi. Les rapports établis par les délégations à l’intention d’EuropeAid ne donnent pas de manière appropriée des informations en retour sur les résultats ou sur la fiabilité des systèmes de gestion financière. » Les commentaires seraient inutiles : on ne sait pas exactement comment l’argent des aides a été utilisé.

Un autre Rapport (n°12, 2010) s’attaque à l’efficacité des aides au développement envoyées par l’Europe en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Là encore, les résultats sont assez décevants : « 45 % seulement des objectifs fixés dans les conventions de financement examinées ont été entièrement atteints. » D’un côté, l’Europe demande aux Etats membres de se serrer la ceinture, de l’autre, elle veut augmenter son budget sans pour autant avoir amélioré l’efficacité de son fonctionnement. Question : l’Europe a-t-elle pour vocation d’économiser certains coûts communs à l’ensemble des pays, ou est-elle en train de développer une bureaucratie et des gaspillages qu’un certain nombre de gouvernements commencent à s’interdire ?

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Messages (4)

Tout ceci est de notre faute !

le 29 avril 2011, 15:21

Cela fait des décénies que cela dure. Nous savons parfaitement que les tonnes d’argent que nous déversons en Afrique sont détournés par les oligarchies locales et ne vont pas aux populations... Si nous voulons sauver l’Afrique, il faut que les blancs reviennent, mais cela est une autre histoire !

# ou va l’argent de l’europe

1er mai 2011, 16:25

Bien sur que c’est de notre faute, au nom des idéos .... qui nous rendent impuissants et lâches, nous sommes devenus des nations de minables pour ne pas dire autre chose, et nous en crevons. Nos gouvernements ont voulu se substituer aux ecclésiastiques, avec la seule différence, les ecclésiastiques savaient gérer les dons connaissaient leur usages.

Alors que nos gouvernements se servent de nos revenus, sans nous le demander, avec une arrière pensée ; pouvoir obtenir un jour, de la plus part de responsables véreux, certaines faveurs....

Cela doit cesser.

Il sagit de notre argent à tous.

Par conséquent :

> en connaître l’usage,

> obtenir des garantie concernant la bonne utilisation, même si cela doit s’appeler : de l’ingérence.

# Aide à l’Afrique à fric

1er mai 2011, 17:54

Repentance ! repentance ! non au néocolonialisme moralisateur et raciste ! Que les dirigeants locaux sub-sahariens s’en mettent plein les poches, c’est leur culture, point-barre.

- Répondre -

Pas d’aide, pas de subvention

le 29 avril 2011, 18:16

L’aide au développement devrait être supprimée. Si l’UE veut aider les pays en développement qu’elle ouvre son marché aux produits de ces pays et qu’elle cesse de subventionner nos produits agricoles qui concurrencent les leurs.

Que le marché fonctionne librement, sans entraves.

- Répondre -

où va l’argent de l’europe

le 1er mai 2011, 16:43

Bien sur que c’est de notre faute, au nom des idéos .... qui nous rendent impuissants et lâches, nous sommes devenus des nations de minables pour ne pas dire autre chose, et nous en crevons. Nos gouvernements ont voulu se substituer aux ecclésiastiques, avec la seule différence que, les ecclésiastiques savaient gérer les dons et leur usages. Alors que nos gouvernements se servent de nos revenus, sans nous le demander, avec une arrière pensée ; pouvoir obtenir un jour, obtenir des faveurs de la part de responsables véreux....

Cela doit cesser.

Il sagit de notre argent à tous.

En connaître l’usage.

Obtenir des garantie de la bonne utilisation, même si cela doit s’appeler :

« Ingérence ».

- Répondre -

Budget d’aides extérieures de l’UE

le 1er mai 2011, 17:49

Si la Cour des Comptes Européenne a autant de pouvoirs que la Cour des Comptes française, je ne vois pas comment réduire les gaspillages (et la corruption)

Ponthieu.

- Répondre -

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