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Les nouvelles tentations totalitaires : la régulation financière et la suppression des paradis fiscaux

Les dirigeants des six principales économies européennes nomment les boucs émissaires de la crise et veulent se transformer en « gardiens de la finance internationale ». Un aveu d’impuissance.

Les leaders politiques sont à nouveau d’attaque. Ils profitent de la crise pour demander encore plus de régulation des marchés financiers et aussi la suppression des paradis fiscaux. « Aucun marché financier, aucun produit financier et aucun acteur des marchés financiers ne devrait à l’avenir rester sans régulation ou sans supervision », a déclaré la chancelière Angela Merkel. De son côté, le président français, Nicolas Sarkozy, a réclamé « des sanctions fermes contre les paradis fiscaux et autres juridictions non coopératives » (c’est la nouvelle expression pour désigner les pays pratiquant des taux d’imposition très bas et le secret bancaire). Même le Premier ministre britannique a soutenu un plus sévère contrôle des marchés financiers et a appelé les banques à « plus de prudence ».

Comme d’habitude, les politiques désignent les boucs émissaires de la crise actuelle. Le comble c’est que les acteurs des marchés financiers, victimes de l’ire des dirigeants, comme par exemple les hedge funds, ne sont pour rien dans la crise actuelle. Et encore moins les paradis fiscaux. Les seuls fonds non-réglementés, les hedge funds, n’ont pas provoqué la crise financière. Au contraire, ils ont été touchés beaucoup plus tard que les fonds réglementés. Ce sont des fonds spéculatifs (le premier a été créé en 1949) dont le rôle est de vendre des actifs « à découvert » en neutralisant les hausses et les baisses de la Bourse dans les plus rapides délais. Les hedge funds peuvent aussi détenir des valeurs non-mobilières comme des matières premières. Ils agissent de manière « compulsive » ou spontanée en essayant de tirer parti rapidement des variations de la Bourse.

On compte aujourd’hui plus de 4 000 hedge funds gérant plus de 400 Mds de dollars de dollars (les plus connus : le Quantum Funds de Georges Soros, le financier qui veut « réglementer » le capitalisme ou le Tiger Funds). Très important, contrairement aux fonds de pension et aux mutual funds, les hedge funds ne sont soumis à aucun contrôle ! Ce sont les seuls fonds à ne pas être contrôlés. Malgré cette liberté totale, ils n’y sont pour rien dans le déclenchement d’une crise provoquée par les politiques monétaires et du crédit laxistes. Qui plus est, nombreux sont les hedge funds qui ont disparu depuis les débuts de la crise.

Pour ce qui est des paradis fiscaux, un autre serpent de mer pour nos dirigeants, les réglementer c’est donner un coup d’épée dans l’eau et s’attaquer à des symboles de la liberté et du secret bancaire. En quoi la Suisse par exemple serait-elle coupable des problèmes économiques et financiers mondiaux ? Où est le rôle néfaste qu’aurait joué Monaco dans la faillite du crédit immobilier aux Etats-Unis ? Sanctionner les paradis fiscaux relève de la rhétorique marxiste qu’on peut entendre dans la bouche d’un Olivier Besancenot mais elle est indigne de la part des leaders politiques des pays riches européens. Ceux-ci devraient d’ailleurs savoir que les réglementations financières existaient bel et bien avant le déclenchement de la crise : la SEC (Security Exchange Commission), le gendarme de la Bourse américaine, l’AMF (l’Autorité des Marchés Financiers), la MIF ou la directive concernant les marchés d’instruments financiers, le protocole Bâle II, etc… Demander plus de réglementations relève de la pure démagogie politique.

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