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Les faux prophètes

Le monde a perdu la boussole des marchés et de la morale et veut s’en remettre aux Etats et plus encore à un nouveau gouvernement mondial pour réguler la vie des hommes autant que leurs affaires. Un nouveau collectivisme scientifique voudrait imposer à tous un modèle de régression et de contrainte généralisées. Mais les nouveaux gourous de cette idéologie rampante sont rarement qualifiés pour donner les leçons qu’ils professent au monde entier et leurs mobiles sont parfois moins clairs qu’ils voudraient le faire paraître.

Le Nobel des subprimes

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et grand gourou des élites de la France, a publié en mars 1992 un article(1) pour soutenir que Fannie Mae et Freddy Mac, les institutions de prêt immobilier soutenues par l’Etat américain et dont la faillite est à l’origine de la crise des subprimes, ne couraient aucun risque de défaut de paiement, et c’est le même Joseph Stiglitz qui dénonce les fruits de la perversion financière et en appelle aujourd’hui à l’accroissement du rôle des Etats pour éviter les crises. Il eut sans doute été mieux inspiré de conseiller en 1992 des mesures prudentielles à ces deux institutions auxquelles le Trésor américain a promis désormais de combler leurs pertes sans limite jusqu’à la fin 2012 pour faire face aux défauts sur les 31 millions de prêts immobiliers qu’elles ont consentis ou garantis pour un total de 5,5 billions de dollars. Joseph Stiglitz soutenait en 1992 l’intervention publique auxquelles déjà se livraient sans bornes Fanny Mae et Freddy Mac et il la défend plus encore aujourd’hui, quelqu’aient été ses erreurs d’appréciation :il y va sans doute plus de l’obstination idéologique que de l’analyse scientifique.

L’argent des charlatans

Les charlatans effraient souvent leurs clients pour leur soutirer de l’argent. Les sectes attirent fréquemment leurs adeptes en leur annonçant des catastrophes finales et une rédemption possible s’ils leur abandonnent tous leurs biens. Le « climategate » oscille à cet égard entre charlatanisme et attitude sectaire. Le directeur du Climate Research Unit, CRU, de l’Université d’East Anglia, Phil Jones, a avoué que son CRU avait reçu entre 2000 et 2006 $19 millions de fonds de recherche, soit un montant six fois supérieur à celui qu’il avait reçu au cours de la décennie 90. Cette manne explique sans doute pourquoi Phil Jones et son équipe du CRU se sont battus avec tant d’énergie et de déloyauté pour masquer le recherches qui n’allaient pas dans le sens de la catastrophe annoncée du réchauffement planétaire. C’est Phil Jones qui répondait par un mail de 2005 à un scientifique Australien, Warwick Hughes, qui lui demandait accès à ses sources : « pourquoi est-ce que je vous livrerai mes sources alors que votre but est d’essayer de vérifier s’il n’y pas quelque chose de faux dans mes recherches ? ». N’est-ce pas pourtant dans la confrontation et la transparence que la science se construit le plus surement ? Oui, mais à la clé il y a beaucoup d’argent que le CRU pourrait perdre s’il n’y avait pas de réchauffement ou s’il n’était pas causé par l’homme. Plus généralement, les sommes dépensées pour lutter contre les effets du climat sont considérables et expliquent sans doute en grande partie l’attitude de ceux qui en sont bénéficiaires. HSBC a estimé à 94 milliards les dépenses planétaires engagées cette année pour lutter contre le réchauffement, en ce compris les programmes en faveur des énergies alternatives.

Un autre Nobel, coté vert et coté argent

Al Gore, prix Nobel 2007 pour son combat en faveurs de la lutte contre le pseudo effet de serre, a trouvé lui aussi quelques intérêts médiatique et financiers à jouer les faux prophètes. Il est devenu, en novembre 2007, associé du fonds d’investissement Kleiner Perkins Caufield § Byers, KPCB qui a bénéficié des fonds attribués par le Département d’Etat de l’Energie pour lutter contre le soi-disant réchauffement. A ce titre , notamment, 560 millions de dollars ont été accordé au travers de divers contrats à une filiale de KPCB, la société Silver Spring Networks. Il faut dire qu’un autre associé de KPCB, John Doerr, est membre de l’Economic Recovery Advisory Board du Président Obama, ce qui peut aider à obtenir des crédits. Aux parlementaires qui s’inquiétaient du conflit d’intérêt susceptible de frapper Al Gore, ce dernier a eu pour seule réponse qu’il était fier de faire des affaires. C’est le Green business !

Les coulisses de la loi sur la santé

Mais Al Gore n’est pas le seul à confondre aisément ses intérêts particuliers avec ses fonctions publiques. Pour obtenir la majorité de 60 sénateurs nécessaire à l’adoption de son plan sur la santé, l’administration Obama et la direction de la majorité démocrate au Sénat ont multiplié les cadeaux. Chaque sénateur a profité du prix de son vote pour obtenir tel ou tel avantage pour son état ainsi que le recense le Comité des Finances du Sénat lui-même (voir le fichier attaché). Le leader de la majorité au Sénat, Harry Reid l’a reconnu : « je ne sais pas s’il y seulement un sénateur qui n’a pas obtenu quelque chose d’important pour lui à l’occasion de ce vote ».

Ainsi va le monde sans doute, et les hommes toujours à la recherche de leur intérêt personnel. Mais qu’ils ne viennent pas alors nous justifier leurs « petites cuisines » au nom de nouvelles prophéties qui viennent surtout empoisonner le monde.

(1). Joseph E. Stiglitz, Jonathan M. Orszag, and Peter R. Orszag, "Implications of the New Fannie Mae and Freddie Mac Risk-Based Capital Standard," Fannie Mae Papers 1, no. 2 (March 2002) : “ This analysis shows that, based on historical data, the

probability of a shock as severe as embodied in the riskbased

capital standard is substantially less than one in

500,000 – and may be smaller than one in three million.20

Given the low probability of the stress test shock

occurring, and assuming that Fannie Mae and Freddie

Mac hold sufficient capital to withstand that shock, the

exposure of the government to the risk that the GSEs will

become insolvent appears quite low.

Given the extremely small probability of default by the

GSEs, the expected monetary costs of exposure to GSE

insolvency are relatively small — even given very large

levels of outstanding GSE debt and assuming that the

government would bear the costs of all GSE debt in the

case of insolvency. For example, if the probability of the

stress test conditions occurring is less than one in

500,000, and if the GSEs hold sufficient capital to

withstand the stress test, the implication is that the

expected cost to the government of providing an explicit

government guarantee on $1 trillion in GSE debt is just

$2 million. »

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Messages (1)

collectivisme

le 15 janvier 2010, 18:40

Apparemment vous

# Oui mais !

16 janvier 2010, 16:38

Lorsque l’Etat en question n’assume pas ses prises de position au sein des march

- Répondre -

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