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Michel Rocard, les taxes, les inégalités et le capitalisme

Dans un article des Echos, Michel Rocard se dresse en défenseur des opprimés et ennemi acharné des inégalités. Celles créées par capitalisme mais pas celles dues à l’Etat dont il en profite pleinement.

Enarque, Inspecteur des Finances, Ancien Premier ministre et dirigeant du Parti socialiste, Michel Rocard accumule les « missions ponctuelles ». Après avoir été expert en révolution numérique auprès de Ségolène Royal pour laquelle il a réalisé un Rapport, Rocard est devenu conseiller en réchauffement climatique et préconisateur d’une nouvelle taxe intitulée la « taxe carbone » (l’IREF reviendra sur cette taxe et sur le Rapport Rocard dès la rentrée). Ce n’est pas étonnant de la part du créateur de la CSG en 1990, prélèvement « provisoire » sur tous les revenus pour faire baisser le déficit de la Sécurité sociale. La CSG existe toujours (elle augmente d’ailleurs régulièrement) et le déficit de la Sécu ne cesse de se creuser.

Le capitalisme est un système « très cruel »

Mais Michel Rocard est aussi un connaisseur des systèmes économiques. Dans Les Echos (du 4 août), il publie un article intitulé « Ah, que le capitalisme se vend bien ! » dans lequel il passe en revue presque deux siècles de capitalisme. On croyait le rocardisme plus ouvert et moins dogmatique que le socialisme classique. On s’était trompé. L’analyse de l’ancien Premier ministre ressort les mêmes poncifs marxistes sur le système capitaliste créateur d’inégalités, ayant besoin de régulation et de surveillance de la part de l’Etat. Même s’il reconnaît la capacité du capitalisme à créer des richesses, il lui nie toute possibilité de se réformer et l’accuse de tous les maux sur terre. Pour Rocard, le capitalisme est un système « très cruel » qui ne saurait exister sans l’Etat. C’est bien lui qui, en plein crise financière, voulait envoyer les « ultralibéraux » devant la Cour pénale internationale (sic).

Non, Michel Rocard se trompe. Il condamne un capitalisme déformé, perverti par les interventions de l’Etat et des gouvernements. Accuser le capitalisme financier est une grossière erreur factuelle. Les fameux « subprimes », ces crédits immobiliers qui sont à l’origine de la crise ne sont nullement une création du capitalisme financier mais de l’administration américaine pour faire accéder les pauvres et les minorités à la propriété. On a créé des lois pour obliger les banques à accorder des prêts et on a mis en place des institutions parapubliques pour garantir ces prêts. Couverts par les Banques centrales, les agents des marchés financiers ont minimisé leurs trésoreries et leurs fonds propres. A cela s’est ajoutée une politique des taux d’intérêt bas avec des yo-yo réguliers décidés par la FED, la Banque centrale américaine.

Face à l’Etat, certains sont « plus égaux que d’autres »

Michel Rocard accuse le capitalisme de créer des inégalités. Pourtant, comme ses camarades socialistes, il n’a aucun mal à accepter les inégalités créées par l’Etat et l’argent public. Les mauvaises langues (des enquêtes du magazine Capital et du Canard enchaîné) disent que les retraites cumulées (député, sénateur, ministre, Premier ministre, Secrétaire du PS) de notre justicier dépassent les 12 000 euros par mois, que les missions qu’on lui confie lui apportent 5 000 euros mensuels en échange d’un temps de travail très réduit ou bien que le Rapport sur le réchauffement climatique l’a « obligé » à faire plusieurs croisières sur des paquebots de luxe. Tout cela avec l’argent des contribuables, bien entendu. Mais il y a des inégalités qui valent plus que d’autres. Ou, comme on disait dans les pays anciennement communistes, « face à l’Etat, certains sont plus égaux que d’autres ».

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