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Les dangers socialistes du programme économique et fiscal d’Hillary Clinton

Le candidat républicain Donald Trump fait presque l’unanimité contre lui. Entre ses déclarations, son style et son passé, il y a l’embarras du choix. Mais on devrait aussi s’inquiéter, et peut-être plus encore, des propositions économiques et fiscales de la candidate démocrate, Hillary Clinton.

François Hollande a-t-il inspiré Hillary Clinton ?

Son programme est résolument kéynésien, voire socialiste, avec un retour de l’Etat interventionniste. La candidate souhaite d’abord s’attaquer aux riches (ça nous rappelle un autre candidat, cette fois-ci en France, en 2012) en augmentant le taux d’imposition (jusqu’à 43.6 %) de ceux qui gagnent plus de 5 millions de dollars par an. De même, il est prévu une hausse pour ceux qui gagnent plus de 400 000 dollars/an. Un taux d’impôt minimal est prévu pour ceux qui gagnent plus de 1 million de dollars/an ainsi que la création de nouveaux taux sur la succession à 45 % (successions de plus de 3.6 millions de dollars), à 50 % (plus de 10 millions de dollars) et à 65 % (pour les successions de plus de 100 millions).

Elle prévoit aussi une hausse d’impôt pour les investisseurs qui conserveraient un placement pendant une courte période (!). Par exemple, le capital sera taxé à 39.6 % sur un placement conservé entre 12 et 24 mois. Les PDG des grandes entreprises seront obligés de payer, avec leurs propres revenus (!), une partie des amendes imposées à l’entreprise ! Une sorte de taxe Tobin sera mise en place avec la taxation des transactions à haute fréquence (réalisées avec des algorithmes informatiques), ce qui demanderait une surveillance particulière.

La candidate Clinton propose aussi une « taxe sur le risque » pour les banques qui ont plus de 50 millions de dollars en actifs et une « taxe de sortie » pour les entreprises qui réalisent une acquisition à l’étranger dans le but de profiter d’un avantage fiscal en y déménageant leur siège social. Par contre, elle propose quelques niches aux petites entreprises qui comptent de 1 à 5 employés.

De même, elle envisage la hausse du salaire minimum fédéral à 12.5 dollars/heure (actuellement à 7.25 $ avec des différences entre les Etats), une bonification des avantages sociaux des travailleurs, une incitation pour les entreprises de partager leurs profits avec leurs employés et un soutien aux syndicats qui sont pourtant en chute libre aux Etats-Unis aussi. L’influence du candidat de gauche Sanders est évidente…

Concernant l’Etat, Hillary Clinton prévoit l’injection de 55 Mds de dollars dans les infrastructures, la création d’une banque d’infrastructures (une habitude française !) et des dépenses de 9 Mds $ pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Elle veut aussi renforcer l’Obamacare qui se révèle être une catastrophe financière. Comme Trump, elle s’oppose au Partenariat Transpacifique (l’accord de libre-échange avec le Canada) et veut lancer une politique de « Buy American » pour « sauver les emplois manufacturiers ». On est très loin des réformes faites par son mari, Bill Clinton, dans les années 1990 : baisse des impôts, Workfare…Avec comme résultats la création de 19.6 millions d’emplois nets en 7 ans.

Le programme de Trump entre le libéralisme et le protectionnisme

Par rapport à ses propositions, le programme de Donald Trump paraît « ultralibéral ». Ce dernier est pour la baisse des impôts en ne gardant que 3 taux (12 %, 25 % et 33 %) contre 7 actuellement, ce qui représenterait une baisse de 9 500 Mds $ sur 10 ans ! Le taux d’impôt le plus élevé passerait donc de 39 ù à 33 % maximum. Il souhaite abolir la taxe minimale à payer pour les revenus les plus élevés et de la « pénalité mariage » selon laquelle deux personnes mariées ayant des revenus élevées paient plus d’impôts en faisant des déclarations séparées, plutôt qu’une déclaration commune. Trump est aussi pour l’abolition de l’impôt sur les successions.

Concernant, l’IS, la baisse serait massive, de 36 % à 15 % ! Mais les multinationales devraient ramener leur argent aux Etats-Unis en payant une imposition au taux de 10 %. Il propose aussi de taxer les dirigeants des fonds spéculatifs. Concernant l’Etat, il souhaite supprimer les départements de l’Education et de l’Environnement et augmenter le budget de la Défense. L’Obamacare serait suspendu et le marché des médicaments serait encore plus ouvert. Bien entendu, il veut renégocier tous les traités internationaux et ériger un mur entre les Etats-Unis et le Mexique (un mur qui existe déjà en partie).

Donald Trump est l’objet de moquerie et la risée de nombreux journalistes et commentateurs. Dommage que cet homme soit aussi trivial car son programme est beaucoup plus proche d’une Amérique entrepreneuriale et créatrice d’emplois que celui d’Hillary Clinton qui n’a rien à envier au programme de François Hollande en 2012.

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Messages (3)

Trump

le 11 octobre, 12:41 par JOSLAIN

Dommage que vos 3 lignes de conclusion PC mettent votre article par terre.
Si Trump était "inintéressant " et "trivial", il n'aurait pas avec lui des économistes sérieux en plus de ses millions d'électeurs.

11 octobre, 14:18 - Nicolas Lecaussin

Vous avez raison concernant "inintéressant"...
Cordialement,

- Répondre -

We want Trump !

le 11 octobre, 16:23 par theano

Mr Trump est la risée de nombreux commentateurs surtout en France et en Europe. Ces commentateurs n'ont pas compris que Mr Trump ne gouvernera pas seul, et qu'il est loin d'être le clown qu'on nous décrit ici. Je le préfère, et de loin, à la va-t-en-guerre Clinton.

Heureusement, ce ne sont pas ces commentateurs idiots qui votent, et je compte sur le peuple de l'Amérique profonde pour prendre la bonne décision.

- Répondre -

Et il y a pire

le 15 octobre, 19:36 par Dminogris

En plus de la politique économique que vous décrivez, il y a la politique étrangère de Clinton. Pour la paix dans le monde, il vaudrait mieux qu'elle ne soit pas élue...

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