Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


Evolution de la mondialisation économique

par ,

Non, ce n’est pas la fin de la mondialisation, mais le début !
Réponse à François Lenglet

Cette note, rédigée par Lucas Léger, chercheur à l’IREF et auteur d’un ouvrage récent sur la mondialisation, rappelle l’irréalisme et les dangers du « protectionnisme modéré » à la mode dans les médias. Non, la mondialisation ne crée pas le chômage, ne diminue pas les salaires et n’accroît pas les inégalités.

« Or, si les nations pouvaient apprendre à maintenir le plein emploi au moyen de leur seule politique intérieure […]. Le commerce international cesserait d’être un expédient désespéré pour protéger l’emploi à l’intérieur des pays par des ventes au dehors et par des restrictions d’importation ; moyen qui, lorsqu’il réussit, ne fait que transférer le problème du chômage au pays le moins bien placé dans la lutte. Il deviendrait un échange de marchandises et de services, réalisé librement et sans obstacle, en des conditions comportant des avantages réciproques. » John Maynard Keynes

Il semblerait que les thèses anti-mondialistes aient toujours le vent en poupe en France. Autrefois l’apanage des mouvements conservateurs, les échecs plus récents d’ATTAC n’ont pas refroidi les détracteurs de la mondialisation, qui ont désormais franchi les frontières politiques : le repli sur soi est devenu la norme, et le « made in France » est le slogan à la mode. On peut classer parmi les nouveaux défenseurs d’un « protectionnisme modéré » le chroniqueur économique de France 2, François Lenglet, auteur de l’ouvrage La fin de la mondialisation (Fayard, 2013).
Il serait peut-être bon de lui opposer tous les écrits, toutes les analyses qui depuis plus de deux siècles, de Turgot à Friedman en passant par Cobden et Bastiat, ont démontré les méfaits du mercantilisme et du protectionnisme. Car, dans le fond, les convictions sont toujours les mêmes : la protection est devenue nécessaire face à la concurrence mondiale et la mobilité des capitaux[1].
Et plus particulièrement, l’argument en faveur de l’instauration de tarifs aux frontières contre des pays qui pratiqueraient un « dumping social et fiscal », n’a aucun fondement, les faits le démontrent. Le but de cette note est de rappeler les contre-vérités dont se servent les pourfendeurs du libre-échange et, plus généralement, de la mondialisation.

Le repli sur soi : un risque pour l’emploi

En 2009, après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, le commerce international recula de 12 % en volume, l’effondrement le plus brutal depuis la seconde Guerre mondiale. Pourtant, seuls 2 % de cet effondrement s’expliquent par l’augmentation des tarifs douaniers et des mesures anti-dumping, soit 43 milliards de dollars[2]. Ainsi, la plupart des gouvernements du G20 ont fait la promesse de résister à la tentation protectionniste. La surveillance rapprochée de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) empêcha un retour aux décisions catastrophiques prises pendant la Grande dépression des années 1930, où un cercle vicieux anéantît en quelques mois la quasi-totalité du commerce mondial.

Ce premier constat devrait nous rendre optimistes, mais le protectionnisme a pris depuis quelques années des formes plus subtiles que les simples tarifs ou les lois anti-dumping. Par exemple, on a vu se multiplier les décisions politiques de soutenir telle ou telle entreprise en difficulté, de subventionner certains salaires, et autres crédits à l’export ou le financement de projets par des banques publiques. Ces aides se font au détriment des contribuables et des ventes des concurrents sur les marchés internationaux.

Dans cette optique, il y a clairement un repli de la mondialisation. Les mesures de « protectionnisme modéré » se multiplient. Plus de 400 politiques économiques affectant le commerce entre deux parties au moins ont été mises en place chaque année depuis 2009, selon l’organisme de veille Global Trade Alert. Et 183 autres sont programmés, un nombre encore jamais atteint depuis le début de la crise. Et ce sont surtout les pays riches qui s’adonnent à cette pratique, 30 % des pays représentés par le G8 sont responsables de nouvelles mesures protectionnistes, 65 % en incluant les pays du G20. Enfin, plus de 1 000 lois ont été adoptées à l’encontre des Chinois, à comparer avec les quelque 800 mesures affaiblissant les intérêts commerciaux des États-Unis et un peu moins de 700 contre l’Allemagne, conclut le dernier rapport de Global Trade Alert[3].

Quel en est le résultat ? Ces protections réduisent, au niveau global, les revenus des exportations, tout en asséchant les liquidités des entreprises, ce qui, en ces temps difficiles, se révèlent être une menace supplémentaire pour l’emploi. Le protectionnisme d’aujourd’hui est donc plus diffus et les gouvernements exploitent tous les filons pour protéger leurs économies de la concurrence internationale. Il s’agit d’un échange sélectif, où seuls les pays jugés, au même niveau de compétitivité que le nôtre auront un droit de passage pour leurs marchandises. Le gouvernement détermine avec qui, dans quelles conditions et à quelles fins vous participez au commerce mondial : c’est la sélection à l’entrée.

Le travailleur chinois n’est pas à l’origine de nos problèmes économiques

Cette suspicion envers les pays à bas coûts, qui pratiqueraient une concurrence déloyale, n’a rien de nouveau. Autrefois, les Anglais suspectaient les Allemands, aux salaires moins élevés, de piller les emplois des ouvriers britanniques. Aujourd’hui, on blâme les Chinois. Derrière cet argument se cache une double réalité : la pression à la baisse des bas salaires dans les pays industrialisés et la hausse de ces mêmes salaires dans les pays en développement.

Il existe parmi les économistes un certain consensus : pour les salariés les moins qualifiés il y a tendance à la baisse des salaires, à l’inverse les plus compétents voient leurs rémunérations s’accroître substantiellement. La dernière enquête de l’OCDE sur l’emploi confirme ces tendances.

Plus d’emplois pour les actifs hautements qualifiés

Plus d'emplois pour les actifs hautements qualifiés

Changement en % par niveau moyen d’éducation

Trois économistes, Michael Klein, Chritoph Moser et Dieter Urban ont analysé la solidité empirique de cette hypothèse sur le marché du travail allemand[4]. Leurs travaux vont dans le même sens que l’étude de l’OCDE ; les plus qualifiés ont vu leurs salaires augmenter jusqu’à 20 % grâce à l’export, tandis que les moins qualifiés ont connu des baisses pouvant atteindre 11 % sur le marché du travail allemand.

Néanmoins, on ne saurait en conclure trop rapidement que la mondialisation est l’unique cause du malheur de nos ouvriers les moins qualifiés ; le progrès technologique[5] et la productivité sont également des facteurs importants du changement structurel de notre marché du travail. Jusqu’à présent, il n’y a pas d’évidence empirique robuste liant le commerce international et les salaires. Une étude menée entre 1972 et 1990 aux États-Unis, montre que le changement technologique compte pour 35 % du fossé entre les hauts et les bas salaires, contre 15 % pour la sous-traitance à l’étranger de certaines activités[6]. Toujours aux États-Unis, le Bureau of Labor Statistics a évalué à 1.5 % la perte d’emplois due à la concurrence internationale et aux relocalisations[7]. Sans sous-estimer ce drame social, on peut difficilement rendre la mondialisation responsable de cette situation.

En France, les dernières études de l’Insee projettent les mêmes doutes sur le poids sur le chômage des délocalisations. Leur destination se concentre d’ailleurs en Europe, dans des pays voisins comme l’Allemagne ou la Belgique. Le mythe de la concurrence chinoise s’effrite peu à peu.

Tableau 1. Destinations des délocalisations (2009-2011)

Tableau 1. Destinations des délocalisations (2009-2011)

Le total est supérieur à 100% car une entreprise a pu délocaliser ses activités dans plusieurs zones géographiques sur la période.

Source : Insee

Aujourd’hui, un salarié français sur deux travaille pour le compte d’une multinationale, c’est notamment le cas de 64 % des salariés de l’industrie[8]. Dans ce monde globalisé, nous avons autant besoin de l’étranger que l’étranger a besoin de nous. Il serait donc fou de croire que nous pouvons faire sans la mondialisation ou avec un « protectionnisme modéré ». D’ailleurs, nous ne voyons pas où s’arrête la modération et où commence l’exagération d’une politique protectionniste.

En réalité, nos problèmes ont depuis longtemps été identifiés comme structurels. Et si en France les inégalités (au sens de Gini) ont augmenté moins vite qu’ailleurs, cela s’est fait au détriment de l’emploi. Pour autant, il serait erroné de corréler notre taux de chômage à la mondialisation. Le tableau ci-dessous indique pour quelques pays européens les coefficients de corrélation entre le taux de chômage et le taux d’ouverture sur la période 1995 – 2012.

Pays ou régionCoefficient de corrélation entre le taux de chômage et le taux d’ouverture
Union européenne (28) 0.12
Allemagne -0.50
Belgique -0.62
Espagne -0.03
France -0.54
Luxembourg 0.80
Irlande 0.05
Italie -0.66
Pays-Bas -0.22
Pologne -0.50
Portugal 0.78
Suède -0.31
Suisse 0.39
Royaume-Uni -0.27
États-Unis 0.34
Japon 0.27

Ce tableau nous enseigne qu’il n’existe pas de lien direct entre le taux de chômage et la mondialisation. Difficile donc de l’imputer à cette dernière, comme le font nombre de commentateurs. Au contraire, il serait utile de conduire des tests économétriques plus poussés afin d’analyser dans les détails ces résultats. Car, dans bien des cas, on retrouve une relation inversement proportionnelle entre chômage et taux d’ouverture. Dit autrement, plus un pays serait ouvert, plus le chômage baisserait. Nous nous garderons évidemment de conclure trop vite sur ce thème. Néanmoins, à rebours des idées reçues, ces quelques chiffres nous montrent que la mondialisation n’est pas la source principale du chômage en France et ailleurs en Europe. Si c’était le cas, chômage et taux d’ouverture évolueraient dans le même sens.

Il est illusoire de croire que tous les futurs salariés participeront activement à l’économie productive de demain sous le simple effet de l’amélioration de notre formation. En revanche, cela ne nous empêche pas de réfléchir à des solutions pour améliorer notre système. C’est précisément ce que font les pays en développement, qui recherchent à monter en gamme et à mieux former leur population. Nous, nous cherchons laborieusement à fermer nos frontières aux marchandises en provenance de ces pays.

En Chine comme en Inde, on assiste à l’émergence d’une classe moyenne. Et c’est évidemment, en grande partie grâce à la mondialisation que des centaines de millions de personnes sont sorties depuis trois décennies de l’extrême pauvreté. La mondialisation a également permis à ces pays de retrouver le chemin de la croissance et de la prospérité[9]. Au niveau mondial, les revenus augmentent rapidement en faveur de la classe moyenne, comme le montre le graphique ci-dessous[10].

World Distribution of Income

World Distribution of Income

En Chine, plus particulièrement, le salaire minimum a fait un bond de 70 % depuis 2008. Plus encore, dans l’industrie manufacturière, la productivité a augmenté deux fois moins vite que les salaires sur la même période. Autrement dit, les salariés chinois ont été payés deux fois plus que ce qu’ils produisaient. Et près de 60 % d’entre eux ont désormais accès à une Sécurité Sociale. Trop souvent, la productivité est éludée du débat et l’on compare des salaires en valeur absolue. Cela n’a strictement aucun sens en économie. Car à productivité égale, les salaires français et ceux des Chinois sont, en réalité, très proches.

Relocalisation et concurrence allemande

Ce renchérissement du coût du travail en Chine incite nombre d’entreprises, notamment américaines, à relocaliser leur production aux États-Unis ; c’est le cas de 37 % d’entre elles. En tenant également compte de la baisse du coût de l’énergie grâce à la révolution des gaz de schiste, cette part pourrait bientôt augmenter. Car d’ici à 2015, l’industrie manufacturière américaine serait presque aussi compétitive que l’industrie chinoise.

Coût manufacturier en base 100 USA (2015)

Coût manufacturier en base 100 USA (2015)

Source : WSJ

Le problème de l’Europe est identique à celui de la Chine. En France, depuis 2000, le coût du travail a augmenté de près de 40 %, tandis que la productivité augmentait de 10 %.

Coût du travail en France depuis 2000

Coût du travail en France depuis 2000

2008 = 100

Source : Eurostat

Cet écart de productivité pose problème pour notre compétitivité, et pas seulement pour la compétitivité prix. Comme l’IREF l’a déjà fait remarquer, nos concurrents principaux sont les Allemands, pas les pays émergents[11]. Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) rappelle que : « Les pays à bas salaires ne représentent que le quart de nos achats de biens de consommation sur le marché mondial (en valeur). En réalité, les produits de consommation importés par la France proviennent majoritairement de l’Union européenne (62 %, en valeur, en 2011) et pour le reste, des autres pays de l’OCDE (Japon, États-Unis, …). »[12] Or l’Allemagne, et même l’Italie, ne cessent de monter en gamme. Si l’on tient compte du niveau gamme des produits, comme le fait Patrick Artus, en corrigeant le coût horaire du travail en fonction des produits exportés, le salaire horaire italien remonte à 34 euros, 32 en Espagne et 46 en France[13]. Et puisque les producteurs ont tendance à plus exporter des produits à forte valeur ajoutée relativement aux produits de leur consommation domestique, un effet bien connu des économistes sous le nom Alchian-Allen, les effets négatifs de la non montée en gamme de notre économie sont renforcés.

Avec une productivité globale des facteurs au ralenti (elle recule en France depuis le milieu de la décennie, alors qu’elle augmente de plus de 20 % en Suède depuis les années 2000) et un déclassement par rapport à nos principaux concurrents, pas étonnant que la France soit à la traîne dans la mondialisation. Les raisons sont structurelles, et n’autorisent pas à mettre en cause la mondialisation. En revanche le protectionnisme revient toujours à importer une hausse des prix et à exporter de la pauvreté. On se demande comment certains peuvent encore y voir une stratégie de long terme en faveur de la croissance et de l’emploi.

Partager cet article :

Autres lectures ...

Accord libre-échange avec le Canada
L’UE exporte plus qu’elle n’importe

Pour favoriser l’emploi, il vaut mieux la mondialisation que le protectionnisme


TAFTA / TTIP : le gouvernement instrumentalise la peur de la mondialisation

Taxis : pourquoi l'État est responsable du conflit



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (4)

Libertarien mais pas suicidaire

le 1er novembre 2013, 20:32 par Colin33

Les gars, il faut redescendre dur Terre ! Certes la politique oligarchique menée par les fonctionnaires politiques qui dirigent la France depuis près de 40 ans va finir par un désastre et la ruine de la majorité des français. Cependant il faut se protéger et ce n’est plus le cas grâce à l’incohérence de la politique Européenne. Les grandes entreprises s’en sortent à l’international, les autres crèvent exceptées les allemands. Dans tout échange, il faut un minimum de règles si non c’est la jungle que nous connaissons aujourd’hui.
Ceci dit, les Bretons sont en train de mourir parce qu’ils sont dépendants de la manne de subventions européenne.
Néanmoins, l’Europe et l’euro sont une catastrophe qui ne fait qu’accélérer le déclin de la Zone parce qu’ils sont mal nés et donc appelés à imploser, l’un comme l’autre. Par ailleurs le QE utilisé à dose excessive depuis des années par les USA, le Japon et l’Europe (dans une moindre mesure) pour maintenir artificiellement un semblant de progression du PIB va ruiner l’occident.
Le PIB français ne chutera pas en 2013 et 2014 uniquement grâce à la dette publique. De plus vos chiffres de PIB sont faux parce qu’ils intègrent des richesses supposées créées par l’état. Depuis quand un état produit des richesses ?
Je sais, je suis hors sujet, mais le problème du déclin voir de la décadence de l'Europet est global donc complexe.

- Répondre -

contre-exemples

le 6 novembre 2013, 17:20 par Paul

Je travaille comme ingénieur en prestation intellectuelle. Je suis directement mis en concurence avec des ingénieurs de tous les pays. Les donneurs d'ordre regardent le rapport coût/qualité. Les prestations hautement intellectuelles ne sont pas données aux chinois, au quart monde mais en revanche, les prestations de dessins sont sous-traitées en Afrique du nord et Turquie pour tenir les prix de vente mondiaux. Je suis en pleine concurence avec ma rémunération qui diminue car mon salaire augmente moins vite que mes impôts.

Lorsqu'Hermès vend un foulard en soie à 500 € et que j'achète un carré de soie chinois à 20 €, dire que le chinois n'impacte pas beaucoup en valeur car il lui faut vendre 25 fois plus d'article qu'Hermès pour être à égalité. 25 fois plus de carrés produits par Hermès celà a un impact non négligeable. C'est pourquoi le raisonnement ne doit pas se faire sur les chiffres d'affaires mais les quantités. En effet, losque j'ai satisfait mon besoin, je n'achète pas plus. Donc ce n'est pas parceque l'objet est à 10 € que j'en achète 2 parce que j'avais vu l'article à 20 € produit français. Mais il y une chose c'est que j'ai un budget limité et donc si j'ai 20€, je ne dépenserai pas plus que 20€.

Le salaire est un facteur mais pas suffisant. Pour reprendre l'exemple des plans faits en Afrique du nord, il faut 2 dessinateurs locaux pour faire la production d'un dessinateur moyen français (dans mon domaine). Lorsque la production est facile on sous-traite. Lorsqu'elle est difficile on produit en France mais en essayant de maintenir un coût de production proche de la sous-traitance. Donc on n'augmente que peu les salaires des dessinateurs. Ils ont moins de revenus et consomment donc moins.

Les sociétés étrangères ont besoin de notre compétence mais font tout pour rappatrier les sous chez eux avant bénéfices comme Disney avec les royalties mettant Disney paris proche de 0 pour ensuite dire que Disney se porte mal et qu'on ne peut pas avoir une politique sociale et salariale favorable aux employés. Il y a eu plein de grève à cause du statut spécial de Disney.

C'est pourquoi l'article est à nuancé car la mondialisation n'est pas favorable à la France.

- Répondre -

Coucou, on se réveille.

le 29 mars 2014, 01:10 par tabernacle

Non, mes chéris ! La mondialisation c'est la chronique d'une mort annoncée. Et l'Europe et l'euro sont entrain de nous tuer tout simplement. Pas besoin de sortir de Saint Cyr ou Sciences Pô !

- Répondre -

 css js

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies
F E R M E R

Newsletter hebdomadaire
Recevez gratuitement nos publications